Libre opinion - Voile aux Olympiques, au détriment des femmes

Pour la première fois dans l’histoire, le voile islamique est autorisé aux Jeux olympiques. Pour contourner l’article 51 de la Charte olympique qui stipule qu’aucune «… sorte de démonstration ou de propagande politique, religieuse ou raciale n’est autorisée », le CIO a décidé que le voile n’était plus un symbole religieux, mais un symbole culturel. Aux jeux de Pékin en 2008, le même CIO a pourtant refusé que des athlètes portent un simple badge en faveur des droits de la personne. Pas assez «culturel», j’imagine ?


La principale raison invoquée pour justifier l’autorisation du voile est la volonté de ne pas exclure des Jeux des femmes qui n’y auraient pas accès si elles ne se voilaient pas, soit parce que le voile fait partie de l’uniforme officiel de leur délégation, soit parce qu’elles refusent d’elles-mêmes de se dévoiler en public quelles que soient les circonstances.


J’ai toujours eu de la sympathie pour les femmes contraintes de se voiler et je ne souhaite nullement qu’on les empêche de s’émanciper par le sport, mais en permettant le voile aux Jeux olympiques, c’est l’émancipation des athlètes non voilées qu’on risque de compromettre.


Déjà, le voile islamique a pu être observé dans les délégations de 14 pays. S’il finit par y devenir obligatoire, comme c’est déjà le cas pour quelques délégations, ce sont les athlètes musulmanes non voilées de ces 14 pays qui seront exclues des Jeux olympiques, et d’autres délégations pourraient inclure le voile dans leur uniforme.


On ne peut comparer une contrainte psychologique à un règlement officiel : c’est volontairement qu’une femme, qui pourrait se dévoiler mais refuse de le faire, s’empêche de participer à différents sports alors qu’une femme contrainte de se voiler pour y participer n’exerce pas un libre choix en le faisant. Pourquoi hiérarchiser ainsi les droits des femmes ?

 

Un droit sacrifié


On hiérarchise également les différentes dispositions du droit à la liberté religieuse qui comprend, on a tendance à l’oublier, le droit de ne pas se faire imposer une coutume religieuse. Les athlètes musulmanes désirant pratiquer leur sport tête nue devraient pouvoir le faire sans problème. C’est ce droit-là qu’on sacrifie au nom d’un politiquement correct hypocrite tout en piétinant la Charte olympique.


Lorsque la France a interdit le port du voile dans les écoles publiques non confessionnelles, on a prétendu que les parents musulmans traditionalistes allaient retirer massivement leurs filles des écoles publiques pour les inscrire dans des écoles musulmanes. La menace ne s’est pas concrétisée et maintenant ces jeunes filles, dont plusieurs ont été contraintes de se voiler, peuvent enfin retirer leur voile quelques heures par jour et s’intégrer davantage à la société française en participant aux mêmes activités que leurs camarades.


En terminant, le voile est systématiquement accompagné de vêtements couvrant tout le corps et un tel habillement pour des Jeux d’été, surtout en période du ramadan, peut nuire autant aux performances sportives qu’à la santé.


La différence entre une médaille d’or et une médaille d’argent étant souvent affaire de fractions de seconde, je ne crois pas que ceux qui obligent des athlètes à se voiler s’intéressent réellement à leur récolte de médailles. Ils me semblent davantage intéressés par l’occasion de se servir des Jeux comme d’une vitrine pour l’islam pour imposer une vision unique de la femme musulmane : celle d’une femme voilée.

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Minona Léveillé - Montréal

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