Libre opinion - Un ministre pour tous les aînés

J’ai toujours perçu le vieillissement de la population comme une merveilleuse « opportunité » plutôt que comme le péril gris prédit par plusieurs. Il ne fait aucun doute dans mon esprit que le vieillissement représente une occasion incomparable d’innover et de transformer notre société afin d’adapter notre système de santé, nos municipalités et notre offre de services - notamment en matière de soins à domicile - à ce groupe grandissant de la population. Cette responsabilité que nous avons d’être créatifs dans notre façon d’approcher ce phénomène complexe s’appuie aussi sur l’immense richesse que représentent nos aînés pour notre société. Ils constituent un capital d’expertise et de sagesse inestimable et contribuent au développement du Québec d’aujourd’hui et de demain.


Nous avons opéré un changement important en intégrant le Secrétariat aux Aînés au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS). Cette démarche rigoureusement réfléchie ne signifie pas l’assimilation du Secrétariat à l’imposante machine du MSSS, comme semble le croire ma prédécesseure, Marguerite Blais, dans un article publié en ces pages le 19 février dernier. Les mesures nécessaires ont été prises afin de s’assurer qu’il puisse garder son caractère propre, son identité, et qu’il puisse jouir de sa pleine indépendance. Il conserve ses enveloppes budgétaires, son personnel et son pouvoir décisionnel.


La décision d’intégrer le Secrétariat aux Aînés au MSSS n’est pas anecdotique pour autant. Elle s’appuie notamment sur les demandes répétées du Protecteur du citoyen qui, depuis plusieurs années, réclame une meilleure cohésion entre les actions gouvernementales qui visent à assurer la continuité dans les soins et services aux aînés. La synergie générée par ce changement permet d’augmenter notre capacité d’agir et de mieux répondre aux besoins multiples des aînés. Les échos que nous avons du terrain tendent à confirmer que cette décision facilite le travail de nos partenaires.


Assurance autonomie


Bien que la santé soit un incontournable lorsqu’on parle des aînés, affirmer ceci n’implique pas de les percevoir uniquement sous l’angle de la réparation - bien au contraire. La santé est une préoccupation de tous les jours qui va bien au-delà de la gestion de la maladie. Un volet important de notre action concerne la prévention et la promotion de saines habitudes de vie, qui vise à maintenir les citoyens actifs et en bonne santé - y compris nos aînés. Aussi, quoique la majorité d’entre eux soient autonomes et actifs, les aînés comptent dans leurs rangs des personnes en perte d’autonomie, que nous voulons aider à rester le plus actives possible, chez elles et au sein de leur communauté.


Les synergies entre le Secrétariat et le MSSS prennent tout leur sens face au caractère transversal des besoins des aînés. L’objectif global consiste à améliorer leur qualité de vie, et le Ministère et le Secrétariat peuvent y contribuer chacun à leur manière. Cela se réalise notamment par les projets de Municipalité amie des aînés, qui vise à adapter nos villes aux besoins des personnes âgées ; à travers la politique Vieillir et vivre ensemble, un outil pour améliorer la qualité de vie des aînés dans leur communauté ; et finalement par l’entremise d’une assurance autonomie qui permettra aux aînés de rester plus longtemps dans leur milieu de vie. Ces outils sont complémentaires et constituent une véritable invitation à faire tomber les cloisons entre les instances gouvernementales qui travaillent pour le bénéfice de nos aînés, qu’ils soient autonomes ou en perte d’autonomie.


Loin de constituer une confusion indue des rôles, le lien étroit entre le Secrétariat aux Aînés et le MSSS, est une véritable fenêtre d’opportunité pour nos aînés. Pour ma part, je conçois mes rôles de ministre de la Santé et des Services sociaux et celui de ministre responsable des Aînés comme distincts et complémentaires, convaincu que cette conjonction de responsabilités me permet d’agir dans le meilleur intérêt des aînés, sans égard à leur condition.

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Réjean Hébert - Ministre de la Santé et des Services sociaux et ministre responsable des Aînés

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4 commentaires
  • Alain DEer - Inscrit 25 février 2013 08 h 19

    Transformation des soins de 1er ligne pour les ainées

    Bonjour M. le Ministre,

    Je vais tenter d'être bref. Mon père gravement malade, doit constamment faire des séjours à l'hôpital en raison de différents problèmes de santé dont le plus important, la rétenssion d'eau. Il n'est pas seul dans ce cas. Les pathologies de nos ainnées se ressemblent bien souvent, mais malheureusement la porte d'entrée des soins pour eux demeure de longues et innutiles attente dans les corridors et les civières des urgences. À chaque fois, il faut reprendre tout à zéro les 24 à 36 1er heures... Ne serait-il pas judicieux d'avoir des urgences dédiés aux ainés? Les faires séjournées des heures et des jours dans les environnements hautement perturbés des urgences généralistes n'est pas adéquat pour cette clientèle très fragile. Les nuits dans les corridors d'urgences sont pénibles. Le personnel doit distribuer des somnifères comme des bonbons pour que les gens puisse dormir... Mais mon père, avec tout les médocs qu'il prend déjà, ne peut ajouter des somnifères à son cocktail.
    À quand des urgences dédiés à la gériâtrie?
    Merci
    Alain

    • Michel Bédard - Inscrit 25 février 2013 17 h 07

      Je partage votre avis.

  • Yvon Bureau - Abonné 25 février 2013 08 h 42

    La santé des aînés par l’université

    «Cette responsabilité ... s’appuie aussi sur l’immense richesse que représentent nos aînés pour notre société. Ils constituent un capital d’expertise et de sagesse inestimable et contribuent au développement du Québec d’aujourd’hui et de demain.»

    Par les Universités du 3e âge et par d’autres programmes, plusieurs diplômés retraités, pleins d’expertises et d’expériences, retournent et retourneront de plus en plus à l’université, et cela pour de nombreuses années. Sans diplôme, aussi pleins d’expertises et d’expériences, d’autres aînés feront de même. L’Université deviendra leur chez-eux.

    Actuellement plus de 20 000 d’étudiants âgés retournent sur les bancs d’école, continuent de se stimuler intellectuellement, contribuent activement à l’organisation et à la conception des programmes qui sont présentés à leurs pairs, augmentent leur santé, leur mieux-être et leur goût de vivre, participent autrement, plus informés et plus critiques, à la société. Cette société que l’on veut éduquée, en santé, innovante et inspirante.

    Chaque université du Québec, chacune respectant ses traditions, devrait implanter un grand programme pour les 50 ans et plus; loin d’être une dépense, il serait un apport considérable sur tous les plans, y compris celui financier. Comment ne pas imaginer la participation active de toutes ces personnes voulant collaborer au monde de l’enseignement, de la recherche et de l’implication dans la communauté ? Comment ne pas voir toutes ces personnes ayant le profond plaisir à continuer d’apprendre dans leur université et de partager ce plaisir à leurs descendants? Comment ne pas les voir conserver et améliorer leur santé, partageant leurs expertises, même leur sagesse? Comment ne pas les voir comme une richesse humaine et intellectuelle à mieux exploiter ?

    En meilleure santé, pleines de leur riche passé, les personnes aînées bonifieront le futur de l’enseignement supérieur du Québec, seconderont la prévention et la promotion de toutes les santés

  • Michel Bédard - Inscrit 25 février 2013 09 h 07

    Municipalité amie des aînés, Montréal ???

    "Les projets -Municipalité amie des aînés-, via la politique -Vieillir et vivre ensemble-, visent à adapter nos villes aux besoins des aînés. C'est un outil pour améliorer la qualité de vie des aînés dans leur communauté".

    La prochaine fois que vous serez à Montréal, M.Hébert, prenez le métro et constatez que sur les "quais" des différentes stations il manque de sièges pour les aînés et les personnes à mobilité réduite, en attente de la prochaine rame à venir... C'est un type de clientèle en nombre grandissant. Pourquoi est-ce que je vous contacte ici ? La STM ne répond pas et nos élus locaux semblent sourds...