Libre opinion - Des soins à domicile sans déshumanisation

Depuis près d’un an, certains syndicats mènent une campagne de désinformation touchant les projets d’optimisation visant à améliorer l’accessibilité et la qualité des soins aux patients suivis à domicile au Québec. Le Regroupement des établissements de santé et de services sociaux de la région de Montréal désire faire une mise au point afin que soient sauvegardés ces projets innovateurs qui ont démontré leurs impacts positifs pour les usagers.


Contrairement à ce qui est affirmé, les projets d’optimisation n’ont pas pour but de transformer nos établissements de santé et de services sociaux en chaîne de montage ni à épuiser nos ressources humaines afin de répondre à des demandes de compressions de la part du gouvernement. En effet, les établissements de santé et de services sociaux doivent, dans un souci de gestion efficiente des fonds publics, instaurer une culture de la gestion des résultats afin de nous assurer que la population reçoive les soins auxquels elle est en droit de s’attendre indépendamment du niveau de ressources financières actuelles.


Au fait, qu’est-ce qu’un projet d’optimisation ? Le but de ce type de projet est d’augmenter le temps direct passé par les intervenants avec les usagers. En effet, de nombreuses tâches qui n’ont aucun bénéfice pour les patients sont effectuées par les intervenants, par exemple la préparation des trousses par les infirmières. En revoyant les façons de faire, les intervenants sont délestés le plus possible de ces tâches afin qu’ils passent plus de temps auprès des usagers. Ces projets d’optimisation ont aussi permis d’établir des charges de cas équitables pour les intervenants en déterminant des « standards » ou des moyennes de temps requis pour effectuer le travail. Ces standards sont déterminés par des groupes de travail composés d’intervenants et non par des firmes privées. De plus, l’analyse des résultats des intervenants ne se fait pas uniquement sur un cas, mais sur une semaine de travail permettant ainsi aux intervenants d’adapter leur planification hebdomadaire sur les besoins réels.


Pourquoi engager des firmes privées ? Tout simplement parce qu’elles sont spécialisées dans les démarches d’optimisation. Elles agissent comme expertes-conseils en formant adéquatement nos gestionnaires qui reçoivent ainsi une formation pratique de calibre universitaire. Par la suite, les firmes se retirent des établissements et ce sont les gestionnaires qui restent maître d’oeuvre des projets. Les outils informatiques permettront par la suite aux intervenants de mieux planifier leur travail et aux gestionnaires de faire un suivi régulier dans le soutien qu’ils apportent aux intervenants. De plus, il ne s’agit pas d’une dépense nette pour les établissements, car les firmes s’engagent, par contrat, à faire économiser au minimum les sommes investies en éliminant l’utilisation du personnel des agences privées. Par la suite, ses économies deviennent récurrentes pour les établissements.


Les résultats sont-ils probants ? Oui. Augmentation du nombre d’usagers desservis et diminution drastique des listes d’attente, augmentation de la satisfaction des usagers et des intervenants et diminution des plaintes. Il est temps que le Québec passe au XXIe siècle en matière de gestion de nos réseaux publics.


Le réseau de la santé et des services sociaux vit des changements profonds à l’heure actuelle. Tous ces changements n’ont pour but que d’améliorer « l’expérience patient » et de donner à la population les soins et les services qu’elle est en droit de s’attendre à recevoir.

 

Ron Rayside et Alexandre Bourdeau - Respectivement président et directeur du Regroupement des établissements de santé et de services sociaux de la région de Montréal

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