Libre opinion - Droits et Démocratie : une enquête immédiate

Monsieur le premier ministre Stephen Harper, En tant qu'anciens présidents de Droits et Démocratie, nous vous exprimons la profonde tristesse que nous a causée la disparition tragique de Rémy Beauregard à Toronto, le 7 janvier dernier. L'engagement du Canada à promouvoir les droits de la personne et la démocratie dans le monde a perdu en M. Beauregard un de ses ardents défenseurs. Nous offrons à sa famille, aux partenaires de Droits et Démocratie, de même qu'au Parlement du Canada, nos sincères condoléances.

Compte tenu des informations qui nous sont parvenues relativement aux circonstances qui ont entouré le décès de M. Beauregard, nous croyons que le comportement de certains membres du conseil d'administration soulève de sérieuses interrogations, qui méritent l'attention du gouvernement. De façon plus explicite, des actions et des stratégies employées par certains membres du conseil envers M. Beauregard et l'équipe de Droits et Démocratie, telles que rapportées en ce moment par les médias, pourraient être considérées comme du harcèlement psychologique et constituer une atteinte à l'indépendance et à l'intégrité de l'institution.

Quoique n'étant pas en mesure de juger ce qui est arrivé, nous voulons souligner le fait que le décès de M. Beauregard soulève des questions importantes relativement à la gouvernance et à la responsabilité des institutions publiques au Canada; au contenu et à la gestion de notre politique étrangère dans le domaine du développement des droits de la personne et de la démocratie; sans oublier le respect de la dignité et des droits de la personne d'un fidèle serviteur de l'État.

Nous reconnaissons que les membres du conseil d'administration peuvent à l'occasion avoir des opinions divergentes concernant les orientations stratégiques de l'institution; cependant ils doivent, en tout temps, respecter la Charte de l'institution et oeuvrer dans le meilleur intérêt de cette dernière. À ce sujet, nous avons pris connaissance de la requête unanime des gestionnaires et des employés de Droits et Démocratie demandant la démission de certains membres du Conseil d'administration, en qui ils n'avaient plus confiance. Si pour les individus en question la démission relève de leur conscience personnelle, il n'en demeure pas moins que le gouvernement est responsable de voir à ce que les membres qu'il nomme aux conseils d'administration d'institutions publiques canadiennes se comportent de façon adéquate.

Comme vous le savez, Droits et Démocratie doit rendre des comptes au Parlement à travers le ministre des Affaires étrangères sous la supervision du Comité permanent des affaires étrangères et du développement international. Nous croyons qu'une enquête approfondie des circonstances ayant entouré la mort de M. Beauregard devrait être amorcée immédiatement; cette enquête devrait porter une attention particulière au rôle et aux agissements du conseil d'administration, et les résultats devraient être présentés au Parlement au cours de la prochaine session.

Nous espérons, Monsieur le Premier Ministre, que vous partagez nos préoccupations au sujet des questions soulevées par la mort de M. Beauregard et nous espérons que votre gouvernement réagira de manière décisive et avec promptitude, de façon à garantir l'intégrité de Droits et Démocratie et à respecter la mémoire d'un honorable Canadien.

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Ed Broadbent, Warren Allmand, Jean-Louis Roy et Jean-Paul Hubert - Anciens présidents de Droits et Démocratie

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