Libre opinion - Une erreur à rectifier

Lettre à Paul Piché

Cher Paul, comme, pour mon plus grand plaisir, nous nous connaissons, je me permets de te tutoyer.
 
D’abord, le texte publié dans Le Devoir le 31 août dernier comporte une erreur majeure. Tu écris : « Ces deux partis veulent remplacer le référendum par un processus plus compliqué, qu’ils prétendent plus inclusif. Ils veulent faire élire des membres d’une assemblée qui va rédiger une constitution. Ils espèrent que l’assemblée va naturellement conclure de ses discussions que le Québec doit être souverain, de gauche et écologique. Ils vont ensuite soumettre cette constitution à un référendum. Ils ne peuvent pas ignorer qu’il existe au Québec un nombre considérable de gens qui sont contre la souveraineté. À l’élection des membres de cette assemblée constituante, ces gens voteraient pour des fédéralistes qui, à leur tour, empêcheraient tout consensus pour la souveraineté. »
 
La démarche de constituante que tu décris est celle de Québec solidaire — et je souscris à la critique que tu en fais —, mais non pas celle d’Option nationale (ON) !!! Que ce soit bien clair : ON propose la création d’une constitution d’État souverain, et cette dernière caractéristique est essentielle et assurée.
 
Cela est écrit dans les premières lignes du programme d’ON ; j’en déduis donc que tu ne l’as pas lu, ou alors trop brièvement.

Quant à ta critique sur l’opportunité de faire voter à la fois une constitution et l’indépendance, je l’accueille avec intérêt, sauf que tu oublies les avantages de cette démarche : un OUI viendrait clore un processus transparent, plutôt qu’enclencher une négociation dont on ne sait pas où et quand elle aboutirait.
 
Mais, de toute façon, il reste un problème fondamental à ton plaidoyer : tu échafaudes toute ta comparaison sur un référendum… que le Parti québécois ne s’engage pas à faire !
 
Ce que le PQ propose, c’est d’aller réclamer des pouvoirs de province à Ottawa et, parallèlement, de faire du nationalisme provincial à travers diverses mesures. Cela n’est pas du souverainisme. Ou alors la plupart des gouvernements du Québec depuis au moins Duplessis ont été souverainistes. Puis, dans un deuxième temps, il y a ce qui n’est qu’une hypothèse de référendum « au moment jugé opportun », un jour, peut-être.
 
Comme tu le sais aussi bien que moi, le PQ a déjà voulu créer ce « moment opportun » en gouvernant, et il n’a abouti à rien. C’est que le pouvoir use, et il corrompt en peu de temps la capacité ou la volonté de faire des référendums. De plus, un bon gouvernement de province tend à démontrer que la souveraineté n’est pas nécessaire, ce qui n’est pas de nature à favoriser les fameuses « conditions gagnantes ».
 
C’est pour cela que, au cas où le passé serait garant de l’avenir, nous avons choisi de fonder un parti voué à proposer et à défendre l’indépendance du Québec sans faux-fuyant, de façon enthousiaste et assumée. Nous pensons que cette grande idée mérite un tel véhicule.
 
Si tu veux nous convaincre, Jean-Martin Aussant, moi-même, les cinq mille membres d’ON et tous ceux qui nous appuient, de nous rallier à un parti qui ne s’engage à rien à ce sujet, même en faisant mieux tes devoirs, tu n’auras probablement que peu de succès.

***

Nic Payne - Candidat d’Option nationale dans Mercier

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8 commentaires
  • dimitri rocheleau - Inscrit 4 septembre 2012 03 h 19

    Une erreur à rectifier

    Merci M. Nic Payne pour cette rectification.

  • Renée Houde - Inscrit 4 septembre 2012 04 h 21

    M. Aussant est un Vendeur de Rêves

    J'ai écouté le vidéo ABCD de la souverainet. avec M. Aussant et il ment beaucoup prenant avantage de la naivité de ses sujets qui sont plus la plus part des jeunes. Je suis furieuse qu'on puisse alouer ces tromperies!!!

    • Hugo Robillard Auger - Inscrit 4 septembre 2012 07 h 12

      Précisez S.V.P!

    • Patrick Bengio - Inscrit 4 septembre 2012 07 h 47

      Et quels sont les mensonges en question? En quoi sommes-nous, les jeunes, plus naif que les vieux?

  • Raymond Labelle - Abonné 4 septembre 2012 06 h 48

    ON: l'indépendance de facto sans nécessairement la majorité de la population et questions.

    La position d'ON est en effet claire. Par exemple si ON obtient la majorité des sièges avec 34% des voix, il fera la souveraineté de facto du Québec qui, justement, se définit par la capacité de faire toutes ses Lois, de lever tous ses Impôts et de signer les Traités (LIT). C'est en effet clair. Est-ce démocratique? C'est une autre question...

    D'autres choses sont moins claires. Et si la Constitution est rejetée dans le référendum, cela sera-t-il interprété comme un rejet de cette constitution en particulier ou du principe de l'indépendance? Si c'est interprété comme un rejet de l'indépendance, un "non" serait-il suivi d'une rétrocession des pouvoirs du LIT pris de la juridiction fédérale après l'élection?

  • Max Windisch - Inscrit 4 septembre 2012 10 h 12

    quelle souveraineté?

    D'un point de vue pratique, dans une comparaison avec le PQ, il faut estimer les chances qu'ON soit jamais élue. En tout respect, ça semble peu probable.

    Dans le plaidoyer de M. Piché, je me suis demandé de qui il voulait se libérer... des Anglais? du contrôle des grandes entreprises? du karma? Quelle est la libération désirée, et quelle liberté en attendre?

    Un pays c'est fait pour durer. Comment pourrait-on le fonder sur des conditions passagères? Pour moi il s'agit d'être, tout simplement. Vouloir être Québécois; vouloir que le Québec soit. Non pas être libre - nous ne le serons jamais; non pas être plus riche - l'aridité frappera tôt ou tard; non pas être autonome - il n'y a qu'une terre, et nous sommes tous dépendants les uns des autres; non pas non plus être meilleur que les autres. Simplement être. Mais qu'est-ce que ça vaut, être, en 2012? Je crois que c'est une question qu'il faut se poser.

  • Pierre Schneider - Abonné 4 septembre 2012 11 h 01

    Petit raccourci

    Comme le disait si bien Monsieur Net, j'utiliserai un petit raccourci pour illustrer les propos de M. Payne.

    Est-ce que les Qubébécois (opposés à environ 87%_ à la monarchie britannique) voteraient oui à une constitution de type républicain ou préféreraient-ils demeurer des sujets de la Reine ?

    Une telle démarche, enchâssée dans une constitution nationale et citoyenne québécoise, constitue la meilleure assurance de notre indépendance et de notre statut de pays à part entière.