Libre opinion - Exploration gazière : la transparence doit être de mise


Le projet de développement des ressources gazières des Shales d’Utica, situé le long de la Vallée du Saint-Laurent entre Québec et Montréal, m’enthousiasme au plus haut point. J’ai la conviction profonde qu’il est bon pour le Québec, tant sur le plan énergétique, économique qu’environnemental.

La mise en valeur des ressources gazières est pour nous, Québécois, synonyme d’enrichissement collectif et de création d’emplois en plus de contribuer de façon importante à notre indépendance énergétique. Le gaz naturel est une énergie propre qui produit 50 % moins de GES que le charbon, abondamment utilisé dans les états limitrophes du Québec, et 30 % moins de GES que le pétrole.

J’ai passé une grande partie de ma carrière à travailler au développement énergétique du Québec, que ce soit chez Gaz Métropolitain de 1987 à 1996 ou à titre de président d’Hydro-Québec entre 1996 et 2005. J’ai également eu le privilège d’agir comme président du conseil d’administration du Conseil mondial de l’énergie pendant trois ans. J’ai aussi été sous-ministre en titre au ministère de l’Environnement pendant quelques années. Ces expériences m’ont permis de constater que l’indépendance énergétique, en raison de son rôle vital au cœur de tout développement social et économique, figure au premier plan des préoccupations de la majorité des nations du monde.

Le Québec est privilégié d’avoir pu développer avec brio sa filière hydroélectrique. Malgré cette richesse hydraulique qui fait notre fierté collective, nous demeurons totalement dépendants à l’égard des produits pétroliers et gaziers qui représentent environ 50 % de notre consommation énergétique totale. Chaque jour, les Québécois consomment du gaz naturel acheté en Alberta et transporté par «pipeline» sur des milliers de kilomètres avant d’alimenter nos industries ou de chauffer nos maisons. Chaque année, nous payons près de 2 milliards de dollars aux Albertains afin de combler nos besoins en gaz naturel. Une production gazière québécoise pourrait générer autant d’argent ici et nous donner une marge de manœuvre financière et économique qui est aujourd’hui inaccessible.

Le Québec, un leader

Plusieurs études récentes démontrent que les Shales d’Utica contiennent assez de gaz naturel pour répondre aux besoins des Québécois pendant des décennies. Produire chez nous cette ressource essentielle à la compétitivité de plusieurs de nos entreprises m’apparaît un choix incontournable. Profiter de ce développement pour bâtir un nouveau secteur économique structurant et créateur de milliers d’emplois à rémunération élevée est impératif: des salaires de l’Alberta au Québec. Et faire tout ceci à l’intérieur d’un cadre réglementaire sécuritaire, respectueux de l’environnement et en conformité avec les aspirations des communautés locales est incontournable.

Le Québec s’est positionné comme un leader en Amérique du Nord et partout dans le monde. Notre façon d’encadrer l’activité industrielle en harmonie avec l’environnement est proche de celle de la Colombie-Britannique, où des centaines de puits ont été mis en production et où le développement de la filière gazière est fortement encouragé par les autorités gouvernementales. Le Québec a de plus posé des gestes très importants afin d’assurer la protection de nos réserves d’eau potable tout comme l’assainissement de celle utilisée pour nos besoins quotidiens. Les technologies que l’industrie utilise sont éprouvées et basées sur la préservation de nos nappes phréatiques. 

Prendre tous les moyens

Si 500 000 puits en dix ans ont été forés aux États-Unis, seulement environ dix seront creusés au Québec en 2010. Ce projet est encore au stade exploratoire, et les milliards de dollars d’investissement, de même que les dizaines de milliers d’emplois qui en découleraient, ne pourront se concrétiser que dans la mesure où nous démontrerons que le gaz contenu dans la roche peut être produit de façon rentable.

Les travaux menés par les sociétés d’ici et d’ailleurs sont faits en utilisant les meilleures technologies et les meilleures pratiques en parfaite conformité avec tous les lois et règlements qui régissent nos activités. Notre industrie ne pourra pas se développer si tous les moyens ne sont pas pris pour assurer des opérations sécuritaires et menées de façon responsable.
Avec les défis économiques et énergétiques auxquels nous faisons face, personne ne peut être indifférent devant une telle occasion. Nous pouvons être favorables au développement gazier ou contre. Cette prise de position doit toutefois se baser sur des faits vérifiables.

L’exploration gazière est nouvelle et méconnue pour la population québécoise. Il est donc normal que son arrivée suscite des questions et des préoccupations. L’industrie gazière sait qu’elle devra, au cours des prochaines semaines et des prochains mois, faire preuve de transparence et informer systématiquement la population afin de susciter l’acceptabilité sociale autour de cette nouvelle économie. Nous le ferons sans relâche.

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André Caillé - Président de l’Association pétrolière et gazière du Québec

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