Un plan qui rompt avec l'attentisme

Lorsque nous avons décidé de nous porter candidats du Parti québécois, c'est parce que nous étions animés de la conviction absolue que la souveraineté du Québec était le meilleur moyen d'assurer le plein épanouissement de notre peuple.

Cette certitude, elle est nôtre encore aujourd'hui. Nous sommes convaincus que les Québécois sont les mieux placés pour décider pour eux-mêmes. C'est pour cette raison que nous donnons notre appui sans réserve au «Plan pour un Québec souverain», présenté par Pauline Marois le 7 juin dernier.

Depuis le référendum de 1995, les souverainistes ont parfois eu de la difficulté à positionner leur projet de façon à mobiliser les forces vives de la société québécoise. Les interminables discussions quant à la démarche référendaire ont probablement contribué de façon importante à détourner l'attention de ce qui importe le plus, soit les raisons fondamentales pour les Québécois de se donner un pays.

L'arrivée de Pauline Marois à la direction du PQ a été salutaire en ce sens. En annonçant d'emblée son intention d'en finir avec les débats sur la mécanique, elle a non seulement suscité une harmonie rarement vue dans les rangs souverainistes, mais elle a permis de recentrer le débat sur ce qui importait le plus. C'était là la première étape pour relancer une discussion saine et constructive sur l'avenir du Québec. Il s'agissait maintenant pour Mme Marois d'indiquer dans quel cadre elle inscrirait son action.

En présentant son plan, la chef indique sa volonté de proposer une gouvernance qui place l'accroissement des compétences du Québec et l'accession à la souveraineté au centre de ses orientations. Si le PQ obtient le mandat d'appliquer son programme, au soir des prochaines élections, on pourra dire que jamais la volonté de faire du Québec un pays n'aura été aussi centrale dans toute l'action politique d'un gouvernement.

Loin de détourner l'attention de l'objectif ultime, cette vision représente donc une rupture réelle avec l'attentisme qui a été le nôtre depuis quelques années.

Il s'agit aussi d'une question de stricte loyauté à l'égard de la nation québécoise. Devant le recul de son poids démographique et l'accroissement unilatéral des prérogatives du gouvernement fédéral dans la foulée du rapatriement de 1982, il devient urgent pour le Québec de voir son pouvoir s'accroître et non pas diminuer. En ce sens, il y a urgence d'agir.

Le plan de Mme Marois prévoit les aspects suivants: protéger l'espace du pouvoir du Québec; utiliser pleinement nos compétences actuelles; prendre l'initiative dans les champs de compétence partagés; réclamer et obtenir de nouveaux pouvoirs actuellement détenus par Ottawa.

Ainsi, on entre dans une dynamique où tous les fronts sont ouverts afin de faire progresser le Québec au lieu de ne miser que sur la seule stratégie référendaire.

Dans un tel contexte, le fardeau de la preuve revient aux fédéralistes. À eux de démontrer que le système fédéral est capable de respecter les volontés du Québec ou encore d'avoir à expliquer pourquoi, selon eux, les politiciens fédéraux sont mieux placés pour faire des choix pour les Québécois.

Le nouveau «Plan pour un Québec souverain», au lieu d'enfermer le mouvement souverainiste dans le corridor référendaire, ouvre toutes les possibilités. Il s'agit donc d'un élargissement des voies d'accession du Québec à la souveraineté.

De façon régulière, dans le débat public, des voix se font entendre pour déplorer le fait qu'il devient difficile au Québec de tenir certains débats et de prendre certains virages.

Il est permis de se demander si notre échec collectif à régler l'enjeu de l'avenir politique du Québec n'y est pas pour quelque chose. Ainsi, émettre l'hypothèse que la question nationale occupera le devant du débat public tant et aussi longtemps qu'elle n'aura pas été vidée est plus que réaliste.

Aussi, on peut s'inquiéter du fait qu'aucun des camps n'ait su, depuis quelques années, générer de nouvelles avenues pour permettre le règlement de ce contentieux historique. Avec des souverainistes coincés dans les débats sur la date du référendum, des autonomistes sincères qui n'arrivent toutefois pas à expliquer comment ils comptent bâtir un rapport de force face à Ottawa ou encore à trouver une solution de rechange en cas d'échec et des fédéralistes qui s'accommodent sans problème du Canada tel qu'il est présentement, l'horizon a pu apparaître bloqué.

Avec son plan, Pauline Marois met en jeu une façon de faire qui peut vaincre l'inertie de la réflexion quant au devenir collectif des Québécois. [...]

Il est possible de recréer l'enthousiasme pour l'action politique. Il est possible de remobiliser les Québécois autour de la souveraineté. Il est possible de se donner un pays pour faire nos propres choix. Avec le «Plan pour un Québec souverain» de Pauline Marois, tout peut changer!

***

Ont signé ce texte: Maxime Arseneau, Marc-André Bédard, Rodrigue Biron, Rita Dionne-Marsolais, Yves Duhaime, Jacques-Yvan Morin et Jean-Guy Paré.

À voir en vidéo