Libre opinion - Pour un accès à la culture toute l'année

Cette fin de semaine marquera la tenue des Journées de la culture. Il s'agit d'une activité de démocratisation pertinente qui permet de donner le goût de la culture à la population partout au Québec et qui contribue largement à rendre la culture plus accessible.

L'accès aux arts et à la culture est en effet une valeur importante et un droit qui doit pouvoir s'exercer tout au long de l'année par tous les groupes d'âge, et particulièrement les jeunes. Tout n'est pas si simple cependant. Des avancées sont encore nécessaires pour que ce droit à la culture soit véritablement effectif, que ce soit du côté du public ou de l'offre.

Encore aujourd'hui, certains élèves obtiennent leur diplôme d'études secondaires sans jamais avoir assisté à une pièce de théâtre, à un concert, à un spectacle de danse ou sans avoir vu une exposition.

Et à l'autre extrémité de la chaîne, la majorité des organismes culturels qui présentent à la population de Québec l'offre artistique et culturelle tout au long de l'année ont la vie moins facile ici qu'ailleurs au Québec. Cette situation peut durer un temps, mais à moyen terme, nous prenons un risque comme collectivité.

Il est sage de chercher à se comparer et, en le faisant, on comprend que la situation est préoccupante. Les proportions des revenus des organismes culturels de Québec, que ce soit ceux provenant du gouvernement fédéral, de l'entreprise privée ou de la municipalité, sont toujours inférieures à celles observées dans les organismes culturels situés ailleurs au Québec.

Pourtant, l'offre culturelle, de même que l'emploi culturel, important dans la région, reposent sur le travail de ces artistes et de ces organismes culturels. Ils contribuent à garder ici les compétences culturelles qui sont essentielles à la tenue des grands événements culturels qui font se démarquer notre ville.

Par ailleurs, les activités culturelles dédiées à la jeunesse constituent une des forces de notre région. Les organismes culturels de Québec sont reconnus pour leur savoir-faire et comme des précurseurs en ce domaine, particulièrement en théâtre jeunesse. Du côté scolaire, l'action et l'engagement de certains enseignants motivés, qui ont à coeur de favoriser les rencontres entre les jeunes et les arts, sont importants.

Malgré ces atouts, on ne peut passer sous silence certaines contraintes qui freinent l'organisation de sorties culturelles pour les élèves ou d'autres initiatives en ce domaine. Des enseignants sont parfois peu appuyés par les instances scolaires.

Il faudra donc se serrer les coudes et partager la même vision pour renforcer les assises des organismes artistiques et culturels et pour accroître les rencontres entre les jeunes, les artistes et les arts dans les lieux culturels du territoire. C'est pour la population de Québec, et avec son appui, que les rencontres entre citoyens et culture pourront s'enrichir.

Il est temps de parler de développement durable dans le domaine de la culture comme dans tous les autres secteurs d'activité. Il faut sans tarder se pencher sur ces questions si l'on veut que la prochaine génération continue d'avoir accès à une vie culturelle de qualité à Québec.

Le Conseil de la culture entend, pour sa part, consacrer ses énergies au cours de cette année à traiter de ces enjeux intimement liés à l'accès de la population d'ici aux arts et à la culture.