Libre opinion - Claude Castonguay brouille les pistes

Faut-il vraiment confier des mandats d'analyse et de recommandation à M. Claude Castonguay? C'est la question centrale que soulèvent les résultats de son plus récent mandat connu portant sur les perspectives d'épargne.

D'après ses travaux, nous avons un grave problème puisque «plus de 60 % des travailleurs ne pourront maintenir leur niveau de vie une fois à la retraite». On se rappellera qu'il y a quelques semaines, on nous a répété à satiété que «le ratio d'endettement des Canadiens atteint un record à 148,1 %».

Il semble donc que M. Castonguay, à l'instar de nombreux analystes financiers, nous entraîne sur une fausse piste lorsqu'il retient le niveau de vie actuel comme repère pour déterminer l'ampleur des épargnes requises pour la retraite. Au lieu de brandir l'objectif de maintien du niveau de vie actuel, ne faudrait-il pas viser d'abord de le réduire dès maintenant, par responsabilisation individuelle et collective qui permettra de réduire l'accès à l'emprunt, de soutenir les organismes de la communauté d'aide aux consommateurs, d'accroître les programmes d'éducation citoyenne, de soutenir les programmes de réduction de la consommation et du gaspillage. De plus, ne faudrait-il pas réviser la pertinence de l'usage du fameux indice de confiance comme signe de santé de l'économie, puisque cet indice est basé sur la consommation?

Après une lecture de problème partielle et erronée, M. Castonguay nous sert le principe de l'équité. D'après lui, «celui qui décide de ne pas se préparer pour la retraite et qui compte sur l'État pour le soutenir agit de manière inéquitable envers ceux qui sont prévoyants et qui épargnent». Ne vivons-nous pas dans une société et une humanité inéquitable, qui entretient la richesse et les privilèges d'un cercle d'élite autoprotectionniste? S'il faut appliquer un principe d'équité, procédons prioritairement en accroissant le taux d'imposition des plus riches — individus et entreprises — pour mieux répartir cette richesse.

Enfin, M. Castonguay suggère qu'on force les travailleurs à épargner, qu'on crée une mesure coercitive qui générera un fonds confié à une instance publique ou parapublique de perception et de gestion. Cela ressemble à une autre machine à faire disparaître notre argent. Il reconnaît qu'on observe une diminution importante de travailleurs bénéficiant d'un fonds de retraite auquel contribuent les employeurs, et une diminution de la qualité de la contribution des employeurs. S'il faut FORCER quelqu'un à agir, que l'État force les employeurs à minimalement rétablir un engagement envers leurs employés à la hauteur de ce qu'il a déjà été!

Où donc vit M. Castonguay pour imaginer que ses recommandations sont justes et seront perçues comme telles par les citoyens? Rien dans la situation québécoise actuelle n'inspire confiance envers l'État (les élus et l'administration publique). S'il faut lui fournir des exemples, en voici quelques-uns: gaspillage de fonds publics dans des programmes qui demeurent sans résultats (par exemple, après avoir injecté plus de 30 millions de dollars dans le Réseau des services intégrés pour personnes âgées, le ministère de la Santé du Québec a décidé de suspendre la poursuite du projet, faute de fonds...); mauvaise utilisation de nos impôts; cafouillage et mauvaises décisions à la Caisse de dépôt; apparence de conflits d'intérêts, de décisions arbitraires, de magouillage, de malversation, de collusion; absence de vision d'avenir et de responsabilité politique.

Les questions liées à la sécurité financière des Québécois sont trop complexes et sérieuses pour être confiées à M. Claude Castonguay. À peine un jour après avoir publicisé le rapport, on apprend que le gouvernement le rejette. Pouvons-nous espérer qu'il cessera de lui confier des mandats et donc de gaspiller les fonds publics? Pouvons-nous espérer que les problèmes financiers évoqués feront l'objet de mesures requises?


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5 commentaires
  • Jeannot Vachon - Inscrit 14 janvier 2011 08 h 01

    Le REER obligatoire est une excellente idée

    Autant le gouvernement Charest que l’opposition péquiste rejettent la suggestion d’un REER obligatoire de Claude Gastonguay. C’est compréhensible selon plusieurs facteurs. On est dirigés par des gens qui manquent de courage politique, qui constatent les problèmes mais ne passent jamais en mode solution et, surtout, qui ont peur de déplaire à court terme. Ils aiment mieux utiliser des méthodes dispendieuses qui obligent à cultiver la dette globale, comme d’engloutir des centaines de millions dans des programmes d’épargne aux effets pervers comme les fonds de travailleurs.

    On veut laisser le contribuable libre, libre de ne pas économiser et de se retrouver à la charge de la collectivité lors de sa retraite. Belle liberté! Pourtant, quand on parle des fonctionnaires, on en bave de jalousie en disant que ces gens sont des gras durs du système parce qu’ils ont un plan de retraite en béton. Or, de tels plans ne sont pas des cadeaux, ils viennent de la rémunération de l’employé. Même si la moitié passe directement de l’employeur au régime, cet avantage vient du salaire et est considéré dans le salaire négocié. Les fonctionnaires ont-ils la liberté de cotiser ou non? Aucune liberté à ce sujet mais ils ne s’en plaignent pas et, en plus, ils sont enviés par ceux qui sont « libres ».

    Bien sûr, les gagne-petits sont morts de rire, car, à 65 ans, ils tombent sous l’aide sociale fédérale avec le supplément garanti non imposable. C’est sans doute aussi un motif pour que le Québec ne bouge jamais sur cet aspect. Belle retraite en perspectives pour 60% de la population de vivre avec moins de 16,000$ par année. La population active diminuée et le 40% de fourmis devront payer les impôts pour supporter toutes ces vieilles cigales.

  • Yves Corbeil - Inscrit 14 janvier 2011 18 h 10

    Facile quand tu as l'argent

    Ca me leve le coeur de lire et entendre ca, quand plus que la majorite de la population tire la queue par les deux bouts pour juste survivre pendant qu'une tres grande creve tout coure. M.Castonguay sortez de votre tour d'ivoire et regarde les gens autour, pensez vous qu'ils peuvent se paye des reer quand ils doivent fair des choix quand ils vont a l'epicerie.

    Crime qu'il y en a qui sont deconnecte de la realite.

  • Yves Corbeil - Inscrit 14 janvier 2011 18 h 14

    Reer ou rire

    M.Castonguay,

    Vous devriez alle vivre dans les meme conditions et le meme revenues qu'une bonne partie de la population. Apres vous nous ferz part de vos recommandation au sujet des reers.

    Vous allez vous rendre compte que vos idees de riche vont s'attenue face a notre realite. prendre des reer bin oui un gratteux avec ca.

  • Jeannot Vachon - Inscrit 15 janvier 2011 11 h 46

    Les REER sont une richesse nationale

    On critique souvent le gouvernement pour son énorme dette mais lorsqu’on n’y est pas obligés, on épargne très peu. Qui donc a une bonne planification de retraite à part ceux dont l’emploi les oblige à cotiser directement de leur paie et cela dès leurs très jeunes années?

    On ne se rend pas compte que les REER sont une richesse nationale. Ils permettent à des spécialistes du placement de faire rouler l’économie, ici ou à travers le monde, de façon efficiente. Mais cette épargne et ces profits ne sont pas qu’à vous. Le rabais d’impôt qu’on vous a consenti devra être remboursé tôt ou tard, avec intérêts et en ne réalisant qu’un gain généralement faible sur le taux d’impôt, quand ce n’est pas à perte sur ce point.

    C’est différent avec les fonds de travailleurs où l’addition du rabais d’impôt REER et du crédit d’impôt de 30% ou 40% en font une véritable subvention à la retraite, donc des pertes nettes pour l’état.

    Mais sur le moyen terme cette épargne coute cher au gouvernement. On parle souvent de cout fiscal du REER. En réalité l’état se met elle-même de l’argent en banque mais elle en perd le contrôle. Un REER obligatoire serait donc impensable par l’ampleur du cout fiscal.

    Et si on suggérait à nos gouvernants d’obliger chaque contribuable à ne mettre que 1,000$ par année dans le Fondaction de la CSN, pour un cout net d’environ 200$ pour nous mais de 800$ pour l’état? Ils vous riraient à la gueule. Ce genre de bonbon est réservé aux privilégiés qui ont compris la nature du cadeau et est limité d’accès jusqu’à quelques centaines de millions par année. Pour 3 millions de contribuables, on se rendrait à 2,4 milliards. Or le maximum actuel est à 5,000$ par individu et non 1,000$.

  • Mathieu Gingras - Inscrit 15 janvier 2011 13 h 11

    Complètement pathétique

    Réduire le niveau d'endettement par quoi ? Demander au gouvernement de réduire le niveau d'endettement ? Les gens qui crient contre le REER obligatoire sont aussi ignorants que ceux qui pensent qu'être obliger d'avoir un REER c'est automatiquement de donner l'argent au gouvernement ? Vous voulez avoir plus d'argent dans vos poches à la fin de l'année; foutez le dans un REER votre argent, vous allez avoir un beau petit chèque du gouvernement qui va revenir lors de la déclaration de vos impôts. EST-CE QUE CELA N'ALLUME PAS UNE PETITE LUMIÈRE DANS VOTRE TÊTE QUI EXPLIQUERAIT POURQUOI LE GOUVERNEMENT REJETTE L'IDÉE IMMÉDIATEMENT APRÈS LE DÉPÔT DU CONSTAT ? Arrêter de croire que Claude Castonguay est un gros méchant loup qui veut votre argent pour s'enrichir. Le gouvernement ne veut rien savoir de ça parce que lui, il veut votre argent. LES REER SONT DÉDUCTIBLE D'IMPÔT, VOTRE 5% DE SALAIRE NON ! Ce que Mr Castonguay propose en bref, c'est que le gouvernement ait moins d'argent aujourd'hui, puis que vous payez moins d'impôt sur l'argent que vous faites aujourd'hui, plus tard ! Faudrait faire des recherches un peu plus pertinentes que de s'acharner sur un 5% d'épargne. Trouvez un autre moyen plus efficace (un autre chose que de créer un problème comme aux États-Unis en investissant tout dans l'immobilier, puis en passant la petite crise financière des États-Unis, on va en subir une pareille ici dans quelques années (taux d'intérêts très bas, surconsommation, surendettement, prêts hypothécaires à la hausse, surévaluation des valeurs domiciliaires, prêts à risques à la hausse.) mais non, faut surtout pas mettre de l'argent de côté; c'est beaucoup plus intelligent de mettre de l'argent dans des télés, des voitures, des bebelles qui servent à rien à par vous faire croire que vous êtes heureux pendant 1 heures. Un repas pour votre famille dans 30 ans, cela ne serait-il pas un peu plus intéressant ?