Libre opinion - Mon appel aux souverainistes

Trois partis souverainistes se disputent les votes des Québécois à cette élection, mais un seul des trois nous propose une démarche qui peut réellement conduire à la souveraineté : le Parti québécois.

Qu’on me comprenne bien : je ne doute pas des intentions souverainistes de Québec solidaire et d’Option nationale. Mais après avoir lu leurs programmes, je doute qu’ils mènent à la souveraineté.


Ces deux partis veulent remplacer le référendum par un processus plus compliqué, qu’ils prétendent plus inclusif. Ils veulent faire élire des membres d’une assemblée qui va rédiger une constitution. Ils espèrent que l’assemblée va naturellement conclure de ses discussions que le Québec doit être souverain, de gauche et écologique. Ils vont ensuite soumettre cette constitution à un référendum.


Ils ne peuvent pas ignorer qu’il existe au Québec un nombre considérable de gens qui sont contre la souveraineté. À l’élection des membres de cette assemblée constituante, ces gens voteraient pour des fédéralistes qui, à leur tour, empêcheraient tout consensus pour la souveraineté.


Gageons que Power Corporation et les partis fédéralistes vont bien organiser l’échec de la discussion sur la constitution. Ils ne peuvent pas ignorer non plus qu’il y a aussi au Québec des gens qui ne sont pas de gauche, y compris parmi les souverainistes. En écrivant une constitution AVANT le référendum plutôt qu’APRÈS, on les exclut ? Même le fait de choisir à l’avance un régime républicain plutôt que parlementaire donne des raisons de plus d’être contre la souveraineté. Au lieu d’additionner, on soustrait.


Le regretté Pierre Falardeau le disait très clairement aux premiers moments de Québec solidaire : « Dire que tu mets des conditions à l’indépendance, c’est pas de gauche. La liberté, c’est une valeur en soi. La libération des femmes, c’est pas pour quelque chose. C’est positif en soi. Donc la liberté des peuples, c’est pareil. »


Au contraire. Un gouvernement du PQ ne va pas entraîner le Québec dans une consultation vouée à l’échec, ni dans un référendum perdant. Mme Marois — j’en sais quelque chose pour avoir siégé à son comité pour la souveraineté — espère pouvoir conduire le Québec à la souveraineté au cours des premières années. Elle va affirmer les valeurs et les besoins du Québec comme jamais auparavant, notamment en matière d’identité. Elle va faire la pédagogie de la souveraineté. Et lorsque ce travail aura porté fruit, il y aura un référendum. Le référendum portera sur la question la plus rassembleuse possible : l’idée même de liberté pour le Québec.


Et la date? Je dois avouer qu’en tant que souverainiste pressé, je ne veux pas d’une date de référendum. Promettre un référendum rapidement dans un premier mandat a été une très bonne stratégie pour Jacques Parizeau. Mais aujourd’hui, le contexte a changé. Inutile de répéter la même stratégie. Ce qu’il nous faut maintenant, c’est avoir l’assurance qu’on pourra faire avancer cette cause. Si cette cause avance, vous m’en verrez très heureux, puisqu’au dernier référendum, le résultat nous plaçait aux portes du pays. Un pas de plus et on y entre.


J’appelle donc tous les souverainistes à faire comme moi et à voter pour leurs candidats du Parti québécois dans chaque circonscription du Québec. Pas seulement parce que l’unité fait la force. Mais surtout parce que c’est, de très loin, le meilleur programme souverainiste, le seul qui nous donnera au final une maîtrise totale de nos choix de société.

28 commentaires
  • Audrey Perreault - Inscrite 31 août 2012 02 h 40

    Erreur importante à propos d'Option nationale


    Cher Paul,

    D'abord, ton texte comporte une erreur majeure : la démarche de constituante que tu décris est celle de Québec solidaire--et je souscris à la critique que tu en fais--,et non pas celle d'Option nationale. Que ce soit bien clair:ON propose la création d'une constitution d'état souverain, et cette dernière caractéristique est assurée.

    Cela est écrit dans les premières lignes du programme d'ON; j'en déduis donc que tu ne l'as pas lu, ou alors trop brièvement.

    Cependant, j'accueuille ta critique sur l'opportunité de faire voter à la fois une constitution et l'indépendance; or, peut-être ne sais-tu pas que les experts nous ont recommandé cette façon de faire parcequ'elle confère au référendum, je crois, une effectivité que n'avaient pas ceux de 80 et 95.

    Cela étant dit, il reste un problème fondamental à ton plaidoyer : tu échafaudes toute ta comparaison sur un référendum... que le PQ ne s'engage pas à faire !

    Ce que le PQ propose, c'est de réclamer des pouvoirs de province à Ottawa, et de faire du nationalisme provincial. Cela n'est pas du souverainisme. Ou alors la plupart des gouvernements du Québec depuis au moins Duplessis ont été souverainistes.

    Dans un deuxième temps, il y a ce qui n'est qu'une hypothèse de référendum "au moment jugé opportun", un jour, peut-être.

    Comme tu le sais, chaque fois que le PQ a voulu créer ce "moment opportun" en gouvernant, il n'a abouti à rien. C'est que le pouvoir use, il corrompt la capacité de faire des référendums. De plus, un bon gouvernement de province tend à démontrer que la souveraineté n'est pas nécessaire.

    Au cas où le passé serait garant de l'avenir, nous avons choisi de fonder un parti voué à proposer et défendre l'indépendance du Québec sans faux-fuyant, de façon enthousiaste et assumée.

    Si tu veux convaincre les cinq-mille membres d'ON, et tous ceux qui nous appuient, de nous rallier à un parti qui ne s'engage à rien, même en faisant mieux tes devoirs, tu n'auras que bien peu de succès.

  • Philippe Hébert - Inscrit 31 août 2012 03 h 29

    Erratum

    Monsieur Piché,

    Je me dois de corriger vos dires. Vous dites que la méthode d'accession à l'indépendance proposé par QS et ON est plus compliquée et la même pour les deux partis.

    Hors, ce que vous indiquez dans votre lettre, est le processus de QS. QS propose effectivement à tous les québécois, incluant les fédéralistes à participer à l'élaboration d'une constitution québécoise.

    Option Nationale ferait rédiger une constitution québécoise qui serait rédigé par les acteurs souverainistes de notre société. Soit le PQ, le NMQ, QS, ON, le conseil de la souveraineté, etc.. Pas de fédéralistes qui rédige cette constitution. Nos valeurs communes y seraient tous inscrite. Une déclaration d'inqépendance du Québec y serait inscrite, ce n'est pas négociable.

    Ensuite le gouvernement d'Option Nationale consultera par référendum populaire la population afin de savoir si elle désire cette constitution ou non.

    De plus, Option Nationale, contrairement au PQ et à QS, ne demande pas aux fédéralistes de voter pour eux. Au contraire, ils veulent les convaincre et les invite à venir leurs poser leurs questions.

    Permettez-moi de vous poser une question Monsieur Piché, pourquoi le PQ doit-il être au pouvoir pour faire la pédagogie de la souveraineté?

    Option Nationale, tous les jours, parle des bienfaits qu'un Québec indépendant pourrait apporter à ces citoyens. Et ce discours clair, attire les jeunes. Les jeunes qui ne votent pas, les jeunes qui ne se sont jamais intéressé à la chose politique avant. Option Nationale est en train de multiplier le vote souverainiste, pas en train de le diviser.

  • François Ricard - Inscrit 31 août 2012 07 h 29

    L'ON: la simplicité même

    Une fois élue, l'ON met le processus de souveraineté en branle.
    Elle fait son LIT: Lois, Impôts et taxes, Traités.
    Dans tous ces domaines, le gouvernement ON posera des gestes souverains. Et, en même temps, siègera une assemblée constituante qui élaborera la constitution du Québec pays.
    Avec l'ON la souveraineté commence dès le premier jour de son accession au pouvoir.
    Pas compliqué du tout. Si vous votez ON, vous votez pour la souveraineté. Immédiate.

    • Raymond Labelle - Abonné 31 août 2012 09 h 59

      C'est en effet très simple. Par exemple si ON obtient la majorité des sièges avec 34% des voix, il fera la souveraineté de facto du Québec qui, justement, se définit par la capacité de faire toutes ses Lois, de lever tous ses Impôts et de signer les Traités (LIT). Démocratique? C'est une autre question...

      Et si la Constitution est rejetée dans le référendum, cela sera-t-il interprété comme un rejet de cette constitution en particulier ou du principe de l'indépendance? Si c'est interprété comme un rejet de l'indépendance, un "non" serait-il suivi d'une rétrocession des pouvoirs du LIT pris de la juridiction fédérale après l'élection?

  • Miguel Tremblay - Abonné 31 août 2012 08 h 29

    QS vs ON

    C'est Québec solidaire qui propose « assemblée [qui] va naturellement conclure de ses discussions que le Québec doit être souverain, de gauche et écologique ». Ce n'est pas Option nationale.

    Si vous aviez lu attentivement la plateforme d'Option nationale, vous constateriez que notre constitution « contiendra une déclaration de souveraineté du Québec ».

    Voilà une proposition claire, que vous ne retrouverez pas non plus au PQ, pour faire la souveraineté du Québec.

    Miguel Tremblay
    Candidat d'Option nationale Laurier-Dorion

  • Jacques Saint-Cyr - Inscrit 31 août 2012 08 h 50

    Quelle est votre martingale?

    Le 4 du neuvième mois, la date des élections, entre en harmonie avec Jupiter et Junon. C'est donc que les souverainistes ont raison. Mais cette conjonction céleste indique également que tous les souverainistes se valent, par leur amour du rêve.
    Deux plus deux font quatre. Fallait y penser.