Le devoir d'éclairer le lecteur

Dans Le Devoir du 29 septembre, je suis l'objet de l'article intitulé Une présumée scab écartée du NPD, signé par la journaliste Isabelle Porter. Elle ne manque jamais une occasion de mentionner dans ses articles qu'une personne a refusé de répondre à ses questions: ses lecteurs réguliers le savent. Ce qu'ils ne savent pas, par contre, c'est qu'elle ne prend pas toujours la peine de contacter les personnes qui font l'objet d'insinuation dans ses reportages.

Je souhaite donc l'aider à bien faire son travail, et à le faire jusqu'au bout. Dans cet article, elle avance que j'ai été expulsée du NPD pour laisser entendre par la suite que je n'étais toutefois pas la candidate officielle. Elle affirme aussi que j'étais employée de Canoë. Or, ces deux affirmations sont totalement fausses.

Premièrement, lors des discussions au sujet de ma candidature éventuelle pour le NPD, informée de l'appui de ce parti aux employés du Journal de Québec, j'ai expliqué au directeur général de la campagne du NPD, M. Éric Hébert Dali, la nature de mon contrat avec le Réseau Canoë. À ses yeux, malgré que je n'avais rien à me reprocher, malgré le fait que j'aurais été une excellente candidate, honnête et intègre — ce qui a été mentionné au Devoir —, il a répondu que malheureusement, dans les circonstances, à cause de la perception que ma candidature pourrait susciter, il serait préférable de ne pas poursuivre mes démarches. Il ajoutait que si l'élection avait lieu dans six mois, alors que toute cette affaire serait oubliée, j'aurais des chances.

Deuxièmement, je n'ai jamais été employée de Canoë, mais bien fournisseur pour ce réseau. Le contrat que j'ai signé couvrait une période de quatre mois, soit du 4 juin au 4 septembre 2007. À partir du moment où j'ai signé ce contrat, rien ni personne n'aurait pu m'empêcher de l'honorer et mon devoir était de le mener à terme, ce que j'ai fait.

De plus et malgré qu'on ait tenté de m'en faire porter l'odieux, je n'ai jamais été impliquée de quelle que manière que ce soit dans le litige qui opposait Quebecor et les employés qui étaient en lock-out: c'est une question qui devait être réglée entre ces deux parties. Jamais je n'ai reçu de mise en demeure, de citation à comparaître ou quoi que ce soit, ni de qui que ce soit dans leur conflit. J'ai fait le travail pour lequel j'ai été payée, selon les termes du contrat. Isabelle Porter pourra donc le noter.

On entend souvent dire que le monde politique est sale parce qu'il ne fait pas état de toute la vérité. Je crois qu'il faudrait aussi regarder du côté de l'empire médiatique, qui se targue d'être le quatrième pouvoir, celui qui s'arrange pour protéger ses amis, sans discernement, celui qui prend bien soin de ne donner la parole qu'à ceux qu'il protège au nom... du droit du public à être bien informé. Quand on fait du journalisme propre, on vérifie ses informations et on donne la parole à tous les intervenants qu'on cherche manifestement à impliquer.

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Réplique

Mme Lavoie a raison de dire que je ne l'ai pas contactée. Le fait que je ne l'ai pas fait n'enlève toutefois absolument rien à la validité des informations contenues dans l'article et cautionnées par le NPD.

Qu'elle soit coupable ou non dans cette affaire, Mme Lavoie fait partie des personnes mises en cause par le syndicat des employés du Journal de Québec dans une plainte déposée en novembre 2007 à la Commission des relations de travail (CRT) et à propos de laquelle aucune décision n'a encore été rendue.

Enfin, j'ai pris bien soin dans l'article de souligner que Mme Lavoie était «présumée» scab et ne me suis pas prêtée à quelque sous-entendu que ce soit à cet égard. L'article s'en tient aux faits et ne contient aucun procès d'intention contre Mme Lavoie, ce qui est loin d'être le cas dans sa réplique à mon endroit.

Isabelle Porter