Libre opinion - Gare au modèle de l’« Université McDonald »

La grève des étudiants contre l’augmentation radicale et rapide des droits de scolarité apparaît comme le symptôme d’un malaise profond par rapport au détournement de la mission de certains services publics et, en particulier, de la mission essentielle de l’enseignement supérieur.


Depuis les années 1960 et le rapport Parent, on a toujours tenu pour acquis que l’éducation devait être gratuite et accessible à tous. On parlait alors d’un droit fondamental. Depuis quelques années, les libéraux qui nous gouvernent ont choisi d’accentuer le modèle nord-américain du financement et la marchandisation de l’éducation, de plus en plus conçue comme une affaire qui doit devenir rentable. Le concept de l’utilisateur-payeur s’insinue peu à peu. L’étudiant doit payer. Le professeur doit rapporter.


« Faites votre juste part ! », dit le premier ministre. Sans aucun doute, la part de l’étudiant c’est d’étudier, pas de travailler au dépanneur, au restaurant, au poste d’essence ou dans un hôtel pour arriver à joindre les deux bouts. La part du professeur est d’abord et principalement d’enseigner, pas de monter des dossiers pour obtenir des subventions ou ne faire que de la recherche commanditée par les grandes entreprises pour leurs besoins spécifiques.


La vocation fondamentale de l’université est de former des êtres humains libres, compétents et responsables, capables de création, de réflexion et de pensée critique afin d’améliorer le sort de tout un chacun dans la société. Il s’agit là d’un service public, sans doute le plus essentiel, qu’il ne faut surtout pas laisser entre les mains des chercheurs de profit.


Aujourd’hui, on demande aux professeurs d’obtenir des contrats et de monter des dossiers complexes pour obtenir des subventions de recherche et mériter ainsi leur avancement, et l’on confie les charges d’enseignement à des chargés de cours que l’on paie beaucoup moins… en quelque sorte en sous-traitance.


À cette déviation de la mission enseignante de l’université s’ajoute une vive compétition entre les universités qui entraîne des dégâts importants : coûts publicitaires aberrants, diplomation garantie (donc au rabais) pour figurer en bonne place dans des palmarès aux critères discutables et maraudage de clientèles hors du territoire naturel pour gonfler les statistiques.


Les universités ne doivent pas être au service du marché, des entreprises, au service du développement de l’économie du savoir ; elles ne doivent pas être empêtrées dans les dogmes du capitalisme comme le souhaite de façon simpliste l’homme d’affaires François Legault, chef de la Coalition avenir Québec.


Un État, une ville, une province, un village, une université ne sont pas des entreprises privées. Ce sont des organismes publics au service de la collectivité et du bien commun. Les gérer comme des entreprises privées, en fonction des coûts, des rendements et des profits financiers, c’est les détourner de leur mission fondamentale.


La recherche appliquée au service des entreprises se trouve à être financée par les deniers publics lorsqu’elle accapare l’activité universitaire au détriment des besoins de l’enseignement et de la formation, au détriment de la recherche libre, indépendante et fondamentale à long terme.


L’université doit être libre, démocratique, autonome et universelle. Elle doit être au service de la collectivité, du peuple et de la démocratie. L’enseignement et la recherche universitaire doivent être principalement au service de l’homme et de l’être humain en général, pour le mieux-être de toute la société, et ce, dans tous les domaines. Il faut choisir entre le modèle de la Sorbonne et celui de la « Hamburger University McDonald » qui s’occupe, en Illinois, de la formation des gérants de la chaîne.


Combler le sous-financement des universités par l’augmentation des droits de scolarité est une autre aberration qui ne tient pas la route. Beaucoup de sommes d’argent dans le réseau de l’éducation pourraient facilement être récupérées et mieux orientées à cette fin. Le professeur Omar Aktouf, de HEC, en dresse une liste de plus de 32 millions de dollars publiée dans l’ouvrage Université inc. des politologues Éric Martin et Maxime Ouellet.


La révolte étudiante est une saine réaction à cette logique budgétaire qui ne sert que les intérêts de quelques-uns, les nouveaux oligarques puissants qui veulent faire main basse sur les universités, les détourner de leur vocation et de leurs rôles fondamentaux, et les utiliser pour s’enrichir sans en mesurer les conséquences.


Transformer l’université en école de formation pour les entreprises multinationales, comme l’Université McDonald aux États-Unis, est une aberration. Le rôle de l’université ne consiste pas à aider et soutenir les restaurants McDonald, pas plus que les grandes sociétés pétrolières ou gazières, pas plus que les grandes sociétés pharmaceutiques.

36 commentaires
  • Marcel Bernier - Inscrit 12 juillet 2012 03 h 13

    Belle analyse structurée...

    Et qui subsume l'essentiel.

  • Michel Richard - Inscrit 12 juillet 2012 07 h 20

    Ça ne veut rien dire

    "marchandisation de l'éducation" ça ne veut rien dire. C'est une expression tellement vague qu'elle devient vide de sens.
    Et ce n'est surtout pas parce que la part des coûts supportée par les étudiants passe de 13% ou 14% à 18% ou 19% qu'on change quoique ce soit de fondamental à la mission universitaire.
    Oui l'éducation, l'éducation supérieure même, est un droit; mais tout ce qui est important c'est qu'elle soit accessible. Ce qu'elle est et demeurera. Et nos étudiants peuvent bien marcher et mâcher de la gomme en même temps, ils peuvent étudier et travailler, c'est pour ça qu'il y a une pause l'été, pour que les étudiants puissent travailler. Et ils peuvent même travailler pendant les sessions aussi, c'est parfaitement possible sans grande difficulté.

    Il n'y a pas de grands principes, rien qui mérite de grandes envolées lyriques dans le débat actuel: seulement une question de sous et de corporatisme pur et simple. Rien d'autre que du "pas dans ma cour"

    • Marie-Élaine Mineau - Inscrit 12 juillet 2012 09 h 35

      Vous n'avez manifestement pas lu le texte.

    • Marc Bourdeau - Abonné 12 juillet 2012 09 h 56

      De Louis.Marc.Bourdeau@Gmail.com

      On pourrait rappeler ici à Monsieur Richard,que les universités québécoises dépensaient en 2009 en moyenne plus d'argent que les universités du ROC, soit 500$ de plus avec, en chiffres ronds 29200$:

      http://www.iris-recherche.qc.ca/wp-content/uploads (page 5)

      Il n'y a pas de sous-financement universitaire au Québec par rapport au ROC.

      Et aussi lui rappeler que l'éducation, que ce soit à l'université ou à tous les autres niveaux, est un investissement collectif, pas une marchandise que les étudiants viennent s'acheter pour leur bien individuel.

      L'éducation est la principale source de notre richesse collective. Voir à ce sujet un autre commentaire de ma part à ce même article.

    • Kavin Hébert - Inscrit 12 juillet 2012 09 h 59

      Marchandisation de l'éducation a bel et bien une signification : 1) assujétir et adapter les formations scolaires aux impératifs de l'économie de marché, 2) faire de l'étudiant un client qui se réduit à un payeur de service 3) par conséquent, réduire l'accessibilité à ceux et celles qui ont la capacité de payer 4) instaurer une climat de compétition entre les professeurs-chercheurs dont le critère s'établit en fonction de sa capacité à faire rayonner l'université, 5) abdication au dogme de l'économie du savoir : valoriser la recherche appliquée au détriment de la recherche fondamentale, soi-disant parce que cette dernière ne rapporte pas un rond aux entreprises.

    • Michel Richard - Inscrit 12 juillet 2012 10 h 26

      Mme Mineau
      Ne vous inquietez pas, je l'ai lu.

      "logique budgétaire qui ne sert que . . . les nouveaux oligarques puissants qui veulent faire main basse sur les universités " Je répète que ce ne sont que des mots en l'air qui n'ont aucune réelle fondation.

    • Michel Richard - Inscrit 12 juillet 2012 10 h 31

      Mme Savignac,
      J'ai pas paré de sur-financement, sous-financement ou mal-financement. J'ai simplement dit que les questions auxquelles on fait face présentement ne sont pas de nature à remettre en question quelque grand principe que ce soit.
      L'augmentation des droits de scolarité dont il est question, surtout lorsque couplée à l'amélioration des programmes de prêts et bourses, n'est pas de nature à changer la nature collective ou individuelle de l'ainvestissement. Même après l'augmentation des droits, ce sera quand même la collectivité qui paiera plus de 80% des coûts !
      Comment peut-on alors prétendre parler de "marchandise" que les étudiants viennent acheter pour leur bien individuel.

    • Viviane Genest - Inscrite 12 juillet 2012 11 h 37

      1- Les étudiants payent déjà leur part par leur impôts, puisqu'ils payeront en moyenne 500,000$ de plus q'un non diplômé.

      2- Monter les frais et donner des prêts, ça profite juste aux banques.

      3- Les étudiants ne sont pas des utilisateurs puisque l'éducation n'est pas un service mais un droit.

      4- Il est plus que temps que le Québec prennent des mesures pour encourager les études supérieures. L'innovation demande parfois plus qu'un bacc.

    • Gilles Théberge - Abonné 12 juillet 2012 13 h 02

      Lire n'est pasa tout monsieur Richard, il faut aussi minimalement comprendre la portée de ce que l'on lit...

    • Michel Richard - Inscrit 12 juillet 2012 14 h 25

      M Théberge,

      Vous me faites bondir ! Ce n'est pas parce que je ne partage pas votre point de vue que je suis incapable de comprendre le sens de ce que je lis.
      Je déteste cette attitude selon laquelle quiconque n'est pas de votre avis est forcément taré.

      Mme Genest,

      Lisez ce que vous venez d'écrire. Les étudiants n'ont pas "déjà" payé leur part, les impôts dont vous parlez ne seront payés qu'à l'avenir, en théorie. Cet argument des impôts futurs ne tient d'ailleurs pas la route. Si les étudiants paieront plus d'impôt, c'est qu'ils gagneront plus d'argent. Votre argument éclipse la part du revenu supplémentaire qui reste dans les poches des anciens étudiants (après impôts). Si les étudiants peuvent s'attendre à gagner plus, pourquoi ne paieraient-ils pas plus au moment des études ?

      Le fait que l'éducation soit un droit n'implique aucunement qu'elle doive être gratuite (au moins quand on parle d'université).

      Et puis M ou MMe Hébert (je sais pas)
      Je sais bien qu'on fait référence à ce que vous décrivez. Ce que je dis, c'est que ça demeure de la bouillie pour les chats. En quoi, par exemple, les cours d'histoire ou de philosophie, à l'université, sont-ils "assujettis à l'économie de marché" ? Voyons donc.

    • Benjamin Constantineau - Inscrit 12 juillet 2012 21 h 29

      M Richard,

      Je ne crois pas que de baser l'éducation de notre société sur le crédit soit une bonne idée.
      Si nous pouvions faire payer les citoyens pour leur éducation au moment où ils ont de l'argent, ne serais-ce pas mieux que de leur imposer ces coûts au moment où ils ne peuvent pas payer, ce qui les fera également payer de l'intérêt sur le prêt qu'ils devront contracter?
      Il me semble qu'il serait plus sain de fournir une éducation "gratuite" à ceux qui désirent l'avoir et de taxer les diplomés pour la financer, suivant un concept de "renvoyer l'ascenseur" (lire ici : étudier "gratuitement", puis aller travailler et payer pour que la génération suivante étudie "gratuitement").
      Cette mesure aurait l'avantage de combattre l'endettement de la population, surtout pour des gens entre 18 et 30 ans, qui commencent leur carrière et/ou à s'établir et/ou à fonder une famille.

      Je suis toutefois d'accord avec vous sur le fait que le droit à l'éducation n'implique pas sa gratuité. Je crois par contre que l'on devrait considérer l'éducation comme un devoir et non comme un droit.

  • Michel Lebel - Abonné 12 juillet 2012 07 h 49

    Le courant à suivre?

    Je partage plusieurs éléments de cette analyse. Oui! Un des plus grands problèmes est que l'université a perdu sa finalité première. Elle ne sait plus qui elle est, elle n'est plus défendue dans son essence. Elle est trop souvent aux mains de gestionnaires sans doute gentils et en général techniquement compétents, mais à courte vue, sans grande vision. Ajoutons que nos universités sont devenues des multiuniversités où à peu près tout est enseigné. L'université n'est plus "une"!

    Mais nos universités sont aussi inévitablement le reflet de nos sociétés. Elles ne vivent pas en vase clos! Et nous vivons dans une société marchande, à forte consommation. "La" question: l'université doit-elle suivre ce courant ou aller à l'encontre? Je crois bien que c'est le temps de réfléchir sérieusement et collectivement à la question. Le fruit est mûr pour faire le point et faire des choix.


    Michel Lebel
    Ancien professeur d'université

    • Gilles Théberge - Abonné 12 juillet 2012 13 h 18

      Il me semble, je vous le dis en tout respect bien entendu, que vous devriez relire ce texte...

      Ne sommes-nous que les passagers passifs d'une société, comme d'un train que nous laissons nous emporter dans son devenir incluant ses dérives?

      Et il est certainement légitime de voir la marchandisation de tout, même si apparemment elle se généralise, comme étant une pathologie.

      En revanche pourquoi ne serions-nous pas les acteurs vivants qui interagissent de façon dynamique avec leur environnement, pour contribuer à imprimer son cours. Cela pour répondre mieux à l'ensemble de nos besoins. qui ne peuvent pas n'être que matériels ?

  • François Dugal - Inscrit 12 juillet 2012 08 h 26

    Proverbe américain

    «Everything has a price» (Tout a un prix) - Howard Hughes
    Le philosophie du consumérisme se transpose-t-il à l'université?

    • Marc Bourdeau - Abonné 12 juillet 2012 09 h 58

      De Louis.Marc.Bourdeau@Gmail.com

      Non, car l'éducation est un bien public, pas une marchandise donc mais un investissement de la part des états. Rendre l'accès le plus égalitaire possible est essentiel.

      Ne laisser personne sur le quai de ceux qui peuvent et veulent prendre le train.

    • Michel Richard - Inscrit 12 juillet 2012 10 h 33

      Mme Savignac,
      Je répète, vous soumettez un faux argument. L'état continuera à payer 80% des coûts de nos universités.
      Et avec tous les programmes de prêts et bourses en place, je ne crois pas que quiconque qui veut vraiment soit laissé sur le quai.

    • David Boudreau - Inscrit 12 juillet 2012 12 h 09

      @M. Richard. Ceux qui seront laissés sur le quai, ce sont les endettés de demain ( les étudiants ) avec des diplômes sans cesse dévalué par le marché (à part quelques exceptions). L'exemple du modèle américain devrait nous faire craindre le pire.

      http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2012/07/10

      Endetter les individus en échange d'un diplôme, j'appelle cela de la marchandisation de l'éducation au profit des banques.

    • Viviane Genest - Inscrite 12 juillet 2012 12 h 17

      Je répète M. Richard qu'un dplômé paye plus que 100% des coûts de son diplôme à travers le montant d'impôts qu'il paye de plus qu'un non diplômé.

      Je répète aussi que le programme de prêts et bourses sert surtout aux banques. L'étudiant paye, la banques prête, mais c'est pas à coût nul pour le diplômé qui va payer des intérêts.

      Les futurs diplômés devrait payer que le coût de leur diplôme + des intérêts ? Je croyais que je payais des impôts pour que mes enfants puissent aller l'école, pas pour une route dans le grand nord ou autre connerie.

      Faudrait se réveiller, la quantité d'impôts qu'on paye pour la quantité de service qu'on reçoit. Il serait à peu temps à ce qu'on demande à ce que nos impôts soient utilisé vraiment pour la population.

      De plus, le système de prêts et bourses laisse de côté les étudiants qui ne sont pas à la charge de leurs parents, comme la plupart des étudiants de maîtrise, qui reçoivent seulement des prêts en plus de devoir travailler énormément d'heures par semaine. Ce qui affecte néssairement les résultats scolaires.

      Et oui devoir payer 5,000$ de plus pour un diplôme vont empêcher plusieurs d'aller à l'université. Peut-être pas ceux dont le cheminement est direct depuis le cégep, mais surtout ceux qui pensent à un retour à l'école pour améliorer leurs conditions de travail. Des jeunes de 25-30-35 ans qui souhaitent quitter un job de commis ou autre.

    • Michel Richard - Inscrit 12 juillet 2012 14 h 41

      M Boudreau,
      Il y a une contradiction profonde entre votre argument et celui de Mme Genest. Elle dit que les étudiants paieront plus d'impôts, donc que la société devrait payer leurs études.
      Vous dites que les pauvres étudiants seront laissés sur le quai, parce qu'ils seront trop endettés.
      Pourtant, s'ils doivent payer plus d'impôts, c'est qu'ils gagneront plus. Ils devraient donc avoir les moyens de rembourser leurs prêts !
      Et la proportion de son revenu qu'un contribuable conserve est pas mal plus élevée que la part des coûts universitaires qu'il paye. Fait que l'étudiant est nettement avantagé.

  • Normand Ouellet - Inscrit 12 juillet 2012 08 h 59

    La finance au service des citoyens

    i
    Il faudrait plutôt exiger que les banques qui actuellement ont comme finalité de dégager des profits pour une minorité en servant de canaux de distribution de l'argent soient au service des collectivités. Imaginez si les profits des banques servaient à financer l'éducation et les services de santé des citoyens. Je rêve mais, imaginez si la finalité des banques était de financer les services publics!!! Le réseau de distribution de l'argent est un service public car nous avons tous besoin d'argent dans notre système comme nous avons besoin d'eau, d'air ... Exigez une taxe sur les transactions financières pourrait aussi être à considérer.

    Mais cela veut dire d'inverser la pyramide et la minorité en haut de celle-ci ne veut pas être au service de la base. Pourtant, cette minorité ne peut exister sans la base mais en même temps, être au service de la base signifie de perdre des privilèges. C'est un crime de lèse majesté de remettre en question la légitimité de ces privilégiés et mes propos sont dès lors, taxés de vision communiste et démagogique.

    • Michel Richard - Inscrit 12 juillet 2012 09 h 41

      Ce que vous suggérez, c'est nationaliser les banques canadiennes. Et c'est une bonne recette pour un désastre. Nos banques font de gros profits, oui, mais c'est pas mal mieux que des banques qui font faillite, comme on en voit un peu partout autour du monde.
      Si c'est pas brisé, réparez le pas. (comme disent nos amis anglos)

    • David Boudreau - Inscrit 12 juillet 2012 12 h 11

      M. Richard, quand les banques privés font faillites, qui payent la note? Ne serait-ce pas les états?

    • Viviane Genest - Inscrite 12 juillet 2012 12 h 44

      Tout à fait d'accord. C'est pas normal que le peuple soit au service de l'économie et non le contraire.

      La faillite des banques n'est pas due à la nationalisation, mais à l'appât du gain. La crise de 2008 est d'ailleurs due à la dérive du secteur financier en spéculation et autres produits dérivés.

    • Michel Richard - Inscrit 12 juillet 2012 14 h 35

      M Boudreau,
      Vous avez raison, maintes banques privées ont fait faillite, ou sont sur le bord. Cependant, au Canada, ce n'est pas arrivé. Et l'argent de la Société d'Assurance Dépôts du Canada n'est pas celui des contribuables, mais celui des déposants et des Banques, qui paient une prime d'assurance.
      Je répète. Le système bancaire canadien fait l'envie du monde et des efforts sont en cours pour le renforcer. Une nationalisation serait la pire recette.

      Mme Genest,
      "Le peuple au service de l'économie" c'est le genre de formule qui est doux à l'oreille de certains, mais que ne veut rien dire. L'économie, c'est l'ensemble des forces vives d'une population. L'économie c'est ce qu'une population produit, c'est le fruit de son travail et c'est ce qu'elle consomme. Une population serait-elle à son propre service ? Peut-être.

    • Normand Ouellet - Inscrit 12 juillet 2012 17 h 40

      Alors oui, les banques canadiennes fonctionnent à merveille mais il faudrait voir si elles ne préfèrent pas dilapider les profits en rémunération de toutes sortes au lieu de payer des impôts. Les banques font effectivement d'excellentes affaires mais pour qui?

      Parce que ceux au commande des grands pôles d'accumulation de capitaux préfèrent jouer les mécènes comme au temps des grands seigneurs monarchiques, il faut que nos institutions comme les universités par exemple, aillent s'agenouiller pour quémander à ceux-ci. Ces grands seigneurs aiment le discrétionnaire et détestent payer des impôts à une bureaucratie qu'ils considèrent inefficiente. Et sur ce dernier point, ils n’ont pas complètement tort!