Libre opinion - La santé du Québec passe aussi par celle des universités

Nous sommes des médecins fermement engagés dans la société québécoise. Ensemble, nous soignons des milliers de familles du Québec. Nous luttons contre la maladie, nous la traitons, nous écoutons et nous conseillons, nous référons. Nous pratiquons dans des centres universitaires qui offrent des soins spécialisés et surspécialisés dans toutes les régions du Québec. Nous enseignons dans les facultés de médecine.

Nous avons pu devenir médecins parce que nous avons eu de bons professeurs, parce que nous avons eu accès à des laboratoires correctement équipés et parce que, sous tous ces critères, la formation que nous avons reçue respectait des agréments internationaux exigeants et en constante évolution. Ce qui est vrai pour la médecine l’est aussi pour d’innombrables domaines cruciaux pour notre avenir collectif. Dans notre monde concurrentiel et technologique, dans notre Québec vieillissant et à la culture si précieuse, à cette époque de défis économiques et environnementaux, nous avons, plus que jamais, besoin d’universités capables de répandre la connaissance dont dépend non seulement notre niveau de vie, mais également notre capacité à innover.


La survie des universités n’est pas menacée, mais nous devons reconnaître collectivement qu’elles doivent continuer de progresser. Pour l’avenir de la formation, de la pratique et de la recherche médicales au Québec, c’est essentiel. Quand on coupe dans l’éducation supérieure, on coupe dans la santé. C’est aussi simple que cela. Et comme bien d’autres acteurs de la société québécoise, nous nous inquiétons au plus haut point de la démarche dans laquelle est engagé le gouvernement du Québec.


À l’heure où le gouvernement du Québec prépare un Sommet sur l’enseignement supérieur, il nous apparaît essentiel que la discussion s’engage sur de bonnes bases. La saine gestion des universités est certes une condition de succès, mais la précarité financière des universités est réelle. Nos besoins comme société sont nombreux, et les solutions se trouvent souvent dans nos universités.


Nous invitons le gouvernement à choisir l’avenir. Il passe par nos universités. Ne nous laissez pas l’impression que les décisions sont déjà prises et facilitez un vrai débat. Le Québec n’en a plus l’habitude.


Remettons « l’authentique respect » des partenaires que nous sommes à l’ordre du jour. Nous sommes un peuple de créateurs, reconnus internationalement pour ces qualités. Revenons à l’essence de notre culture et bâtissons ensemble l’avenir de nos jeunes par une éducation supérieure de qualité.
 

 

Dr Gaétan Barrette, président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec;


Dr Charles Dussault, président de la Fédération des médecins résidents du Québec;


Dr Christiane Laberge, médecin de famille et chroniqueuse;


Dr Jean Robert, médecin de rue, microbiologiste-infectiologue et médecine communautaire;


Dr Réjean Thomas, président-directeur général, clinique L’Actuel.

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3 commentaires
  • Yvon Bureau - Abonné 9 février 2013 10 h 26

    Un grand programme pour les 60 ans et plus

    Merci pour cette lettre collective. Collectivement, on écrit mieux, on affirme pour le mieux.

    Collectivement, quand on monte en et au sommet, on trouvera mieux comment bonifier notre enseignement supérieur. J’y crois. Au sommet, l’Humain se dépasse et souvent est dépassé par du plus grand et du plus noble.

    «Quand on coupe dans l’éducation supérieure, on coupe dans la santé.» Et quand on investit dans l'éducation supérieure, on investit dans la santé, cela va de soi.

    Voici une suggestion pour un enrichissement dans l’enseignement supérieur.

    Chaque université se donne un grand programme de tous les savoirs pour ses 60 ans et plus. Retraités hautement diplômés, pleins d’expériences et d’expertises, nous y trouverions profond plaisir dans le savoir-savoir, le savoir-être et le savoir-faire, chacun à son rythme, selon ses intérêts et selon ses énergies. Nous pourrions participer en collaborant aux trois activités universitaires, soit la recherche soit l’enseignement soit l’investissement dans la communauté. Il m’arrive d’affirmer que nous, les 60 ans et plus universitaires à la retraite, formons une grande richesse renouvelable mais sous-utilisée !

    Ce serait un «petit» et stratégique investissement pour un énorme rendement, sur de nombreux plans. Je suis même persuadé que cela deviendrait vite économiquement plus que rentable.

    L’université étant notre chez-nous pour toujours, davantage utiles et solidaires, nous nous garderons en santé beaucoup plus longtemps, baignant dans l’intergénérationnel et l’interdisciplinaire.

    Yvon Bureau ts, étudiant à UTAQ-UL (Université du 3e âge de Québec-Université Laval) depuis 2004, 4 diplômes universitaires, 30 années d’expertises et d’expériences

  • Robert Henri - Inscrit 9 février 2013 11 h 35

    Tous que des médecins.

    Curieux que ce soient des médecins qui écrivent ça. Aucun gestionnaire. Aucun administrateurs. Lorsque les primes indécentes de tout acabit et les émoluments des hauts dirigeants universitaire seront redevenus à un niveau acceptabloe et normal, ils pourront parler. Il existe bien des moyens pour payer la gratuité des formations dont une luttre réelle contre les abris et les paradis fiscaux, une taxe Tobin sur les transactions boursières, en récupérant ce que les ingténieurs et les entrepreneurs véreux nous volent année après année. Avec seulement ça, on se paierait les meilleures universités au monde. Alors messieurs, continuez de soigner en vous occupant d'améliorer l'accès à des services de santé qui sont en ce moment déplorables et ne vous mêlez pas du reste. Merci.

  • François Beaulé - Abonné 10 février 2013 10 h 28

    Le gigantisme du budget de la Santé

    D'abord, le gouvernement fédéral devrait augmenter ses subventions aux universités par une augmentation de la taxe sur le capital.

    Ensuite les présidents de syndicats de médecins comme le Dr Barette devrait comprendre que le gouvernement du Québec a des moyens limités et que l'évolution de la médecine vers des solutions moins coûteuses est essentiel pour réorienter les ressources de l'État québécois.