Pour les universités, le temps est à l'action

La présidente de la CSN publiait récemment dans cette page une lettre d'opinion faisant suite à la Rencontre des partenaires en éducation.

La Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ) partage tout à fait l'opinion de Mme Carbonneau lorsqu'elle souligne le rôle important de l'enseignement supérieur dans le développement social, culturel et économique du Québec et la nécessité de faire de l'éducation une priorité nationale. De même, la CREPUQ partage sa sensibilité quant au maintien de l'accessibilité de manière à ce que toute personne qui en a le talent et la volonté puisse poursuivre des études universitaires, indépendamment de sa condition socio-économique. À ce sujet, la CREPUQ a d'ailleurs formulé plusieurs propositions visant à bonifier les mesures d'aide financière aux études lors de la Rencontre des partenaires.

Par ailleurs, la lettre de Mme Carbonneau contient certaines erreurs de fait et d'interprétation qu'il est nécessaire de corriger afin que tous ceux qui s'intéressent à cette question puissent bénéficier d'un éclairage approprié.

Ainsi, il est important de rappeler que le sous-financement dont souffre le système universitaire québécois a été calculé en tenant compte de l'ensemble des sources de revenus de fonctionnement des universités (subventions gouvernementales, droits de scolarité, frais afférents et autres sources de revenus), et non pas uniquement «sur l'écart entre les droits de scolarité au Québec et ceux du reste du Canada». Et s'il est vrai, comme le mentionne Mme Carbonneau, que «la part du financement public de nos universités est plus élevée que la moyenne canadienne», de l'ordre de 85 millions, cette situation est loin de compenser le manque à gagner de 788 millions lié aux droits de scolarité et frais afférents moins élevés au Québec. L'étude réalisée par la CREPUQ (disponible intégralement sur notre site Internet
www.crepuq.qc.ca) montre que le sous-financement récurrent a atteint 621 millions, net de l'aide financière aux études, pour l'année 2007-2008.

De même, décrire le système universitaire québécois comme souffrant d'une «concurrence effrénée» ou étant marqué par une «compétition stérile» est réducteur et ne reflète pas les nombreuses réalisations de nos établissements universitaires sur le plan de la collaboration et de la concertation. Tandis que l'on montre du doigt l'existence de lieux d'enseignement hors campus sur le territoire québécois (et dont l'offre est marginale, soit moins de 3 % des étudiants équivalents au temps plein), on oublie de mentionner les programmes de baccalauréat, de maîtrise et de doctorat offerts en partenariat, les nombreux centres, laboratoires et équipes de recherche qui regroupent des chercheurs de différents établissements autour de thématiques de recherche communes, les travaux réalisés conjointement par les vice-recteurs, les secrétaires généraux, les registraires, les bibliothécaires, les conseillers juridiques, les processus indépendants d'assurance qualité mis en place conjointement par les universités et les achats en commun réalisés par l'intermédiaire de la CREPUQ.

Finalement, on ne saurait s'étonner des ressources consacrées aux infrastructures universitaires sachant que de nombreux bâtiments universitaires ont été construits il y a plusieurs dizaines d'années et nécessitent aujourd'hui des travaux d'entretien et de mise à niveau importants. Malgré cela, il est faux d'affirmer que la proportion des budgets qui y est consacrée est passée de 25 % à 45 % au cours des dix dernières années. De plus, soulignons que les budgets liés aux immobilisations ont trait aux infrastructures (telles que les bâtiments et les travaux majeurs de rénovation), mais aussi, et dans une part importante, à l'acquisition d'équipements informatiques ainsi que d'équipements spécialisés en lien direct avec l'enseignement et la recherche.

Au cours des dernières années, de nombreux débats publics ont eu lieu quant à la qualité de la formation, à la compétitivité en recherche, à l'accessibilité et au financement de nos universités. Nos établissements universitaires souffrent d'un manque de ressources qui hypothèque leurs moyens d'action et compromet le maintien de la qualité de la formation. Les problèmes sont connus, l'éventail des solutions aussi. Il y a urgence d'agir.


7 commentaires
  • Mario Jodoin - Inscrit 17 décembre 2010 07 h 08

    Il y a urgence d'agir.

    Quelle phrase creuse... Par agir, voulez-vous dire l'élimination des droits de scolarité ? Non ? Les augmenter ?

    Voyez-vous, la question n'est pas d'agir, mais de s'entendre sur la direction à prendre dans cette action. Et là, il n'y a vraiment pas concensus !

  • Denis Marseille - Inscrit 17 décembre 2010 10 h 12

    Parlant d'erreur!

    "Par ailleurs, la lettre de Mme Carbonneau contient certaines erreurs de fait et d'interprétation qu'il est nécessaire de corriger afin que tous ceux qui s'intéressent à cette question puissent bénéficier d'un éclairage approprié."

    Parlant d'erreur, c'est madame Charbonneau! Lorsqu'on ne connaît pas le nom exact de ceux qui sont assis à la même table que nous, ça en dit long sur le respect et l'importance du rôle qu'ils ont à vos yeux. Un peu plus et vous auriez écris répudiant au lieu d'étudiant!

  • Gabriel Danis - Inscrit 17 décembre 2010 10 h 13

    Des États généraux sur les universités

    Devant l'absence de consensus et surtout, face à l'ampleur des défis auxquels font face les universités québécoises, il est impératif de tenir des États généraux sur les universités québécoises comme le réclamee bon d'organisations du milieu universitaire.

    L'importance névralgique des universités pour la société québécoise nous oblige à davantage de réflexion et d'analyse qu'une seule journée à la va-vite comme l'a fait le gouvernement le 6 décembre dernier.

    De même, la seule mesure du sous-financement dont nous disposons provient de la CREPUQ qui est, convenons-le, à la fois juge et partie. Et si nous serions plutôt face à un mal-financement ? La CREPUQ est très prompte à parler de sous-financement, mais ne veut surtout pas qu'on ose remettre en question l'utilisation des sommes, à grande majorité publiques, dont les universités disposent.

    Ma question : Il y a-t-il urgence d'hausser radicalement les droits de scolarité au point de ne pouvoir tenir des États généraux l'espace de quelques mois ? Quand on sait que le cycle actuel d'augmentation des droits de scolarité se termine en 2012, on se demande ce que cache cette urgence d'agir à tout prix...

    G. Danis
    Montréal

  • Denis Marseille - Inscrit 17 décembre 2010 10 h 18

    mea Culpa!

    Désolé c'est mon erreur, c'est bien madame Carbonneau. Excusez-moi.

    PS, si la modération peut ne pas éditer mon message qui vous accuse de ne pas connaître vos commettant, ça ferait mon affaire. Sinon, j'aurai l'air fou, mais je l'aurai bien mériter. Je pense que je vais aller me faire un café, j'en ai besoin.

  • Denis Marseille - Inscrit 17 décembre 2010 10 h 21

    Carbonneau ou Charbonneau?

    La lettre est signé Carbonneau et la présidente c'est Charbonneau, je suis tout mêlé.