Le PL sur le travail des enfants, pas un fromage à gruger

L’éditorial de Louise Maude Rioux Soucy du 26 avril soulève un point très important et peu évoqué des impacts de la loi concernant l’encadrement du travail des enfants et l’équité intergénérationnelle. Au moment où plusieurs travailleurs et travailleuses souhaitent réduire leur temps de travail pour des raisons familiales ou tout simplement pour mieux profiter de la vie, elle mentionne à juste titre que « la génération qu’on appelle en renfort risque de perdre au change » si elle n’est pas protégée et si trop d’exceptions sont faites au projet de loi.

On peut effectivement se demander, audacieuse question, si tous fournissent leur juste part en laissant les générations montantes combler les déficits de main-d’oeuvre en occupant les petits boulots. Dernière province à se doter d’un âge minimal pour le travail, le Québec ne doit pas rater l’occasion de se doter d’un outil législatif qui permettra d’éviter le décrochage scolaire et l’épuisement mental de jeunes dont le métier, à l’heure actuelle, est de fréquenter l’école. Le travail des jeunes est fréquemment un soutien apporté à des familles en difficulté. À côté des discours sur le désir d’autonomie des jeunes, se cache souvent une autre réalité : celle d’aider des familles frappées par l’inflation.

Les batailles menées durant des décennies au Québec, les nombreux retards que nous avons dû combler devraient nous faire réfléchir avec une lorgnette de bien commun. Le bien commun demande que les générations actuelles qui ont bénéficié des acquis passés se soucient du bien-être des générations montantes afin que le projet de loi ne soit pas affaibli par trop d’exceptions.

À voir en vidéo