Libre-opinion - Éduc’alcool: éviter 4600 morts prématurées par an

Réplique au texte intitulé Une incitation à la modération ou à la consommation publié en page Idées du Devoir le vendredi 15 février 2013.


Depuis une dizaine d’années, le nombre de nos concitoyens qui consomment au-delà des limites recommandées est en croissance et près du quart d’entre eux manquent de repères précis lorsqu’il est question de mettre en pratique la modération. C’est donc pour mieux contrer cette augmentation du nombre des consommateurs excessifs que nous quantifions désormais la modération en plus de la promouvoir.


Nous tentons d’imposer une nouvelle norme sociale : « quand on boit, on arrête après deux verres pour les femmes et après trois verres pour les hommes, avec un plafond hebdomadaire de 10 et 15 verres respectivement. Et on ne boit pas tous les jours ».


Cette campagne est basée sur des données scientifiques d’une rigueur à toute épreuve. Il ne s’agit pas de notre opinion, ni de croyances, mais bien de science.


De fait, un comité national d’experts, dont faisait partie la conseillère scientifique d’Éduc’alcool, a élaboré les directives relatives à la consommation d’alcool à faible risque à partir de dizaines de recherches de partout dans le monde. Elles ont été révisées par trois sommités scientifiques de trois continents et endossées par un nombre impressionnant d’organismes publics et privés. Elles sont désormais LA référence. Elles ont même été approuvées par tous les ministres de la Santé du Canada et peuvent donc être considérées comme parfaitement fiables.


Il va sans dire qu’elles ne s’adressent pas aux alcooliques qui devraient s’abstenir de boire. Mais il y a 96 % des Québécois qui ne sont pas alcooliques et nous ne pouvons les priver de cette information essentielle parce qu’une partie des 4 % restants risquerait de mal les interpréter.


Enfin, désolé de vous contredire, mais, non, à moins d’exception toujours possible, on ne devient pas dépendant si on suit ces directives. Mieux, si tous les Canadiens les respectaient, nous éviterions 4600 morts prématurées chaque année.


C’est ça, l’objectif d’Éduc’alcool.

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8 commentaires
  • GERARD LAMONTAGNE - Inscrit 16 février 2013 21 h 35

    Prêcher la modération

    Éduc'alcool me rappelle les sermons de nos vieux curés de campagne. Elle prend les citoyens pour des enfants." Vous n'êtes pas assez grands pour penser par vous-mêmes; laissez-nous dire ce qui est bon pour vous".

    Elle devrait donner des trucs pour éviter de boire plus que deux verres, par exemple:" Si vous avez soif, buvez du coke ou du Seven Up. N'étanchez pas votre soif avec une boisson alcoolique.

    Dans une soirée, tenez-vous avec ceux qui boivent de la liqueur; c'est la seule façon de ne pas dépasser votre quota.

    Sérieusement , avez-vous déjà obéi au curé quand il faisait ses recommandations? Non. parce que les humains ne fonctionnent pas comme ça. Les humains font des expériences et se rendent compte ce qui est bon et mauvais pour eux.

    Ceux qui créent les messages d'Éduc'alcool sont des messieurs qui démontrent un parfait controle de toute leur vie incluant de leur habillement , mais dont les connaissance de l'alcool sont très théoriques, comme mesurées au milillitre..

    C'est comme les gens qui disent aux autres de ne pas trop manger; ça donne rien.

    À propos, les 4600 morts prématurées sont causées par quoi? L'histoire ne le dit pas.

  • François Laforest - Abonné 17 février 2013 10 h 15

    Un autre exalté de la Santé publique ?

    Comment augmenter les ventes de la SAQ en toute bonne conscience ? Augmenter l'offre, facilité l'accès aux produits: plus d'heures d'ouverture, plus d'accès même dans les dépanneurs sans oublier la publicité directe au consommateur et, pour se donner bonne conscience, créer un organisme bidon, pour déculpabiliser les citoyens consommateur.
    C'est comme pour les loteries et casinos de l'État où l'on y utilise la statistique scientifique pour la pervertir afin d'obtenir le but recherché: augmentation du rendement des ventes. Le monsieur ici s'adresse à des colonnes de chiffres en utilisant des colonnes de chiffres. À voir le nombre de commentaires et la compulsion a y répondre de ce monsieur Sacy, il est clair que le message initial de son premier article n'est pas clair et mal ficelé.
    Vivement de l'investissement ailleurs que dans ces campagnes de pub proprement imbuvable.

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 17 février 2013 12 h 53

      De quel premier article parlez vous?

      Celui d'hier, le seul autre sur le même suje,t était écrit par M. Rochette auquel Hubert Sacy - Directeur général d’Éduc’alcool, répluque aujourjoud'hu. Pour le reste je suis plutôt d'accord avec vous.

    • François Laforest - Abonné 17 février 2013 16 h 07

      @Céline Massicotte: il s'agit, en effet merci, plutôt de sa réponse sous forme d'article, pour ne pas dires les nombreuses réponses et commentaires de M. Sacy, portant sur l'article de M. Rochette.

  • Céline A. Massicotte - Inscrite 17 février 2013 14 h 04

    Des données plutôt vaseuses...

    Comme M. Lamontagne je me questionne sur ces décès dont on ne connaît pas la cause exacte, mais plus encore du fait que ces 4,600 morts, supposément toutes prématurées surviennent, toujours selon lui, chaque année. Bizarre...

    De plus, la population augmente (les ventes aussi), les jeunes vieillissent alors finalement probablement que cela signifie qu'au total ce 4,600 si intrigant cache une baisse des décès. Évidemment je plaisante. Mais que peut-on faire d'autre devant un tel "exposé"? On dirait que ce texte a été rédigé en vitesse sur le coin d'une table de cuisine... et vivement le week-end!

    L'idée qu'il a de ce qu'est une dépendance est très au-delà du jovialisme puisque pour lui il suffit de respecter "ces directives". Ben tu parles! Et on suppose qu'il en va de-même pour lui de toutes les dépendances: il suffira de trouver la quantité d'heures à passer devant l'ordi, de nombres de joints à fumer, ect. Tu parles!

    Un peu de sérieux M. Sacy: non seulement vos données sont vaseuses mais elles ne s'appuient sur rien. Je vous cite: un comité national d’experts (lequel?), dont faisait partie la conseillère scientifique d’Éduc’alcool (Mme?), a élaboré les directives relatives à la consommation d’alcool à faible risque à partir de dizaines de recherches de partout dans le monde (où et quand?). Elles ont été révisées par trois sommités scientifiques (lesquelles) de trois continents (bis) et endossées par un nombre impressionnant d’organismes publics et privés (et re bis).

    Je me demande si vous n'aviez pas l'impression de vous adressez à une classe du primaire, et encore...

  • Pierre Jr Beaudry - Inscrit 17 février 2013 14 h 48

    "Des données scientifiques d'une rigueur à toute épreuve"

    La science évolue. On verra ce qu'elle dira de ces chiffres dans 10 ou 20 ans.
    En attendant, si j'étais un organisme qui dit que la modération a bien meilleur goût, je ferais preuve d'une plus grande modération dans mes affirmations.

  • Hubert Sacy - Inscrit 18 février 2013 10 h 33

    Et pour conclure...

    Quelques lecteurs du Devoir semblant très préoccupés par les sources de nos affirmations et ignorant sans doute le fait que le nombre de mots est limité tant dans les page des quotidiens que sur les sites, je prends la liberté de fournir ici les réponses les plus documentées possibles.

    Les niveaux de consommation d'alcool à faible risque ont été élaborées par le comité scientifique de la stratégie nationale sur l'alcool dont font notamment partie les organismes suivants:
    Santé Canada
    Centre canadien de lutte contre l'alcoolisme et les toxicomanies
    Association canadienne de santé publique
    Agence de la santé publique du Canada
    Conseil des médecins hygiénistes en chef
    Services de santé des Forces canadiennes
    Ministères de la Santé de Nouvelle-Écosse, d'Alberta et de C-B.
    Inuit Tapiriit Kanatami
    Éduc'alcool
    Centre de toxicomanie et de santé mentale
    MADD Canada
    Association canadienne des chefs de police

    Le comité scientifique, présidé par le Dr. Peter Butt, du Collège des médecins de famille du Canada comprend:

    Doug Beirness, Ph.D Centre canadien de lutte contre les toxicomanies
    Louis Gliksman, Ph.D Centre de toxicomanie et de santé mentale
    Catherine Paradis, Ph.D Éduc’alcool
    Tim Stockwell, Ph.D Centre de recherche en toxicomanie de Colombie britannique.

    C'est d'ailleurs Dr. Stockwell qui a calculé que si tous les Canadiens suivaient les directives de consommation d'alcool à faible risque, on éviterait 4600 morts prématurées par année. Il va de soi (je ne pensais vraiment pas qu'il était nécessaire de le préciser) qu'il s'agit de morts dues à l'abus d'alcool, quoi d'autre?. On lira avec intérêt l'article paru à ce sujet en page A1-8 du Devoir du 21 décembre 2011 sous la plume d'Amélie Daoust Boisvert.

    On me permettra enfin de ne pas répondre aux charmants qualificatifs et aux procès d'intention qui n'apportent strictement rien au débat et au niveau desquels je ne veux pas me situer. Éduc'alcool mérite mieux que ça.

    Hubert Sacy
    Directeur