Libre opinion - Pour le respect des enfants, des artistes et du public

Bien que nous ayons eu l'occasion de discuter avec Mme Marie-Josée Boileau après que Le Devoir eut fait paraître sa lettre d'opinion et de plainte le 18 janvier 2010, nous tenons à expliquer au grand public les raisons qui nous motivent à faire respecter la politique de l'âge minimum pour chacun des spectacles présentés à la Maison Théâtre. Précisons que 14 spectacles pour les jeunes de 3 à 17 ans composent notre saison 2009-10.

Depuis les années 1970, le théâtre jeunes publics s'est développé au contact des enfants. Les artistes et les concepteurs en théâtre jeunes publics ont approfondi leur connaissance et leur sensibilité aux jeunes publics. Ils tiennent compte des enfants dans leurs créations et se soucient de les rejoindre par des propos et des formes qui les touchent. C'est dans cet esprit que nous demandons aux adultes qui accompagnent les enfants au théâtre de prendre en considération l'âge minimum recommandé pour chacun des spectacles. Nous visons ainsi trois objectifs: présenter à l'enfant un spectacle conçu à son intention; permettre aux artistes de se produire devant le public ciblé; offrir à tous les spectateurs des conditions idéales de représentation.

S'il est vrai que les enfants participent à d'autres activités récréatives ou culturelles pour lesquelles aucun âge minimum n'est recommandé, il en va autrement au théâtre, un art vivant. De plus, la Maison Théâtre étant un lieu spécialisé dans la diffusion du théâtre pour les jeunes publics, nous avons un souci accru de mettre en place les meilleures conditions possible pour favoriser l'écoute et la rencontre des spectateurs avec l'oeuvre et les artistes.

Les enfants plus jeunes peuvent aimer le spectacle, mais ils ne réagissent pas aux mêmes moments que les enfants qui saisissent le propos; ils peuvent involontairement perturber la représentation. Il est difficile pour un enfant de rester attentif et silencieux durant près d'une heure quand le spectacle est conçu pour des enfants plus vieux que lui. De plus, un enfant qui pleure, parle ou doit sortir pendant la représentation détourne nécessairement l'attention des autres spectateurs.

Cette politique de l'âge minimum ne s'adresse évidemment pas au nourrisson en tant que spectateur [NDLR Mme Marie-Josée Boileau reproche à la Maison Théâtre de ne pas lui avoir permis d'assister à une représentation en compagnie de son fils aîné, car elle portait sur elle son nourrisson de trois semaines]. Cependant, leur présence dans la salle de spectacle risque de distraire l'attention des adultes et des enfants qui, attendris par le nouveau-né, se détourneraient momentanément du spectacle.

Nous savons que certains enfants sont plus éveillés ou plus sages que d'autres et qu'un nourrisson peut dormir profondément sans jamais émettre le moindre bruit, mais par souci d'équité, nous devons convenir d'un âge minimum et d'une politique qui s'applique à tous.

Nous sommes conscients des irritations et des frustrations que peut causer l'application de cette politique, que nous maintenons depuis plus de 25 ans. Cependant, l'expérience démontre que les spectateurs qui nous fréquentent saison après saison adhèrent à cette exigence puisqu'elle contribue directement à la qualité de la représentation et à leur écoute. Si nous dérogeons à la règle pour certains spectateurs, nous risquons d'offusquer d'autres parents qui auraient fait garder un plus jeune enfant pour profiter pleinement de la sortie avec leur aîné. Ainsi, il nous semble nécessaire que le bien-être collectif ait préséance sur le bien-être individuel.

En terminant, nous tenons à préciser qu'à la Maison Théâtre, nous recevons les plaintes avec ouverture et écoute, car elles représentent pour nous l'occasion de revoir nos façons de faire, d'améliorer nos politiques et notre service à la clientèle dans le plus grand respect des publics adultes et enfants qui nous fréquentent et des artistes que nous accueillons.

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Diane Chevalier - Directrice des relations avec les publics de la Maison Théâtre

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1 commentaire
  • France Marcotte - Abonnée 20 janvier 2010 11 h 23

    Le désordre

    "Cependant, leur présence (aux nourissons) dans la salle de spectacle risque de distraire l'attention des adultes et des enfants qui, attendris par le nouveau-né, se détourneraient momentanément du spectacle."
    Tout au long de son commentaire, on entend cette pauvre madame Chevalier marcher sur des oeufs. Et son extrême souci de l'ordre est omniprésent. Voyez-vous madame Chose, il y a les règlements... Bien sûr, mais comme disait Ferré: "le désordre c'est l'ordre, sans le pouvoir". Et le vivant, c'est tellement bordélique, on ne s'entend plus parler.