Libre opinion - Ma commission d'enquête n'est pas la vôtre

Je ne souhaite pas la tenue d'une enquête publique sur le financement du Parti libéral du Québec. Non, je ne suis pas péquiste. Je n'accepterai jamais que l'on associe gratuitement mon premier ministre au crime organisé et encore moins qu'on le traite de «parrain». Vous m'en pardonnerez, mais je ne suis pas adéquiste non plus.

Pour ce qu'il en est de la carte de membre de Québec solidaire, vous l'aurez deviné, je préfère passer mon tour. Moi, je n'exige pas encore la démission de Jean Charest.

C'est que, mesdames et messieurs les députés de l'opposition, je ne suis pas comme vous. Je n'ai pas de ligne de parti à laquelle je dois adhérer. Je n'ai pas de chef pour m'obliger à crier des bêtises, jour après jour, aux méchants libéraux.

Non. Je suis simple citoyen; mon propre «chef», si vous voulez. Et si je suis membre d'un parti quelconque, il est bien plus grand, et surtout, bien plus important que le vôtre. Mon «parti», il compte près de huit millions de citoyens, tous impatients à l'idée de revoir progresser le Québec. Contrairement au vôtre, mon «parti» n'a pas comme objectif ultime d'accéder au pouvoir.

C'est vrai; comme vous, distingués parlementaires de l'opposition, nous, les citoyens, ne nous entendons pas sur grand-chose. Mesures d'austérité du budget, moratoire sur les gaz de schiste — la liste des enjeux ayant semé la discorde entre nous est à n'en plus finir.

Mais pour une rare fois, que l'on soit rouge, bleu ou autre, il y a une revendication sur laquelle nous, les citoyens, sommes d'accord à la quasi-unanimité: notre gouvernement se doit de déclencher une commission d'enquête publique indépendante sur l'ensemble des allégations portant sur l'industrie de la construction, l'octroi de contrats gouvernementaux, de permis ou de subventions ainsi que sur le financement des partis politiques.

En principe, vous devriez donc avoir notre appui dans ce dossier, chère opposition. Or, vous persistez à rendre une telle alliance impossible.

Que dire de vos attaques personnelles et de vos excès de langage envers vos vis-à-vis à l'Assemblée nationale? Elles n'apportent rien à la réalisation de cette enquête publique qui nous tient tant à coeur et elles nous impressionnent encore moins.

Non. Vos propos, vilipendeurs de l'opposition, qui, chaque jour qui passe, frisent de plus en plus la diffamation, ne sont que le reflet d'une «lutte» en faveur d'une commission d'enquête que nous n'avons jamais partagée. Votre «lutte» en est une qui est foncièrement partisane.

Ma lutte, je la partage avec un peuple qui a d'abord et avant tout une soif insatisfaite de vérité.

Nous, les citoyens, ne réclamons pas la mise sur pied d'une enquête publique dans la même optique partiale de renversement du gouvernement que vous. Nous ne sollicitons pas un autre «love in» des foulards blancs de l'opposition. Loin de là.

Non. Nous, les citoyens, souhaitons la création de cette commission d'enquête pour des raisons qui vont bien au-delà des jeux politiques insignifiants de l'opposition.

Nous la voulons parce que nous sommes fiers. Trop fiers pour laisser passer sans contre-mesures des allégations qui salissent non seulement la réputation de nos politiciens, mais surtout la nôtre, en tant que nation. Trop fiers pour se fier uniquement à une opération Marteau qui ne pourra jamais frapper assez fort pour remédier à un système déjà trop malade.

Nous la voulons parce qu'autant nous sommes fiers, autant nous avons aussi très, très honte. Honte de certains à qui nous avons fait confiance. Honte d'un gouvernement que nous avons élu majoritaire, mais qui refuse d'entendre la majorité d'entre nous.

Nous aurions voulu pouvoir compter sur vous, chers membres de l'opposition, pour nous rassurer en ces véritables moments de crise. Or, vos gestes et, surtout, vos paroles ne témoignent aucunement d'une solution viable pour notre démocratie.

Mais n'ayez crainte, Madame Marois, Messieurs Deltell et Khadir; il y en aura une commission d'enquête. Sauf que malheureusement pour vous, ce sera la nôtre.

***

Ryan Hillier - Avocat et fondateur de la défunte coalition Corruption/ZÉRO
10 commentaires
  • Michel Simard - Inscrit 24 novembre 2010 00 h 54

    Défunt membre du QLP

    Ryan Hillier est ce membre d'une soi-disant coalition qui veut nous passer des lanternes pour des vessies. En plus de nous démontrer et nous confirmer encore comment être dépendantiste ne peut que mener à la corruption, d'avaliser cette corruption associée au QLP en exigeant à l'Opposition de prendre le rôle qui échoit à son mentor Jena Charest, Ryan Hillier a l'outrecuidance et le mépris de confondre les intérêts de son parti, le QLP, avec les intérêts collectifs de la nation québécoise.

    Faut le faire, tant de concentré d'insignifiance...

  • Jean Laporte - Inscrit 24 novembre 2010 07 h 27

    Corruption/zéro

    Je note que le fondateur de la défunte coalition Corruption/zéro est un précurseur dans la mise à jour de la corruption dans notre société. Mais sa stratégie laisse à désirer. Notre premier ministre s' il ne défend pas nos intérêts est un premier ministre à qui on doit forcer la démission et pour se faire on se doit de trouver des arrangements avec l'opposition quitte à faire des compromis politiques. Il faut démontrer du courage si on veut combattre la corruption et ceci.... M. Hillier demande une bonne dose d'humilité?

  • - Abonné 24 novembre 2010 08 h 08

    Coalition Corruption/ZÉRO ?

    J'ai toujours cru que le rôle de l'opposition dans notre système parlementaire était d'être le chien de garde des intérêts de la population. Et ce, peu importe sa couleur politique : libérale, péquiste, adéquiste, solidaire ou autre.
    Vous admettrez, Monsieur Hillier, qu'avec tout ce que les médias découvrent depuis des mois, le chien a de quoi japper.
    À lire votre texte, on a l'impression que l'opposition devrait s'abstenir de décrier toute malversation dont pourrait être coupable le gouvernement parce qu'en agissant ainsi on pourrait la soupçonner de vouloir remplacer le gouvernement.
    Pour ce qui est de faire porter par les seuls députés de l'opposition le blâme de ce triste « spectacle » qu'est devenue la période de questions à l'Assemblée nationale... vous faites preuve ici d'un manque d'objectivité flagrant qui laisse bien peu de place à la crédibilité qu'aurait pu avoir votre présente intervention.

  • sebasauger - Abonné 24 novembre 2010 10 h 26

    L'autre côté

    Je ne suis pas totalement en accord avec toutes les idées présentées par Monsieur Hillier. Cependant, je ne peux que le féliciter pour la remise en question de certaines voix et voies qui semblent trop immuables pour plusieurs personnes qui désirent cette enquête publique sur la corruption.

    Simplement, merci à lui de nous faire voir une autre approche et de nous faire réfléchir sur celles présentées par l'opposition gouvernementale. Il faut que chaque citoyen se sente interpelé par ce problème qui ronge, on dirait bien, tous les penchants de notre société.

    La lumière se doit d'être faite, sinon nous finirons par croire, en tant que peuple, que cette province ne peut qu'être gouvernée et administrée qu'à la manière de Duplessis.

  • Jean-Marc Plante - Inscrit 24 novembre 2010 11 h 45

    Je et nous

    M. Hillier passe du je au nous sans me demander la permission, que je lui refuserais de toute façon. Cette insistance sur le niveau de langage de l'opposition ne démontre aucune élévation de sa part non plus. L'opposition se trouve obligée par Jean Charest d'appeler un chat un chat et un parrain un parrain. Les oreilles trop sensibles non qu'à se mettre à l'abri.