Libre opinion - Députés démissionnaires, passez à la caisse!

En 2008, les Québécois ont choisi leurs représentants à l'Assemblée nationale le 8 décembre et leurs représentants à la Chambre des communes le 14 octobre.

Cent vingt-cinq députés à Québec et soixante-quinze députés à Ottawa ont bénéficié de la confiance des électeurs québécois l'an passé. Confiance que ces représentants du peuple ont demandée afin de servir la population pour un mandat légal de cinq ans. Un contrat lie ces élus et leurs électeurs. Ces derniers, également contribuables, ont accepté de verser environ 83 millions de dollars (une moyenne de 664 000 $ par circonscription) pour financer les élections québécoises et environ 70 millions (926 000 $ par circonscription), ce qui correspond à la proportion québécoise des dépenses effectuées par Élections Canada, pour s'assurer d'être représentés à Ottawa. En retour, les citoyens demandent d'être bien représentés par les élus du peuple.

Or, depuis, six députés québécois ont quitté leur poste plus ou moins un an après la date de leur élection. Mario Dumont, député de Rivière-du-Loup à l'Assemblée nationale, est parti après seulement trois mois (6 mars 2009), déçu de la performance de son équipe lors de l'élection. Monique Jérôme-Forget a largué ses électeurs de Marguerite-Bourgeoys quatre mois après l'élection pour aller conter des histoires à ses petits-enfants.

Paul Crête, député de Montmagny-L'Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup, a laissé son siège à la Chambre des communes le 3 mai 2009, environ six mois après l'élection au fédéral, pour tenter de remplacer Mario Dumont à l'Assemblée nationale. François Legault, député péquiste de Rousseau, a démissionné le 25 juin 2009 parce qu'il avait de la difficulté à tolérer son rôle dans l'opposition, huit mois après avoir bénéficié de la confiance de ses électeurs.

Réal Ménard a quitté la Chambre des communes le 16 septembre dernier, pour se présenter à l'élection municipale de Montréal. Camil Bouchard vient de poser le même geste, 12 mois seulement après avoir été élu, laissant ses électeurs sur le carreau, alléguant qu'à 64 ans il vient de prendre conscience du temps qui passe.

Afin que ces six personnes se fassent élire, les contribuables ont versé environ 4,5 millions de dollars. En partant, elles provoquent la tenue d'élections partielles qui coûteront environ 3,5 millions. Comme si cela n'était pas suffisant, les démissionnaires de l'Assemblée nationale reçoivent une prime de départ! Monique Jérôme-Forget, 146 000 $, Mario Dumont, 129 000 $, François Legault, 128 000 $, Camil Bouchard, 100 400 $.

L'irresponsabilité de ces personnes est révoltante. Parce qu'elles ne respectent pas la partie du contrat qui les concerne, elles devraient rembourser l'État pour le coût des élections partielles qu'elles ont provoquées et remettre la prime de départ qu'elles ont touchée. Selon le Code civil, une partie qui ne respecte pas ses obligations contractuelles peut être poursuivie par la partie qui a subi le préjudice. Il serait intéressant qu'une firme d'avocats intente un recours collectif contre ces députés démissionnaires au nom des contribuables québécois.

D'autre part, je demande aux élus de légiférer afin que de tels abus aient des conséquences pour les députés démissionnaires et non pour les contribuables, qui sont fatigués de payer pour les irresponsables.

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Jules Fournier - Montréal

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