Libre opinion – Les coups de matraque

Le rassemblement nocturne visant à exprimer notre mécontentement face à l’expulsion de la CLASSE à la table des négociations a débuté calmement mercredi soir. Nous étions des milliers à marcher pacifiquement. Pa-ci-fi-que-ment comme dans tranquillement, doucement, flegmatiquement, froidement, paisiblement, posément, sagement, sereinement. Nous étions souriants. Oui, ai-je bien dit souriants. Souriants malgré l’impasse de la journée, souriants malgré toutes ces semaines de non-ouverture, souriants malgré, malgré et malgré.

Mais le chaos a débuté sans crier gare. Nous avons alors arrêté de sourire. Un chaos parmi d’autres? Un chaos de trop créé artificiellement par le SPVM. Cette violence légitimisée (ah oui ?) était adressée à l’endroit de jeunes manifestants.


Je récapitule pour ceux qui n’y étaient pas: nous marchions pacifiquement sur la rue Ste-Catherine quand plusieurs bombes lacrymogènes ont été lancées dans la foule. Incompréhension? Certes, une incompréhension profonde devant une telle provocation alors que la calme régnait parmi nous.


Pas d’avertissement clair de notre point de vue de la manifestation. La violence policière s’est alors fait sentir par les gaz et ce, trop rapidement.


Résultat? Un amoncellement de manifestants pacifiques agressés par les bombes lacrymogènes, entassés comme des sardines et cherchant désespérément leur souffle. L’air était empoisonné. Les uns pleuraient, les autres toussaient. Bref: la routine ingrate.


Permettez-moi cet aparté un peu plus personnel, une historiette parmi des centaines d’autres hier soir.


Un ami, un garçon de vingt ans, un jeune comédien, un travailleur supportant les étudiants, m’accompagnait lors de ladite manifestation. Après avoir été étouffés par les gaz, nous marchions sur la rue Ste-Catherine lors du dispersement. De loin, nous avons pu voir l’anti-émeute arriver rapidement. Nous avons alors tenté de quitter la rue. Dommage. L’antiémeute s’est mise à courir trop vite. Après la foule. Après nous.


Nous avons alors été isolés près d’une église par quelques policiers. Mon ami a été pris d’assaut par ceux-là. À terre, sous mes yeux, il s’est fait battre violemment, sans raison particulière, à coups de matraque par ces «supposés agents de la paix». J’ai alors imploré le policier de le laisser tranquille.


À son tour de me répondre en me pointant sa matraque violemment: «Décalisse ostie de conne!»


Les policiers ont alors quitté les lieux nous laissant en plan.


Je vous l’ai dit, nous étions des milliers à marcher pa-ci-fi-que-ment. Hier soir, le SPVM a agi de manière inacceptable. L’arrogance du gouvernement actuel a raisonné une fois de plus par de violents coups de matraque adressés à des citoyens pacifiques.


Madame Beauchamp, j’ai hâte que vous condamniez les violences abusives des brigades anti-émeutes du SPVM qui font preuve de provocation vraiment très peu subtile.

***


Léa Clermont-Dion - Étudiante en science politique
27 commentaires
  • Guillaume L'altermontréaliste Blouin-Beaudoin - Inscrit 27 avril 2012 03 h 12

    indigné

    merci Léa pour ton récit.

    Effectivement, Mme Beauchamp devrait condamner ces assaults des "agents de la paix". Avec approx. 100 agents en civil et les manifestants qui huaient les casseurs, je ne comprends pas qu'on ait si rapidement donné la charge.

    Certains ont mentionné la présence d'agents provocateurs à Montebello et au G20 de Toronto ; il serait souhaitable que le SPVM nous assure qu'il n'utilisent pas cette méthode contraire à la paix.

    Je me questionne si nous ne sommes pas en train de franchir la frontière de la démocratie... pour en sortir.

    Guillaume Blouin-Beaudoin

    • Michel Simard - Inscrit 27 avril 2012 09 h 16

      Il est très clair que nous sommes en train de franchir la frontière vers l'autoritarisme. Les partisans libéraux-conservateurs se font les porte-voix de cette dérive autoritaire en usant de formules paternalistes comme celles que l'on peut lire plus bas. Espérons que les électeurs ne seront pas dupes de cette conception du XIXe siècle et qu'ils refuseront de se faire bâillonner pendant quatre ans. Mais dans nos temps de régression, tout est possible.

  • Chantal_Mino - Inscrite 27 avril 2012 06 h 10

    Ne lâchez pas ! Bravo pour votre courage et votre persévérance pour un monde meilleur que celui qu'on a !

    Ce que vous vivez, je l'ai vécu comme résidente de Montréal-Nord parce que je connais mes droits et que je les défends et que je défends les concitoyens de ma communauté sans défense, dont des enfants et des immigrants, car eux ils ne connaissent pas nos lois et sont facilement intimidés et abusés, surtout que dans leur pays c’était pareil, mais beaucoup plus visible. Je vous conseille d’avoir une enregistreuse sur vous et que plusieurs film lors de vos manifestations. Car votre parole contre un policier ne vaut rien si vous n’avez pas de preuve. Sans preuve, dans notre société, c’est l’effet de halo qui l’emporte, tenez-vous le pour dit ! Et un élu, un journaliste, un citoyen, un parent ou un étudiant honnête et intègre sera traité comme un menteur, un manipulateur, un fraudeur et un criminel, s’il ne s’est pas protégé et n’a pas de preuve testimoniale (enregistrement ou vidéo) afin qu’il se taise et prenne son trou.

    Il apparaît que c’est normal pour nos dirigeants et nos institutions publiques de nous intimider et de nous diffamer pour nous discréditer afin qu'on se la ferme et qu'on prenne notre trou au Québec en entier semblerait-il. Québécoi(se)s, nous allons devoir nous unir pour ramener la démocratie ainsi que nos droits et libertés fondamentaux et pour enfin vivre en paix et en toute sécurité sans avoir peur de nos instances municipales et provinciales. Cet atmosphère mafieuse de pouvoir et d’$$$$$$$ est vraiment malsaine pour le développement de l’ensemble des Québécoi(se)s.

  • Catherine Paquet - Abonnée 27 avril 2012 06 h 25

    Poursuivez vos études....

    Chère Léa,
    Je vous invite à reprendre vos cours et à poursuivre vos études en science politique, car vous faites ici des liens que rien n'explique, entre le SPVM et le gouvernement. Vous écrives:"Hier soir, le SPVM a agi de manière inacceptable. L’arrogance du gouvernement actuel a raisonné une fois de plus par de violents coups de matraque adressés à des citoyens pacifiques."

    Il manque deux composantes essentielles à votre texte. Une mise en contexte. Vous, dites-vous, vous marchiez pacifiquement, mais les autres...?
    Vous ne pouvez pas tenire le gouvernement provincial responsable des agissements de la police de Montréal.

    • awassos - Inscrite 27 avril 2012 09 h 39

      Un invitation à prendre son trou face à un gouvernement corrompu et de plus en plus embourbé dans un césarisme libéralo-financier... L'à-plat-ventrisme comme philosophie de vie... Bravo!

      Évidemment, ceux qui étaient assis dans leur salon devant la télé savent mieux que cette jeune participant ce qui s'est réellement passé ce soir-là!

      Voyez-vous je préfère son témoignage d'une vérité sensible à la propagande de haine diffusée par des médias au service du 1%.

    • arcenciel - Inscrite 27 avril 2012 09 h 56

      Au fait,vous n'avez sans doute reçu des coups de matraque ou encore respirer les suaves gaz de l'escouade anti-émeute pendant que les Blacks Blocks et leurs amis policiers voulaient en découdre.

      M. Paquet, nous apprécions toujours vos commentaires, on ne peut plus positifs à l'égard du gouvernement. Tant qu'à faire, il vous faut lire également le texte suivant vous vous reconnaîtrez peut-être... ?


      "Le conformisme est généralement considéré, aussi bien en sociologie qu'en politique, comme une faiblesse individuelle, une difficulté à s'affirmer en tant qu'individualité. Car le conformisme n'est pas seulement une adhésion mimétique avec un cercle d'opinion, c'est également l'adoption des attitudes du groupe auquel on veut adhérer ou duquel on subit l'influence ou la pression. Ainsi, derrière la vision d'un conformisme de classe se cache une cascade de conformismes comportementaux qui sont cultivés et recherchés par des groupes de pression dont les intérêts sont économiques, politiques ou religieux, avec en arrière-plan l'idée commune d'asseoir et consolider un pouvoir ou une hégémonie." Extrait de Wiki.

      Sans rancune.

      Gérard Côté

    • - Inscrit 27 avril 2012 10 h 00

      Mon cher Paquet,

      Vous ne savez pas lire. L'étudiamte écrit : « Après avoir été étouffés par les gaz, nous marchions sur la rue Ste-Catherine lors du dispersement. De loin, nous avons pu voir l’anti-émeute arriver rapidement. Nous avons alors tenté de quitter la rue. Dommage. L’antiémeute s’est mise à courir trop vite. Après la foule. Après nous. ». Léa n'était donc plus dans la manif et elle cherchait à quitter les lieux. Elle a été victime du zèle policier.

      D'autre part, il n'y a aucune raison qui puisse excuser le vocabulaire utilisé par le policier à l'endroit de Léa.

      Si vous tenez à donner des conseils, pourriez-vous prendre la peine de vous assurez aue vous ne parlez pas à travers votre chapeau?

      Jean-Claude Richard

    • Pierre Rousseau - Abonné 27 avril 2012 11 h 38

      Faux. Normalement la police fait partie du pouvoir judiciaire pourvu qu'elle soit indépendante du pouvoir politique mais ici, on voit très bien que la police est un agent du pouvoir en place, que ce soit le pouvoir municipal, provincial ou fédéral. D'ailleurs les policiers travaillent généralement sous le Code criminel, une loi fédérale et les accusations sont généralement des accusations criminelles, comme par exemple entraver un agent de la paix, méfait, etc.

      Ici, ce témoin direct des événements décrit une situation claire d'abus de pouvoir de la police. Il n'y a aucune preuve qu'un acte criminel ait été commis ni que l'individu qu'elle décrit avoir été victime de voies de fait ait commis quelque crime que ce soit. Car, voyez-vous, la liberté d'expression et le droit de manifester sont des droits fondamentaux dans notre société et ces droits ne peuvent être limités qui si la sécurité du public est en jeu. Ce n'est pas parce qu'une personne se trouve dans une foule qui est en train de se disperser que la police peut l'agresser. Les policiers font un travail qui nécessite beaucoup de formation, d'entraînement et de jugement. Malheureusement, ici on voit que cela manque sur tous les fronts et ce sont les gouvernements, tous paliers confondus, qui en sont les responsables, ou encore si vous voulez, le chef de l'état... sa majesté la reine.

  • Robert Henri - Inscrit 27 avril 2012 07 h 25

    Comment madame Beauchamps pourrait-elle?

    Comment madame Beauchamps pourrait-elle comdamner cette violence policière ? Elle et son patron veulent à tout prix, y compris celui de votre intégrité physique, vous dissuader, vous, étudiantes, étudiants, de vous servir de votre droit fondamental de manifester pacifiquement votre désaccord. pendant ce temps, ils continuent tranquillement de nous déposséder avec le Plan Nord.

  • D.Lafrenière - Inscrit 27 avril 2012 07 h 32

    Et les vitrines?

    C'est parce qu'avant que la police charge les manifestants, certains d'entre eux avaient cassé des vtirines de banques et commerces.

    Vous devriez commencer à comprendre que lorsqu'il y a de la casse dans une manifestation, elle sera déclaré illégale et la police chargera la foule.

    Vous voulez des manifestations légales? Annoncez votre itinéraire publiquement, empêchez les manifestants cagoulés, dénoncez les casseurs à la police.

    Vous voulez l'appui de la population? Ne bloquez pas de ponts ou d'entrée de commerces, ne détruisez pas la propriété privée, agissez responsablement et avec courtoisie.

    Vous vous rendez-compte que vous êtes en train de ré-élire Jean Charest?

    • Michel Leclaire - Inscrit 27 avril 2012 10 h 51

      Mon cher D.Lafrenière , ceux qui voteront pour le PLQ en assumeront la résultante...tout au 1%.

      Michel Leclaire

    • Pierre Rousseau - Abonné 27 avril 2012 11 h 42

      Ce témoin raconte ce qu'elle a vécu et elle n'a pas vu de casse ni de crime commis. Il incombe à la police de faire la preuve que des gens ont commis un crime avant de les condamner et de les tabasser. De plus encore faut-il que les gens sachent que l'attroupement en question a été déclaré illégal et il est clair selon son témoignage que ce ne fut pas le cas.

      Vous avez raison sur un point: ceux qui organisent ces manifestations devraient s'assurer d'avoir un service d'ordre pour protéger les manifestants pacifiques contre les casseurs, ce qui éviterait de donner un prétexte à la police pour attaquer des manifestants qui sont par ailleurs pacifiques.