Libre opinion - La population de Saguenay se réveille!

Depuis que Jean Tremblay est maire de Saguenay, nous sommes témoins presque toutes les semaines des relents autoritaires du premier magistrat. Délégations des pouvoirs du Conseil municipal au Conseil exécutif formé de non-élus, période de questions hostiles lors des séances du conseil, étiquetage négatif des citoyens qui ne pensent pas comme l’administration de la municipalité, aucune prise de position des conseillers municipaux, forte présence religieuse… Bref, les preuves de ce spectre sont nombreuses et se sont même érigées en système.


Les derniers propos à teneur raciste du maire Jean Tremblay ont fait réagir fortement de nombreuses personnes dans la région, amenant même une mobilisation mardi dernier lors du conseil d’arrondissement de Chicoutimi. Mis à part un appui inconditionnel au maire de la part des conseillers pour une nouvelle fois, nous avons pu assister à un élément nouveau de cet autoritarisme qui plane sur la ville : un service de police qui avait plutôt l’air d’une milice politique.


En effet, à la suite du conseil d’arrondissement, il n’a fallu que quelques minutes pour que la manifestation qui a quitté l’hôtel de ville soit déclarée illégale par la Sûreté municipale de Saguenay et que la foule soit dispersée en invoquant la loi 12. Fait étonnant quand nous prenons référence sur les dernières manifestations étudiantes dans la région, qui ont été déclarées illégales, mais tolérées en raison du caractère pacifiste des manifestants.


De nombreux citoyens présents ont été assez perturbés par les propos tenus par des agents qui intervenaient de façon provocatrice. Une mère accompagnée de ses enfants et s’exprimant en espagnol a même été interpellée par un policier qui lui a lancé : « Vous en montrez des belles affaires à vos enfants » lorsqu’elle a scandé : « El pueblo unido jamás será vencido » en choeur avec le contingent. D’autres ont subi les railleries de certains agents qui riaient de façon très expressive des revendications du groupe. Un policier, visiblement en position d’autorité sur ses autres collègues, s’est même permis de venir argumenter de façon incisive avec un militant en tournant en dérision le combat que le groupe menait. Cette façon d’intervenir de la SMS a soulevé de grandes questions parmi les manifestants. Les policiers étaient-ils en mission commandée par leur bailleur de fonds ? Assistons-nous à des gestes désespérés d’une administration publique paniquée qui colle au pouvoir ? Sommes-nous maintenant devant une police politique à Saguenay ?


Néanmoins, je suis revenu chez moi après ces événements avec un profond sentiment d’espoir en l’avenir de notre ville. Lors de ce rassemblement, jeunes, aînés, personnes immigrantes, tous ont fait front commun afin de dénoncer les propos inacceptables tenus par Jean Tremblay. Des personnes, dont plusieurs qui ne sont pas des habituées des manifestations, ont dénoncé les propos et les gestes des policiers. Elles ont été sensibilisées à la réalité de l’abus de pouvoir qu’ils exercent depuis des mois dans les rues de Saguenay et de partout au Québec.


Depuis quelques jours, j’avais honte d’habiter Saguenay, mais grâce à la combativité d’une partie de la population, les masques tombent. Les gens prennent conscience qu’il n’est pas normal de subir ce musellement quotidien, que les politiciens et politiciennes devraient être au service de la population et non le contraire. Les mobilisations étudiantes font des petits : on voit un désir de changement profond et une réappropriation de l’espace public par les citoyens. Ne baissons pas les bras ; cela est possible, même en région… même à Saguenay !

***

Stéphane Dufour - Rivière-du-Moulin

12 commentaires
  • Réal Giguère - Inscrit 24 août 2012 06 h 57

    Comme le maire Labeaume

    le maire Tremblay au Saguenay jouit de 80% d'appui de la population.

    • Jacques Gagnon - Abonné 24 août 2012 16 h 02

      Je vous corrige, cet homme a été élu par le désintéressement et l'apathie de 50 % de la population qui n'a pas voté. Donc 40 % de la population l'appuie ou ne sait pas ce qu'elle fait, à votre choix.

    • William Gauthier - Inscrit 24 août 2012 21 h 17

      Labeaume me semble pas mal plus brillant!

    • France Martin - Inscrite 25 août 2012 09 h 56

      D'où tenez-vous ces chiffres? Donnez-nous vos sources monsieur Gagnon. Et si c'est le cas, votre population fait pitié.

  • Jean Lapointe - Abonné 24 août 2012 08 h 52

    Je suis heureux de l'apprendre

    Vous dites que «Les gens prennent conscience qu’il n’est pas normal de subir ce musellement quotidien, que les politiciens et politiciennes devraient être au service de la population et non le contraire.»

    Je suis très d'apprendre ce que vous nous dites monsieur Dufour.

    Lâchez pas.

  • Gilbert Talbot - Abonné 24 août 2012 08 h 57

    Nous ne baisserons pas les bras.

    J'étais à cette manifestation avec Stéphane Dufour. Après que la police nous eut dispersés, on s'est rejoint sur Facebook pour commenter et organiser la suite. Non ce maire-là ne l'emportera pas au Paradis. C'est en enfer qu'il va se retrouver s'il ne confesse pas ses péchés d'abus de pouvoir, de névrose xénophobique et de disfonctionnement verbal.

  • France Marcotte - Abonnée 24 août 2012 10 h 18

    Surréalisme au royaume du poirot

    Seigneur!
    J'ai lu cette lettre, monsieur Dufour, comme un appel au secours, un signal de détresse lancé du fond de l'isolement d'un petit royaume séquestré par un petit dictateur idiot.

    Quel courage vous avez eu de vous y opposer ouvertement!

    «Les gens prennent conscience qu’il n’est pas normal de subir ce musellement quotidien, que les politiciens et politiciennes devraient être au service de la population et non le contraire.»

    On devrait être horrifiés que de telles paroles doivent être prononcées au Québec en 2012.
    Mais elles ont un petit air de déjà vu, déjà entendu, auquel on a l'habitude, qui ne surprennent pas comme elles le devraient.

    • France Marcotte - Abonnée 24 août 2012 10 h 59

      Plutôt:
      ...elles ne surprennent pas comme elles le devraient.

    • Jacques Gagnon - Abonné 24 août 2012 20 h 58

      J'ajouterai au pire madame Marcotte. Pensez à tous les hommes d'affaires, professionnels, entrepreneurs et autres personnes publiques, ces gens qu'on accuse souvent de corrompre les politiciens. En tant que chef d'entreprise vous avez des partenaires obligés dans toutes les sphères, des gens dont vous avez besoin pour vous aider ou ne pas nuire, dont ce diable de politicien. N'oubliez pas que tout le monde fait son impôt, paie des déductions à la source et donc transige minimalement avec le gouvernement.

      Or ce dernier monnaye volontiers son aide ou son innocuité, si petite soit-elle. Alors que font-ils ceux qui doivent survivre ? Ils ferment leur trappe et mettent leurs convictions et opinions dans le placard pour éviter le banc des punitions. Tous ces gens n'ont pas liberté de parole. Le silence est le prix à payer si vous voulez survivre.

  • Mange De la Marde - Inscrit 24 août 2012 10 h 53

    CRS québécois

    M. Stéphane Dufour,

    N’accordez pas autant de mérite à la force constabulaire : vous avez simplement été témoin d’une tentative de provocation policière, dont le but est d’obtenir un prétexte pour taper dans le tas.