Libre opinion - Un peu de modestie, monsieur Ménard

Dans sa lettre du 16 avril, Non, la Ville de Montréal n’est pas paralysée, M. Réal Ménard défend la coalition à laquelle il appartient. Il veut nous convaincre que la coalition est transparente et efficace. C’est une mission risquée après les scènes désolantes qui ont entouré la naissance de l’Escouade pour l’intégrité municipale (EPIM) et la décision d’accorder des contrats d’asphaltage pour assurer la réparation des rues de la ville.
 
Les élus et élues du conseil municipal ont longuement questionné le directeur du SPVM en comité plénier le 26 février. Nous n’avons jamais pu éclaircir quand et comment était née l’EPIM. Elle le fut selon toute apparence dans la boîte vocale du directeur du SPVM à son retour du congé des Fêtes, sans mandat, sans que le comité exécutif soit partie prenante de la décision et sans que le Conseil municipal puisse en débattre et décider de la pertinence de créer une police politique dans la métropole du Québec.
 
La saga des nids-de-poule est plus connue du grand public. La coalition s’est ridiculisée et a ridiculisé tous les élus. Le grand public ne sait pas que la coalition avait dans un premier temps inscrit le dossier au conseil. Elle proposait d’accorder les contrats d’approvisionnement auprès des fournisseurs habituels. Pour des raisons obscures, c’est la coalition elle-même — par la leader du parti de madame Harel au conseil — qui a proposé de renvoyer le dossier à l’exécutif, mettant fin à tout débat, au grand étonnement des élus et élues.
 
Nous connaissons la suite et, en particulier, l’épisode rocambolesque du sondage. La coalition a découvert les limites de la consultation et a dû se rendre au bon sens en proposant finalement au conseil de voter sa première recommandation. Pour la transparence, monsieur Ménard peut repasser.
 
Les prétentions à l’efficacité sont tout aussi infondées. Parlons plutôt d’une coalition qui ne fait qu’assurer le suivi de dossiers dont elle ne peut d’aucune manière réclamer la paternité.
 
Le dossier des sites de compostage appartient à l’administration précédente. C’est le maire de Saint-Laurent, Alan DeSousa, qui l’a mis au monde et en a assumé la direction jusqu’en novembre 2012. La politesse aurait voulu dans les circonstances que monsieur Ménard rende à César ce qui appartient à César.
 
Dans le dossier du transport, l’administration Applebaum-Harel ne peut se réclamer d’aucune nouvelle décision. Le système rapide par bus Pie-IX, le prolongement du métro dans l’axe de la ligne bleue, le train de l’Est et l’ouverture du boulevard de l’Assomption dans l’est de Montréal étaient des priorités de l’ancienne administration, de même que le développement du réseau Bixi.
 
Là où il y a de la gêne, il n’y a pas de plaisir, dit le proverbe. Le Quartier des spectacles n’appartient en rien à la coalition, la candidature de Montréal pour l’obtention des Jeux du Québec en 2016 était déjà déposée et la Stratégie jeunesse était pratiquement complétée. Pour le reste, cela constitue un bien maigre bilan. La modestie a bien meilleur goût. La coalition n’est ni transparente ni efficace et elle donne aux citoyennes et aux citoyens le sentiment d’un grand amateurisme dans la gestion de la Ville.

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