Libre opinion - Si la tendance se maintient...

Si l'on veut se réapproprier et actualiser, en mode international cette fois, la maxime notoire de Bernard Derome, le Québec pourrait bientôt assister à la formation d'un gouvernement de coalition Parti québécois-Québec solidaire, naturellement social et solidairement souverainiste.

Selon le récent sondage Le Devoir-The Gazette, avec Amir Khadir «second plus populaire élu à l'Assemblée nationale» et aujourd'hui «3e choix préféré des Québécois comme premier ministre», le cochef de cet incontournable tiers parti qu'est maintenant Québec solidaire vient de sauter l'important cap et la masse critique des 10 % dans les intentions de vote.

Ainsi, le Québec pourrait bientôt rejoindre — ce serait du jamais vu dans l'histoire récente de notre bipartisme parlementaire britannique — les nouveaux gouvernements de coalition comme ceux formés récemment en Angleterre ou en Australie ou celui qui a failli prendre forme l'an passé à Ottawa avec cette éphémère coalition PLC-NPD-BQ.

En fait, plus rien ne tient et tout est paradoxalement possible en ces temps de lassitude politique inégalés et cette lourde tendance notée en Occident quant aux taux de participation des électeurs qui se font aussi bas que les taux d'intérêt bancaires... et vérifiés plus que jamais lors des récentes complémentaires dans Vachon et Saint-Laurent!

En conséquence, cette balance du pouvoir lors d'une prochaine élection générale pourrait dépendre de nombreux effets cumulés, dont ce vote «hors de l'île de Montréal» qui pourra être enregistré dans les circonscriptions dites francophones plus nombreuses; ou dans cette mesure et cette vague de mécontentement habituelle contre le gouvernement en place ou envers tous ces partis traditionnels déjà «usés par le pouvoir ou sa proximité». Mais le résultat final dépendra surtout de la formation politique qui inspirera le plus tous ces changements tant souhaités: «Yes We Can.»

À ce titre, les circonstances semblent profiter présentement aux cercles grandissants et aux 5000 membres de Québec solidaire. Ceux-ci détiennent une nette longueur d'avance au chapitre de ce «réel changement». D'ailleurs, celui-ci ne devrait pas tarder à s'exprimer par le prisme des grands médias et ses analystes plutôt habitués ou attirés par le conformisme et le bipartisme.

Pourtant, sans trop de moyens organisationnels et financiers, QS sait déterrer habilement le financement illicite de tous ces vieux partis. En plus, ses membres sont invités présentement à participer à pétrir la pâte d'alternatives citoyennes intéressantes en vue de construire un pays composé d'entreprises minières, gazières et forestières plus responsables où les régions ressources pourront profiter de programmes d'efficacité énergétique grâce à Éole-Québec et où, tous et toutes, seront plus en santé avec ce pouvoir d'achats et de réduction des coûts des médicaments avec Pharma-Québec.

Si le «passé est garant de l'avenir» ou que «six mois sont une éternité en politique», les 24 prochains mois peuvent être un espace largement suffisant pour Québec solidaire, même avec moins de quatre ou cinq députés, afin de pouvoir créer cette coalition gouvernementale et recréer cette autre et nécessaire commotion politique qu'a été, il y a 35 ans, l'exil du gouvernement libéral de Bourassa corrompu par la construction olympique et l'arrivée d'un PQ gorgé alors d'un programme qui était résolument plus social comme celui de 1976.


9 commentaires
  • Andre Vallee - Inscrit 22 septembre 2010 00 h 08

    Sauf que...

    Sauf que, comme les anglophones et un fort pourcentage des allophones vont voter libéral, si le vote francophone se divise, nous aurons encore un gouvernement de pourris qui démolissent tout ce que nous avons, qui graissent leurs petits amis, .... et j'en passe.

  • bourgeoisgentilhomme - Inscrit 22 septembre 2010 08 h 14

    Croyez-vous cela réellement possible

    QS est définitivement trop à gauche. Ce parti profite de l'écoeurement de tous pour accumuler potentiellement des votes. Ca va sauter entre Pauline et Amir, ça sera pas long. Les québéçois francophones ne savent pas et ne sauront jamais semble-t-il se solidariser comme les juifs, les asiatiques ou toutes autres communnautés minoritaires. Quand un québéçois réussit, il y a en 1000 pour l'envier ou le détester.

  • 54lili - Inscrit 22 septembre 2010 08 h 45

    oui à un gouvernement de coalition (PQ et QS)

    pas dans 2 ans, immédiatement car c'est urgent

    suspension du projet de loi 103 et moratoire sur l'exploitation des gas de schiste

  • richardle - Abonné 22 septembre 2010 09 h 06

    Grogne et mobilisation citoyenne

    Il y a des anglos et des allophones à QS et ils sont souverainistes mais ils ne voteraient pas pour le PQ qui prône un nationalisme ethnique.
    Beau lapsus bourgeoisgentilhomme: ça saute déjà entre Pauline et Amir parce qu'ils n'ont pas la même conception du bien commun.
    Si QS accumule des intentions de votes actuellement c'est que le PQ se contente de surfer sur la grogne populaire alors que QS la vit et s'y engage.
    Richard Lépine

  • Gajepi - Inscrit 22 septembre 2010 12 h 30

    Changement de culture politique

    Un gouvernement de coalition QS - PQ permettrait, à mon avis, d'évacuer du paysage politique cette culture du financement illégal des partis qui permet la formation d'un pouvoir parallèle pour dévaliser le trésor public avec le concours d'un gouvernement usant de pratiques d'associations de gansters notamment la loi du silence (omerta), la collusion, les réseaux souterrains d'influence et la corruption. Doit-on penser que tous les anglophones et allophones, au Québec, craignent davantage l'avènement de la souveraineté qu'un gouvernement mafieux installé à demeure à Québec dans leur tant aimé Canada ? J'ose espérer que non.