Libre opinion - Une action soutenue pour la langue française

Au cours des derniers jours, certains articles et éditoriaux ont reproché au gouvernement de ne rien faire dans le dossier linguistique. J'aimerais apporter quelques mises au point en ce qui a trait à l'action gouvernementale en matière de francisation des entreprises et d'utilisation de la langue française dans l'administration publique.

Cette année, une proportion record (84,7 %) d'entreprises de 50 employés et plus ont généralisé l'utilisation du français au sein de leur milieu de travail. Cela n'a pas fait la manchette de beaucoup de journaux. Il n'y en a pas eu non plus pour souligner que, grâce aux divers programmes de soutien mis en place l'année dernière pour aider les entreprises à se franciser, plusieurs d'entre elles ont maintenant un environnement technologique permettant à leurs employés de travailler en français.

Nous avons également financé la réalisation d'un portail linguistique dans le domaine de l'aéronautique et de l'aérospatiale pour favoriser une meilleure utilisation du français au sein des entreprises de ce secteur économique, le plus important du Québec, ainsi que dans le domaine ferroviaire. Ces gestes, et bien d'autres, concourent à aider les travailleurs et les travailleuses au Québec à exercer leurs activités en français.

Par ailleurs, jamais autant de nouveaux arrivants n'ont suivi des cours de français. Pour l'ensemble des cours de francisation offerts par notre gouvernement, c'est actuellement plus de 36 000 étudiants qui apprennent le français. Du jamais vu! Les mesures que nous déployons dans le cadre de la Stratégie d'intervention de Montréal 2008-2013 pour accompagner les petites entreprises dans leur démarche de francisation commencent également à avoir des retombées positives.

Je tiens aussi à souligner que le ministère du Revenu, à l'instar de divers autres organismes gouvernementaux, revoit actuellement ses pratiques pour faire en sorte que le français soit la seule langue officielle utilisée dans ses communications écrites avec sa clientèle en affaires établie au Québec. D'ailleurs, le développement de ses services électroniques se fera uniquement en français.

Souvent, ces pratiques datent de plusieurs années, mais c'est notre gouvernement qui va les corriger. Nous sommes à revoir la politique linguistique gouvernementale afin de préciser et resserrer certains aspects, dont celui des services offerts en anglais aux personnes qui viennent s'établir au Québec. Cette entreprise est complexe, mais nous agissons déjà sur certains aspects. Ainsi, le 9 octobre dernier, les sept plus grands organismes gouvernementaux (CARRA, CNT, CSST, RAMQ, RRQ, Services Québec et SAAQ) ont été rencontrés et se sont alors engagés à rendre leurs messages d'accueil téléphonique conformes à la lettre et à l'esprit des directives de l'Office québécois de la langue française.

Enfin, je mentionnerai aussi que nous avons réussi, par une entente conclue avec l'Association canadienne du logiciel de divertissement, à faire augmenter significativement (de 35 % à 86 %) l'offre de jeux vidéo en français au Québec.

Voilà autant de gestes concrets en faveur du français. Voilà autant d'actions résolues et de moyens financiers réels pour les appuyer. Nous avançons en osant associer le monde des affaires et des partenaires économiques pour franciser les petites entreprises; en révisant la politique linguistique dans l'administration publique adoptée en 1996; en augmentant sensiblement tous les moyens possibles touchant la francisation des immigrants; en accordant aux organismes linguistiques (dont l'ajout de 20 agents de francisation) des crédits plus élevés qu'ils n'en ont jamais connu.

Voilà des gestes que le Parti québécois n'a jamais osé faire quand il était en position de gouverner, et devant l'incohérence de ses prises de position récentes, personne ne se laisse berner. C'est donc avec fierté et détermination que notre gouvernement continuera à faire des gestes concrets pour faire avancer le fait français au Québec.

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Christine St-Pierre - Ministre de la Culture, des Communications et responsable de l'application de la Charte de la langue française
3 commentaires
  • André Provost - Abonné 17 décembre 2009 08 h 03

    Avec un système scolaire en échec, comment prétendre améliorer la francisation?

    Il y a un aveuglement réel dans les prétentions de la ministre de la culture, Madame Christine St-Pierre. Comme autant les pédagogues que les linguistes tardent à reconnaître les bienfaits attestés du système Richer; il nous faut poser les bonnes questions à la ministre. Elle ne comprend pas que l'heure a sonné pour nous de franchirle mur qui nous interdit encore les territoires linguistiques, sous peine de croupir dans une ignorance inexcusable, à moins que ce ne soit une antipathie aveugle et consciemment étroite. Il lui faut comprendre qu'une culture au point exige une ouverture sur les choses de la langue, et même qu'il n'y a pas de véritable culture où les données linguistiques ne figurent pas. Ernest Richer, éminent linguiste québécois et pédagogue novateur, en effet, a déjà tout simplifié l'apprentissage des langues et de la nôtre en particulier, mais demeure ignoré de nos instances ministérielles et universitaires, comme de presque tous les enseignants.

    '' Est-il honnête, nous rapporte ce grand maître, d'instiller dans la tête des enfants des notions que les maîtres eux-mêmes n'ont jamais appris à préciser? N'est-il pas strictement immoral d'enseigner aux enfants des choses fausses? Il demeure assez étonnant de constater, précise-t-il, que personne à ce jour, ne se soit inquiété de savoir si notre enseignement de la langue répond à des normes de probité.'' Il conclue '' que grammairiens et linguistes se réservent des tâches différentes, mais le pédagogue chargé de grammaire se doit d'être aussi linguiste, sous peine d'être, aujourd'hui, inférieur à son rôle.'' Vite! à l'essentiel, voilà l'objet de ce courriel.
    Cordialement,
    André Provost mapl7@hotmail.com

  • L'ex-Canard - Inscrit 17 décembre 2009 09 h 18

    La francisation de McGill et autres

    Mme Saint-Pierre a-t-elle agi pour franciser McGill en la rendant véritablement "bilingue", comme les anglos nous ont fait dans le RdC?

    A-t'elle réclamé l'application de la Loi 101 dans les organismes fédéraux opérant au Québec? A-t'elle réclamé que Patrimoine Canadien cesse de financer le réseau associatif ringard anglo-québécois de QCQN

  • Claude Archambault - Inscrit 17 décembre 2009 14 h 02

    M Beaulieu

    Étant un gradué de l'université McGill, qui est une des universités les mieux coté dans le monde, je serais complètement désolé de la voir devenir officiellement bilingue et encore pire francophone. Tous ses services aux employés sont bilingues, il y a plusieurs cours qui se donnent en français et contrairement aux universités francophones, plusieurs professeurs, quand j'ai fait mon programme début des années 80, acceptaient que les travaux soient remis en français, chose que je n'ai jamais acceptée de faire. Un étudiant anglophone qui étudie à l'UQUAM pourrait il avoir le loisir de remettre un travail en anglais???
    Pour ce qui est d’appliquer la loi 101 aux organismes fédéraux opérant au Québec, quel idiotie, de un TOUS les services fédéraux doivent être disponible dans les deux langues, et appliquer la loi 101 rendrait ceci impossible. De plus cela rendrait impossible les transferts d’employés d’une région à l’autre du pays. Cela réduirait les québécois à l’univers réduit du petit québec. Car il faut se rendre à l’évidence le français en Amérique du nord est une langue régional et que mondialement elle est limité qu’a une poignée de pays développés (France Canada et Suisse) alors que l’anglais et la de plusieurs pays développés (USA, Australie, l’Angleterre, l’Irlande l’Écosse et La Nouvelle Zélande) et est la langue seconde la plus enseigné dans la presque totalité des pays de la planète.
    On peu protéger le français, on peu en faire la promotion, mais on ne peu forcer personne avec des lois à se servir du français. Tout comme nous n’avons jamais été forcé ici au Québec de parler l’anglais. Certes connaitre l’anglais a toujours amélioré la situation économique de certain, mais c’était un choix.
    Personne n’aime se faire imposer quelque chose, il y a des méthodes pour atteindre le même but. J’ai toujours demandé un service en français et en faisant savoir que mon pouvoir économique était suffisant pour l’obtenir. Mais aussi j’ai contribué au fond de lutte contre la loi 101 car elle impose et brime les libertés individuels et aussi j’obtiens toute ma communication du provincial en anglais, car c’est mon droit, au fédéral c’est en français, c’est mon droit.