« Clause nonobstant »

Je n’ai pas l’impression que, lors de la prochaine conférence visant à modifier la Constitution du Canada, si jamais il s’en tient une, on parlera du transfert des pleins pouvoirs dans le domaine de l’immigration au gouvernement du Québec.

Le Canada anglais a tellement de préjugés en ce moment contre notre gouvernement, à cause de l’adoption de la loi 96, qui modifie la loi 101 (Charte de la langue française) et, surtout, de l’usage de la disposition de dérogation (« clause nonobstant ») à la Charte des droits fédérale […].

Que pourra plaider le gouvernement fédéral devant les tribunaux contre l’usage que le Canada anglais trouve abusif de cet article par le Québec ? Rien ! Il fera semblant de plaider. […]

Ce n’est pas de gaieté de coeur que le gouvernement du Québec use de cet article. C’est la raison d’État qui le commande. Si nous formons un peuple, une nation de langue française, dans cette mer anglophone que constitue le continent nord-américain, à cause de notre taux de natalité fort bas, il faut bien que notre gouvernement prenne ses responsabilités et assume les devoirs que cela comporte, même si cela peut faire mal. Notre histoire est telle qu’il nous faut procéder ainsi pour faire vivre ce peuple, le faire grandir et s’épanouir. Pas de faux-fuyant, le remède s’impose de lui-même ! Ceux qui diront le contraire sont des menteurs ou des rêveurs.

Pour le Canada anglais, c’est justement là que le bât blesse. Ce Canada-là voudrait rendre la disposition de dérogation moins accessible […]. De l’autre côté de la rivière des Outaouais, on veut bien qu’un peuple québécois de langue française existe au Québec, mais on ne veut pas qu’il dispose de moyens coercitifs pour assurer sa pérennité. Pour le Canada anglais, c’est par magie que cela doit se faire.

En fait, le Canada anglais voudrait nous imposer, au nom d’une uniformisation culturelle d’un océan à l’autre, un modèle de gouvernance qui ne convient nullement à la situation […].

Cependant pour nous, la question reste entière : avons-nous vraiment conscience de former un peuple, une nation de langue française, avec tous les devoirs et toutes les responsabilités que cela comporte, même si certaines décisions à prendre peuvent faire mal 

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