Libre opinion - Place au démantèlement de Gentilly-2

L’élection d’un gouvernement minoritaire du Parti québécois vient de sonner le glas de la centrale atomique de Gentilly-2 et annonce la fin immédiate au Québec de la désastreuse aventure nucléaire.

Cependant, cette sortie du nucléaire ne peut se faire dans un tour de clé comme lors d’une fermeture d’usine ou de centrale thermique ; la fermeture de Gentilly-2 va demander la mise en place d’un plan d’action sur quelques décennies et représentera des coûts importants.


Il va falloir procéder à la gestion et à l’évacuation des trois mille tonnes de combustible irradié, démanteler la centrale et restaurer le site.


La façon la plus harmonieuse d’y arriver sera la création, un peu comme en Angleterre, d’un organisme qui sera responsable de superviser toutes ces opérations de déclassement de la centrale.


Hydro-Québec devrait sortir immédiatement Gentilly-2 de ses livres par un transfert de propriété de la centrale vers cet organisme avec la provision d’environ 700 millions de dollars qu’il y a présentement aux livres de la société d’État pour cette fermeture.


Le gouvernement assurera au cours des ans les flux monétaires supplémentaires nécessaires pour effectuer l’opération. Cela enlèverait l’obligation à Hydro-Québec de prendre une charge de 1,5 à 2 milliards de dollars dans le trimestre où une telle annonce serait faite.


Cet organisme, un genre de secrétariat atomique québécois ou Société québécoise de déclassement de sites nucléaires (SQD) serait dans une position unique pour créer à Gentilly un centre d’excellence en déclassement nucléaire. En effet, la petite centrale Gentilly-1, qui a fonctionné à peine une centaine de jours, est en dormance depuis environ 40 ans.


Son niveau de radioactivité est assez réduit pour que l’on commence le démantèlement. Comme elle appartient au gouvernement fédéral et que celui-ci l’a désignée comme l’un des sites nucléaires canadiens à restaurer avec accès au fonds monétaire approprié, la SQD pourrait obtenir d’Ottawa ce contrat de démantèlement qui permettrait de développer une expertise dans ce domaine.


Le développement de cette expertise permettra non seulement de maintenir un niveau d’emploi plus important, mais aussi de réduire les coûts nécessaires pour démanteler Gentilly-2 et offrir un contexte de travail beaucoup plus sécuritaire pour les travailleurs et la population environnante.


Avec une centaine de centrales qui arriveront bientôt à la fin de leur vie aux États-Unis, au coût unitaire d’environ un milliard de dollars uniquement pour leur déclassement, le combustible irradié étant la propriété du gouvernement américain, on voit donc que c’est une industrie de près de 100 milliards de dollars qui va se développer et où l’on pourra avoir une longueur d’avance grâce à Gentilly-1 si l’on joue bien nos cartes.


Quelle que soit la stratégie retenue pour procéder au déclassement de Gentilly-2 et pour mettre en place un plan de gestion à long terme du combustible irradié, elle devra être transparente et obtenir un vaste appui populaire.


L’annonce de la sortie du nucléaire devrait créer un climat favorable à une large acceptation sociale d’un plan bien présenté.


La création de la SQD pourrait contribuer largement à l’instauration d’un tel climat favorable tout en retirant des livres d’Hydro-Québec ce boulet économique sans pour autant imposer une charge immédiate au gouvernement qui pourra étaler les dépenses supplémentaires sur vingt ou trente ans.


Même si l’arrêt du réacteur et le retrait du combustible du coeur du réacteur vont diminuer de beaucoup les risques et l’ampleur d’un désastre atomique éventuel à Gentilly, tant qu’une solution acceptable pour l’évacuation des 3000 tonnes de combustible irradié qui y sont accumulées ne sera pas trouvée, le risque de contamination va demeurer élevé.


Un tel organisme pourrait assurer à la population que les opérations qui risquent d’impliquer des mouvements de matières dangereuses se feront en respectant des normes de sécurité les plus élevées.


Le personnel d’opération demeurerait employé par Hydro-Québec, qui deviendrait un sous-traitant de la SQD dont le conseil serait composé de représentants gouvernementaux ou d’Hydro-Québec, d’écologistes et d’experts indépendants. Une toute petite équipe serait nécessaire pour assurer le fonctionnement de cette société.

33 commentaires
  • André Vallée - Inscrit 11 septembre 2012 08 h 34

    En avons-nous besoin?

    Notre Hydro Québec ne sait plus quoi faire de ses surplus... les énergies renouvelables ne sont que peu utilisées... et chaque centrale nucléaire est une bombe à retardement.

  • Alain Hebert - Inscrit 11 septembre 2012 10 h 06

    réfléchissez bien...

    La centrale G2, en opération depuis 30 ans, n'a pas beaucoup de supporteurs au Québec. En effet, le Québec dispose de réserves hydroélectriques qui font l'envie de tous les pays industrialisés du monde. Pourtant, et quoi qu'en disent les écologistes "sociaux", le nucléaire est la seule voie pour éviter le réchauffement global par les GES (je pourrais élaborer sur ce point). Les autres pays fortement industrialisés (j'inclue l'Ontario) ont le choix entre le nucléaire et les combustibles fossiles. Les énergies alternatives sont surtout urtiles pour un usage domestique, pas industriel.

    SNC-Lavalin, une entreprise Québécoise, a pris le contrôle l'AECL et compte offrir des services d'ingénérie nucléaire sur la scène internationale. Quel message le Québec enverrait s'il fermait G2 au lieu de le rénover comme les autres exploitants de CANDU6 ont fait (Nouveau-Brunswick, Corée du Sud, Argentine)? D'autant plus que HQ a déja dépensée plus de 800 millions de $ dans la rénovation de G2, somme que l'on perdra en cas de fermeture.

    Ce dossier est compliqué et nécessite une étude détaillée: Quel est l'état des négociations entre HQ et AECL? En cas de fermeture de G2, HQ va-elle démarrer la centrale au gaz de Bécancour (émettrice de GES)? En cas de fermeture en décembre, le démentellement de G2 va-il débuter seulement dans 40 ans?

    Toutes ces questions doivent être analysés et une décision éclairée doit être prise dans le meilleur intéret du Québec.

    • Yvan Dutil - Inscrit 11 septembre 2012 17 h 00

      Je note que l'essentiel de AECL est en Ontario. Dejà que l'on subventionnne les entreprises québécoises, il me semble que l'on est pas obligé de subeventionner en plus les entreprises ontariennes.

    • Cyril Dionne - Abonné 11 septembre 2012 19 h 29

      Le message est simple M. Hebert, l'exploitation de l'énergie nucléaire n'est pas viable écologiquement, économiquement et socialement.

      Entreposage

      Aujourd'hui, ils n'ont pas encore trouvé la solution définitive à l'entreposage des déchets radioactifs de longue durée et rien ne peut contenir ces déchets. Et il existe présentement plus de 300 000 tonnes de déchets hautement radioactifs et nocifs dans le monde. Où allez-vous mettre les stocks de combustibles irradiés dont certain ont des demi-vies qui se chiffrent dans les millions d'années? Dans votre cour?

      Coûts

      Depuis belle lurette, ce sont les gouvernements qui octroient les argents nécessaires à la construction de centrales nucléaires. Les États-Unis, qui sont les chefs de file du capitalisme, n'ont aucune industrie privée qui soit prête à assumer les coûts sans un apport économique important des contribuables. En plus, il faut prévoir des sommes gargantuesques pour le démantèlement nucléaire de type III (démantèlement complet) des centrales qui ne sont jamais chiffrées dans les budgets du nucléaire. Le démantèlement de Gentilly 2 va coûter plus de 2 milliards de dollars aux contribuables québécois ou est-ce qu'on met les déchets radioactifs de longue durée?

      Armement

      Quand on pense qu'il y a plus de 25 000 bombes thermonucléaires (jusqu'à 1000 fois plus puissante que celles d'Hiroshima et de Nagasaki) dans le monde, est-ce qu'il est socialement acceptable de produire des tonnes de combustible irradié qui peut être concentrés par centrifuge à des fins militaires?

      Conclusion

      Si les gouvernements avaient utilisé et utilisaient leurs ressources monétaires et humaines ailleurs que dans l'énergie nucléaire pour la recherche et la production d'énergies durables comme l'énergie solaire, éolienne, géothermique et autres, nous ne serions peut être pas au bord du gouffre du réchauffement planétaire comme le disent certains scientifiques et, surtout, ce serait une gestion plus écologique de notre environnement.

    • Alain Hebert - Inscrit 11 septembre 2012 21 h 18

      @Cyril Dionne
      Vous écrivez n'importe quoi. Il n'y a pas assez de 2000 caractères pour noter toutes les inexactitudes de votre texte. Un seul exemple: Les centrifugeuses dont vous faites référence pour fabriquer des bombes (comme en Iran) n'utilisent pas de combustible irradié mais de l'Uranium non irradié. Tout le reste de votre texte est du même acabit.

      Si vous voulez savoir quelles sont les conséquences d'une sortie du nucléaire pour un pays industrialisé, étudiez la situation en Allemagne. La seule alternative au nucléaire est l'usage des combustibles fossiles (pétrole, charbon ou gaz de schiste).

    • Cyril Dionne - Abonné 12 septembre 2012 08 h 00

      Désolé M. Hebert, j'ai déjà travaillé dans une centrale nucléaire et donc je connais un tout petit peu la situation. En passant, pourquoi vous nous parlez pas du tritium?

      Aussi, désolé M. Claveau, l'énergie nucléaire n'est pas une façon efficace de produire de l'électricité puisque plus de 80 % de celle-ci est perdue en chaleur lorsqu'elle est convertie en énergie mécanique - les turbines (énergie nucléaire, énergie thermique, énergie mécanique, énergie électrique). C'est comme utiliser une Lamborghini pour livrer des pizzas.

      Et pour ceux qui préconisent que le nucléaire ne produit pas beaucoup de déchets comparés à toutes autres sortes d'énergie n'ont qu'à réaliser que le contenu d'une canette de boisson gazeuse de 341 millilitres serait suffisant pour contaminer le Saint-Laurent pendant des milliers d'années, sinon des millions.

    • Alain Hebert - Inscrit 12 septembre 2012 14 h 18

      @Cyril Dionne
      Si vous avec travaillé dans une centrale nucléaire, vous devez savoir que le tritium a une demi vie de 12 ans seulement. Il ne s'accumule donc pas sur des millénaires. Pour contrôler son exposition, il suffit de le contenir par des mesures efficaces d'exploitation. Allez prétendre qu'HQ a été fautif sur ce point et vous devrez vous expliquer avec des preuves solides...

      Si vous avec travaillé dans une centrale nucléaire, vous devez savoir que ce que les écolos appellent des "déchets" est en fait du combustible irradié brûlé à 1% environ. Le combustible irradié contient 99% d'énergie qui pourra être fort utile aux générations qui suivront. Il faut donc le stocker de façon sûre en attendant.

      Si vous avez travaillé dans une centrale nucléaire, vous devez savoir que tous les cycles thermo-hydrauliques ont un rendement compris entre 30% et 45%, centrales au gaz ou au charbon comprises. Les réacteurs nucléaires de 4ième génération auront un rendement de l'ordre de 45%.

    • Cyril Dionne - Abonné 12 septembre 2012 16 h 27

      Vous dites "Le combustible irradié contient 99% d'énergie qui pourra être fort utile aux générations qui suivront." Mais entre-temps, vous pouvez entreposer ces stocks irradiés dans votre cour. La construction de ces centrales de 4e génération dont vous parlez, nous donne une illusion prometteuse tant qu'au futur de cette industrie mais personne ne mentionne les coûts engendrés et qui va payer la note. Et, on avait déjà entendu cela, il y a de ça une génération, que le coût d'un kilowatt produit à partir du nucléaire était très rentable mais le tout s'est avéré totalement faux. Et ici, on parle d'une technologie qui est non prouvé. Si des gens comme vous ont tellement confiance en ces réacteurs nucléaires de 4e génération, pourquoi que l'industrie privée ne subventionne-t-elle pas en totalité, les coûts de construction des dits réacteurs? Et malheureusement, les réacteurs CANDU, quand ils fonctionnent (et je dis bien quand ils fonctionnent), ne sont efficaces qu'à 17% ou 18% de l'énergie consommée.

      Pour les déchets radioactifs, on a sorti le génie de la lampe, mais on ne sait pas encore comment l'y remettre!

    • Alain Hebert - Inscrit 12 septembre 2012 20 h 36

      @Cyril Dionne
      (1) On devra entreposer le combustible irradié à 1% dans des galeries souterraines, creusées dans le granite du bouclier canadien. Le volume du combustible irradié n'est pas très grand. Par contre, vu l'énorme quantité d'énergie que ce combustible contient, l'entreposage pourraît durer plusieurs siècles.
      (2) Les centrales de 4ième génération permettront de récupérer les 99% d'énergie résiduelle, ce qui permettra de satisfaire les besoins de la planète pendant plusieurs millénaires et sans émettre de GES (source du réchauffement global). Cela inclu toute l'électricité et tout l'hydrogène (qui devrait remplacer le pétrole). Ce n'est pas de la science fiction. Voir:
      http://fr.wikipedia.org/wiki/ASTRID

      Évidemment, pour développer ce type de technologie, on a besoin d'un support gouvernemental. De plus, il ne faut pas avoir de Daniel Breton (écologiste dogmatique) ni de Steeven Harper (pro-pétrole et anti-le-reste) dans les jambes.

    • Cyril Dionne - Abonné 13 septembre 2012 07 h 44

      Le nucléaire est une erreur et si on s'enfonce la tête dans le sable, on ne voit jamais nos erreurs. Il ne faut pas se fier aux lobbyistes du nucléaire de différents acabits pour nous jeter de la poudre aux yeux. Il n'est pas trop tard pour le Québec, qui a déjà un surplus d'énergie électrique, de se débarrasser à tout jamais de cette industrie néfaste. Pour l'Ontario, qui est endetté jusqu'au cou avec cette aventure nucléaire, c'est une toute autre histoire.

      En passant, le plutonium-240 et le plutonium-239 ont des demi-vies respectives de 6 500 et 24 000 ans et font partis des déchets nucléaires de longue durée? Pour le césium, c'est une demi-vie qui se chiffre dans les millions d'années. Donc, on parle ici d'une période de radioactivité qui s'échelonne sur des milliers de millénaires. Notre civilisation humaine est vieille de 5000 ans.

      Stocker ces déchets radioactifs dans le sous-sol du bouclier canadien est encore une autre erreur. Tous les mineurs vous diront que la roche peut se fissurer à tout moment et qu'on retrouve, en permanence, de l'eau qui s'infiltre dans les caves souterraines. Et l'eau et le métal, ne font pas bon ménage. Rien ne peut contenir ces déchets à part des solutions temporaires que l'on retrouve dans les différentes centrales nucléaires où les déchets sont refroidis de façon permanente par des millions de litres d'eau dans des piscines immenses, ceci, 24 heures sur 24, 7 jours par semaines et 365.25 jours par année.

      Fermez Gentilly 2.

    • Alain Hebert - Inscrit 13 septembre 2012 08 h 27

      @Cyril Dionne
      Si vous avec travaillé dans une centrale nucléaire, vous devez savoir que le plutonium-240 et le plutonium-239 sont du combustible pour un reeacteur comme ASTRID (voir mon message précédent). Ce ne sont pas des déchets, c'est du combustible. Il faut mieux les brûler que de les laisser se disperser dans l'environnement

      Le Césium 135 a une demi-vie de millions d'années, mais n'émet pas de rayons gamma. Il est donc facile à contenir; un contenant de verre ou de métal peut suffire.

      Le stockage dont je parle est un stockage intérimaire, dans l'optique où le combustible irradié sera réutilisé pour en extraire les 99% d'énergie restant. Il s'agit d'un stockage à sec souterrain, semblable au stockage à sec de surface existant à G2.

      Dernier point: Le loby du nucléaire est beaucoup moins actif que celui du pétrole ou que le loby anti-nucléaire dont vous semblez faire partie. Dites-vous que les apparances sont trompeuses et que des dossiers politiques, apparamment simple, sont en réalité fort complexes. La perte de G2 peut sembler inoffensive vu les ressources hydro-électriques du Québec. Ce qu'on va perdre n'est pas une vieille centrale de 2ième génération. Ce qu'on va perdre est le personnel hautement-qualifié que HQ a formé au cours des 40 dernières années. Ce qu'on va perdre, c'est la R&D industrielle et universitaire dans la seule technologie apte à sauver la planète du réchauffement global. Ce qu'on va perdre, c'est la division nucléaire de SNC-Lavallin. Ce qu'on va perdre, ce sont des milliers d'emplois dans la région économiquement sinistrée de Trois-Rivières. Ce qu'on va perdre, c'est environ 1 miliard de $ déja dépensés par HQ pour rénover la centrale.

    • Yvan Dutil - Inscrit 13 septembre 2012 11 h 21

      Monsieur Hébert, ce que va cnous coûter Gentilly-II, c'est des milliards qui vont partir à l'étranger pour soutenir une industrie enssentiellement ontarienne.

      Pour ce qui est de l'impact capacité de recherche, c'est ridicule. Un parle d'un groupe de recherche qui d'ailleurs ne dépend pas beaucoupde l'existence de Gentilly-II pour ses recherches. On parle de 9 postes de chercheurs, dont le votre en passant; la majorité étant sur le bords de la retraite et dont 2 ne seront pas du tout affectés par la fermeture du réacteur. Quand on a fermé le tokamak de Varennes ont a pas eu de genre d'attermoiement. Pas plus que lorsque qu'EACL a fermé de centre de recherche de Chalk River qui a essentiellement éliminé la recherche en physique nucléaire au Canada.

    • Alain Hebert - Inscrit 13 septembre 2012 13 h 41

      @Yvan Dutil
      Vous avec 100% raison de comparer la fermeture de notre unité de recherche à celle du groupe de Varennes ou à la fermeture éventuelle de Chalk-River (quoique dans ce dernier cas, ce serait beaucoup plus grave). Il fut un temps où le Cadada produisait des isotopes médicaux et faisait l'admiration de tous sur la planète. Deux gouvernements conservateurs auront suffi pour tout démolir. En cherchant plus loin, on pourrait rappeler le gouvernement Diefenbaker qui avait annulé le projet de l'Avro Arrow, mis au chomage des milliers de travailleurs, brûlé les plans et réduit en miettes tous les prototypes. S'il avait maintenu le programme, on ne se poserait pas de questions sur le F35 aujourd'hui. Ce type de comportement, récurrent dans nos démocraties modernes, s'appelle de l'obscurantisme.

    • Yvan Dutil - Inscrit 13 septembre 2012 16 h 30

      Monsieur Hébert. Le problème est que vous proposez de mettre annuellement l'équivalent du budget complet du FQRNT pour maintenir l'expertise dans l'énergie nucléaire de neuf personnes. Un exemple de la même magnitude serait la fermeture de l'observatoire du mont Mégantic. La différence cependant est que dans ce cas on parle de 600 000$/an.

    • Cyril Dionne - Abonné 13 septembre 2012 18 h 03

      Fermez Gentilly 2.

      Il faudra se mettre d'accord sur notre désaccord M. Hebert. Petite précision, j'ai travaillé pour Hydro Ontario (et non pas pour Hydro Québec) dans ce qu'on appelle la plus grande centrale nucléaire du monde. Sur 8 réacteurs, il y en avait seulement 3 qui étaient moindrement fonctionnels et opérationnels en tout temps. On passait notre temps et on dépensait l'argent des contribuables par milliards à faire la réfection de ces citrons appelés CANDU. Aussi, les ingénieurs d'EACL avaient sous-estimé l'impact des radiations (surtout gamma) sur les installations en ciment de la centrale. Ils se sont aperçus quelques années plus tard, une fois la centrale construite, que le ciment séchait trop rapidement et donc celui-ci devenait très fragile et conduisait à la précarisation des installations.

      La différence entre vous et moi, est que moi j'étais sur le terrain et vous, à votre juste mesure, vous opériez derrière un écran d'ordinateur à faire des simulations avec des logiciels comme MatLab. L'évidence matérielle que j'ai observé en étant physiquement présent dictait une toute autre réalité que celle que vous vous employez à nous décrire, quoique très habilement et en dénotant une grande culture scientifique, mais qui ne cadre pas dans ce que j'ai observé au cours de mes années là-bas à la centrale nucléaire.

      Je peux vous dire sincèrement que je n'habiterai jamais près d'une centrale nucléaire après avoir vu ce que j'ai vu. Aussi, un des grands désavantages de cette source d'énergie, est que nos sens ne peuvent percevoir les radiations ce qui fait le plaisir des promoteurs de cette industrie. On ne peut les voir, les sentir, les goûter, les entendre ou les toucher; on ne peut que les mesurer à partir d'instruments sophistiqués qui ne sont pas à la portée de tous, et surtout du public.

      Fermez Gentilly 2. Point à la ligne.

      Ceci est ma dernière entrée dans ce forum.

    • Alain Hebert - Inscrit 13 septembre 2012 18 h 20

      @Yvan Dutil
      Je ne parle pas seulement de 9 personnes, mais de l'ensemble du personnel hautement qualifié qu'HQ a formé au cours des 40 dernières années. Je parle de maintenir une expertise dans une technologie qui sera la seule source de remplacement des combustibles fossiles dans le futur.

  • Gabriel Claveau - Inscrit 11 septembre 2012 14 h 03

    L ‘antinucléairisme primaire

    L ‘antinucléairisme primaire est un atout considérable pour le PQ qui souhaite consolidé une certaine pseudo pensé de gauche.

    Doublé du fameux conte de fées sur les énergies vertes (construit autour des égarements du développement durable et de l’idéologie monétariste), la réflexion citoyenne n’a aucun outil sérieux autre que l’ émotion animale gavée à la propagande pseudoscientifique et catastrophique ultra orientée pour juger la grande question énergétique au sens large.

    Les énergies dites vertes (éolien, solaire) consomment énormément de pétrole pour l’énergie apporté. Le ratio est à tombée par terre... Aucune étude sérieuse en économie biophysique n’atteste que ces énergies peuvent permettre une transition postpétrolière au niveau mondial sans une décroissance économique fulgurante nous ramenant 300 ans en arrière.

    L’avantage fondamental de l’énergie nucléaire est que l’uranium donne 10 000 fois plus d’énergie que le pétrole par unité de masse tout en pouvant dessaler l’eau de mer et produire de l’hydrogène dans le même processus.

    De plus les nouvelles générations de centrale sont 1500 fois plus sécuritaires que la première génération. C’est la plus grosse augmentation de sécurité de l’histoire industrielle et personne n’en parle.

    Que le veuille ou non, la fission nucléaire sera certainement la pierre angulaire des transitions postpétrolières réussies jusqu’à la maitrise de la fusion nucléaire.

    La fermeture de Gentilly II et l’abandon du nucléaire au Québec représente dans toute sa laideur le triomphe de la peur infondé au service de la manipulation populiste sous couvert de bienveillance verte politique.

    http://www.partioptimisteprogressiste.org/

    • Yvan Dutil - Inscrit 11 septembre 2012 17 h 03

      Je veux bien que les nouvelles centrales soient plus efficaces et plus sécuritaires, mais cela n'a absolument rien à voir avec la situation actuelle. Ici, on parle d'une vieille centrale; essentiellement un citron dont la durée de vie est ridiculement courte, qui produira de l'électricité dont on a pas besoin à perte!

    • Alain Hebert - Inscrit 11 septembre 2012 22 h 10

      @Yvan Dutil
      Les concepteurs de G2 avaient prévu un fonctionnement pendant 30 ans sans modernisation majeure. G2 a fonctionné 30 ans sans problème majeur. Ce n'est donc pas un "citron". Avec une modernisation, elle pourra fonctionner encore 25 ans. Il s'agit d'une technologie éprouvée.

    • Yvan Dutil - Inscrit 12 septembre 2012 07 h 55

      Monsieur Hébert, les centrales nucléaires de la même génération vont fonctionner 50-60 ans sans modification majeures. Après 30 ans, Gentilly-II doit être essentiellement reconstruire de l'intérieur.

    • Alain Hebert - Inscrit 12 septembre 2012 14 h 09

      @Yvan Dutil
      Pas d'accord. Les tubes de force ont été conçus pour une irradiation de 30 ans à puissance constante de 600 MWe. Il faut les remplacer (par design). Les nouveaux devraient durer 35 ans, mais les autres équipements limitent la durée à 25 ans additionnels. Les ordinateurs de commande (de marque Variant) datent de 1980. Ils doivent être remplacés. Les réacteurs français sont modernisés aux 10 ans, mais avec moins d'équipement à remplacer à chaque fois.

    • Yvan Dutil - Inscrit 12 septembre 2012 14 h 32

      À ma connaissance, aucun réacteurs nucléaire conventionnel n'est totalement reconstruit tout les 25 ans comme les CANDU. On remplace de composantes désuettes, on renforce les mesures de sécurité actives et passive et on remplace certaines pompes et moteurs, mais on ne reconstruit pas le coeur du réacteur au grand complet comme on s'apprête à le faire.

    • Alain Hebert - Inscrit 12 septembre 2012 15 h 46

      @Yvan Dutil
      Ce que vous appelez un réacteur conventionnel est le modèle Westinghouse, adopté par la France et plusieurs autres pays. Il s'agit d'une grosse cocote pression dont on peut extraire le contenu facilement. Le CANDU6 est composé d'un réseau de "tubes de force" qu'il faut remplacer tous les 30 ans (ou 35 ans). C'était prévu, mais AECL a du développer une nouvelle technologie pour le faire. Cette technologie est maintenant au point.

    • Yvan Dutil - Inscrit 13 septembre 2012 07 h 06

      Monsieur Hébert, il n'y a aucun réacteur commercial à part le CANDU qui doit être reconstruit après 25 ans. Le concept même d'avoir un paquet de tubes sous pression qui passent dans le réacteur est une recette pour les problèmes.


      Point à la ligne. QU'AECL a développé un meilleur modèle est un argument ridicule. C'est exactement la même chose que de dire qu'il est justifié de refaire le moteur de son vielle auto qui reste la plupart du temps au garage parce que la même compagnie fabrique de meilleure voiture.

      Est-ce de l'astroturfing?

    • Alain Hebert - Inscrit 13 septembre 2012 08 h 37

      @Yvan Dutil
      Les tubes de force ont plusieurs avantages, dont celui de permettre le rechargement en marche, ce qui permet des facteurs d'utilisation élevés. Leur inconvénient: ils doivent être remplacés après 30 ou 35 ans. Ce que AECL a développé, c'est une technologie moderne pour les remplacer dans un CANDU6.

      Les prochains modèles de CANDU seront conçus de façon que ce remplacement soit plus facile.

      Je ne conteste pas le fait que G2 aie 30 ans d'age. Si on peut prolonger sa vie de 25 ans avant de le démanteler, on rendra service à l'environnement (moins de GES émis), on va augmenter la capitalisation du fond "démantèlement", et on va préserver la R&D dans un domaine d'avenir au Québec.

    • Yvan Dutil - Inscrit 13 septembre 2012 11 h 05

      Si vous vous y connaissez un peu en énergie nucléaire, vous savez très bien que la recharge en marche présente aujourd'hui, un avantage compartaif minime par rapport aux autre type de réacteurs nucléaires. De plus, maintir Gentilly-II en vie, ce serait encore dépenser une fortune pour soutenir des emplois à 1 millions de dollar l'unité. Qui plus est pour produire de l'électricté à un prix de vente qui sera inférieur à son coût de production.

    • Alain Hebert - Inscrit 13 septembre 2012 14 h 00

      @Yvan Dutil
      Le rechargement en marche permet d'utiliser l'uranium naturel, ce qui évite de construire des usines d'enrichissement de l'Uranium ou de dépendre des pays qui en possèdent. Ce n'est pas rien.

      Une fois rénovée, le prix du kWh de G2 sera inférieur à celui du projet la Romaine.

      Une partie importante des dépenses liées à la modernisation est faite au Québec. Par exemple, les nouveaux ordinateurs de contrôle sont installés par CAE de Montréal.

    • Yvan Dutil - Inscrit 13 septembre 2012 16 h 26

      Monsieur Hébert, c'est l'économie de neutrons favorable du CANDU qui permet le rechargement en marche à ce que je sache. D'autre part, cela nécessite l'utilisation d'eau lourde qui consomme quasiment autant d'énergie que d'enrichissement nucléaire.

    • Alain Hebert - Inscrit 13 septembre 2012 18 h 27

      @Yvan Dutil
      Le rechargement en marche permet d'éliminer des produits de fission du réacteur à chaque jour et favorise ainsi l'économie de neutron (car les produits de fission absorbent les neutrons).

      L'enrichissement de l'eau normale pour produire de l'eau lourde est réalisé en une seule fois. Lorsqu'on ferme un réacteur, l'eau lourde peut être réutilisée dans un nouveau réacteur. Il suffit de maintenir sa pûreté durant l'exploitation. L'enrichissement du combustible requis dans les autres types de réacteurs doit être fait continuellement.

  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit 11 septembre 2012 15 h 23

    Le nucléaire va demeurer une filière importante.

    Renoncer au nucléaire parce que le mot fait peur est simpliste. C'est plus compliqué que cela, et le nucléaire ne présente pas les risques épouvantables que l'on dénonce à hauts cris. Avant de croire toutes ces soi-disant évidences de hausse de cancer autour de Gentilly, ou des dangers aigus d'un désastre atomique, il faudrait faire un examen raisonné de cette industrie.
    Le désastre de Fukushima a peu à voir avec le nucléaire, mais beaucoup avec la gouvernance et l'incurie des entreprises d'énergie japonaises.
    La décision du PQ devrait être réfléchie et non pas un réflexe visant à démontrer son leadership autour d'une promesse électorale prise à la va-vite, au détour d'une comptabilité partisane des clientèles électorales, en vue d'une victoire à l'arraché.
    L'exemple du président Hollande, enferré dans ses promesses trop vite faites, constitue un bel appel à la réflexion.

  • Louis Bourque - Inscrit 11 septembre 2012 16 h 32

    L'économisme face au risque incommensurable?

    - ''propagande pseudoscientifique'' ''au service de la manipulation populiste'' ?

    Je partage les préoccupations économiques de M. Claveau. C'est pourquoi j'estime que le déclassement est une précaution nécessaire.

    Les normes sur lesquelles s'appuient le Canada et la plupart des pays pour évaluer les risques sanitaires et décider de mesures de radioprotection sont alignées aux directives formulées par la CIPR (1991) et l'AIEA (1996). La critique de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) et autres organisations les concerne directement.

    ''Le système de radioprotection est fondé sur la relation dose-effet, qui ne tient compte que de la composante radiologique des éléments. En cas de contamination interne (agricole), les radionucléides sont incorporés et constituent d'abord un corps chimique dont la propriété est d'émettre des rayonnements '' (IRNS, 2005-20 : 18). ''La toxicité des chimique des radionucléides est aujourd'hui ignorée et devrait être intégrée dans les modèles de radioprotection car elle peut exacerber ou compliquer les pathologies résultant d'une contamination interne'' (ibid).

    L'IRNS rapporte que ''l'ensemble de la communauté scientifique admet maintenant que les estimations de risque consécutifs aux contaminations internes sont entachées d'incertitudes et que le concept de risque est délicat à utiliser'' (IRNS, 2005-20 : 26).

    ''La CIPR (...) ne traite que des expositions ''contrôlables'', c'est-à-dire dont le niveau peut être diminué par des mesures de protection, en excluant donc tous les radionucléides pouvant avoir un rôle métabolique dans le corps humain'' (IRNS, 2005-20: 19). ''Le problème majeur est que, si ces incertitudes sont reconnues, elles sont difficilement quantifiables et que nous ne possédons pas, dans l'état actuel des connaissances, les éléments nécessaires pour améliorer le système de radioprotection actuellement en vigueur'' (IRNS, 2005-20 : 26)

    (voir le mot ''incertitude'' dans la pub.103 de la CIPR)