Libre opinion - On cause maladie mentale !

L'une des statistiques les plus surprenantes et que nous entendons souvent est le fait qu'une personne sur cinq au pays va souffrir d'une maladie mentale à un moment ou à un autre de sa vie. Et cela ne tient pas compte de l'impact de tels troubles sur les proches qui regardent un être cher souffrir et qui s'en inquiètent, souvent avec un sentiment d'impuissance.

Il y a dix ans, je faisais partie de ce nombre.

La plupart des gens ont de la difficulté à croire qu'après avoir remporté mes deux premières médailles olympiques aux Jeux d'été de 1996 à Atlanta, j'ai souffert d'une profonde dépression. J'avais de la difficulté à me lever le matin, j'éclatais souvent en sanglots et, bien vite, j'ai eu l'impression de me débattre dans des sables mouvants. Pendant deux ans, j'ai lutté contre la dépression, incapable de faire de la compétition, incapable même de sourire.

Mais j'ai été chanceuse. Je faisais partie de la minorité de personnes qui parlent de leurs problèmes avec des gens concernés — que j'appelais mon «cercle de confiance». En tant qu'athlète, j'étais entourée à la fois de l'amour et des conseils professionnels de ma famille, de mes amis, de mes entraîneurs et de mes camarades athlètes. J'avais accès aux outils qu'il me fallait pour prendre les bonnes décisions, pour choisir de revenir à la vie, d'entrevoir la lumière au bout du tunnel.

Comme je continue de profiter de ce grand soutien, j'ai pu éviter que la dépression ne me replonge dans la noirceur. Et lorsque je parle d'expérience, ce n'est pas simplement de la mienne qu'il s'agit. Aujourd'hui seulement, 500 000 Canadiens sont absents de leur travail pour cause de problèmes de santé mentale, et le fardeau des maladies mentales coûte annuellement 51 milliards de dollars à l'économie canadienne. Il faut changer les choses et en parler sans tabous pour commencer.

Je n'ai jamais eu de sentiments aussi profonds à l'égard d'un enjeu. En partageant certaines des difficultés que j'ai connues, j'espère que je pourrai démontrer que la lutte fait partie intégrante de la condition humaine. Nul besoin de souffrir en silence. Si je peux en parler ouvertement, vous le pouvez aussi.

Aujourd'hui, c'est la journée Cause pour la cause, et pour chaque message texte envoyé et chaque appel interurbain effectué par ses clients, Bell versera cinq cents à des initiatives liées à la santé mentale partout au pays. Et ce n'est qu'un début.

Pour stimuler encore davantage la conversation, les gens sont invités à se joindre au mouvement en visitant le site bell.ca/cause. Vous y comprendrez mieux l'impact de la stigmatisation sur la santé mentale, en plus d'y trouver des façons d'amorcer vos propres conversations sur la question à la maison et au travail. Je vous encourage aussi à télécharger votre sourire dans la galerie de photos, à parler de la campagne avec vos amis sur Facebook et à passer le mot sur Twitter.

Qu'il s'agisse de parler de santé mentale au téléphone, sur Internet ou encore dans la cuisine ou autour d'une table de conférence, engager la conversation est un élément essentiel pour permettre à tous d'avoir la même possibilité que moi de guérir.
5 commentaires
  • Colette Pagé - Inscrite 9 février 2011 09 h 46

    Une personne sur dix souffrira dans sa vie de dépression !

    La détresse du malade souffrant de maladie mentale est si profonde qu'il ne faut pas hésiter de réclamer de l'aide. Particulièrement les hommes peu enclins à confier leur mal de vivre et à préserver leur image en demeurant au-dessus de la marmite. Avouer ses symptômes n'est pas synonyme de faiblesse mais d'un désir profond d'améliorer sa qualité de vie et celle de ses proches qui souffrent également devant leur incapacité à aider la personne dépressive.

    Être entourées de personnes significatives est également une condition essentielle au rétablissement de toutes les personnes dépressives. Il ne faut surtout pas hésiter à consulter. Le cerveau comme les autres organes du corps a parfois besoin d'être soigné.

  • . Oeuvre Saint-Charles - Abonné 9 février 2011 10 h 05

    Parler de maladie mentale

    Malgré les nombreux progrès, il reste encore beaucoup de tabou au sujet de la maladie mentale. Ayant moi-même fait 3 graves dépressions, j'ai appris à gérer cette maladie dans ma vie... à écouter les personnes aux prises avec de telles maladies... et à en parler avec mes proches et amis. En décembre dernier, j'ai eu une rechute après 20 ans. Connaissant les synptomes, j'ai tout de suite appeler à l'aide.. et j'ai pu ainsi éviter une longue hospitalisation et surtout une pénible descente "aux enfers" d'une autre dépression majeure.
    Je remercie ceux et celles qui m'ont aidé... et qui ont su comprende sans juger ma situation. Osons parler de cette maladie qui touche trop de personnes.
    Paul Bélanger,
    La Pocatière

  • Zarathoustra - Inscrit 9 février 2011 13 h 27

    C'est juste! Vous causez maladie mentale...

    En effet, en encourageant les gens à naviguer sur des réseaux sociaux poubelles tels que Twitter et Facebook, vous causez forcément la maladie mentale d'une faction de cette population déjà névralgique et très vulnérable à ce genre de psychose schizophrénique de l'exhibitionnisme cybertnétique dit ''post-moderne''.

    Or, de nouvelles études ont été réalisées sur le rôle néfaste, entre autres, de ces médias ''sociaux'' - surtout sur les jeunes qui les utilisent avec de plus en plus de fanatisme. Je suis enseignant de métier, alors disons que j'ai un échantillon pour le moins probant.

    ''Des chercheurs ont analysé l'effet sur le cerveau d'une surabondance de stimuli liés à la télévision et l'ordinateur en bas âge. Leur verdict est... troublant. Cela nuirait à l'acquisition du langage et au développement psychomoteur''. Et nous savons que l'ordinateur est de plus en plus utilisé pour ce type de réseaux sociaux futiles (Facebook et Twitter) que vous recommandez dans votre texte.

    ''L'univers des enfants d'aujourd'hui — bébés flanqués devant la télé, enfants adeptes des consoles vidéo, ados boulimiques de réseaux sociaux — n'est pas sans conséquence... ''.

    Lire cet article pour plus de détails: http://www.ledevoir.com/societe/education/309825/e

    Bref, je recommanderais plutôt l'inverse de vous Mme Hughes, soit l'abstention même envers la source de tous ces problèmes reliés à la maladie mentale. En plus que ces réseaux sociaux sont complètement fallacieux socialement pour le réel développement d'un individu. Ils mènent plutôt à une incessante quête identitaire vaine, et ce, dans un cyber-monde totalement altérant pour l'épanouissement véritable de l'humain.

    Vous promulguez de fait un idéal ascétique de la perte de soi au profit de la conservation virtuelle d'une image d'un surmoi tout à fait abject pour la santé mentale...

    Ce n'est pas efficient selon moi...

  • Catherine Paquet - Abonnée 9 février 2011 18 h 05

    Qui est ce Zarahoustra...?

    Cher Zarahoustra, il est impérieux que vous décliniez les titres scientifiques que vous détenez pour vous prononcer, comme vous le faites, sur une question aussi important que la dépression et la santé mentale.

    S.V.P.Dites-nous sur quoi vous vous fondez pour affirmer: "Vous promulguez de fait un idéal ascétique de la perte de soi au profit de la conservation virtuelle d'une image d'un surmoi tout à fait abject pour la santé mentale..."

  • Jean-François Laferté - Abonné 12 février 2011 09 h 32

    Bravo...

    Chère Clara,

    Je vous remercie de pouvoir dire tout haut ce que je tente de faire avec assez d'honnêteté depuis toujours soit d'en parler!Je suis présentement dans un passage de dépression après avoir été sain et sauf depuis quinze ans...Je suis bien suivi et bien entouré mais je dois me faire allié avec le temps.Je remercie
    ma directrice(je suis enseignant depuis 28 ans)qui m'a fait réaliser que ma place était à la maison plutôt que derrière mon bureau...J'ai de bons(es) amis(es) qui sont là pour moi...Il y aura une sérénité et une paix qui s'installeront sous peu...
    JF