Un triumvirat redoutable

Dans le domaine de la santé, les ordres professionnels, les universités et les syndicats ont une responsabilité partagée dans la pénurie de main-d’oeuvre qui affecte grandement ce secteur.

Les ordres professionnels ont intérêt à relever les exigences à l’entrée dans les professions sous le couvert de la protection du public : hausse des années de cours, hausse des diplômes au cégep, à l’université, du baccalauréat au doctorat, difficulté d’accès aux candidats étrangers, faible taux de réussite aux examens de l’ordre, etc.

Les universités ont un avantage à garder le plus longtemps possible leurs étudiants, pour des raisons financières. Comme les ordres professionnels, elles ont aussi intérêt à contingenter au maximum le nombre de candidats formés à l’étranger.

Les syndicats tirent profit d’un marché du travail non saturé, la pénurie de main-d’oeuvre exerçant une pression à la hausse sur les salaires.

Le gouvernement est mal préparé à faire face à ces pressions. Le ministère de l’Éducation, le ministère de la Santé et l’Office des professions travaillent séparément et inefficacement sur ces dossiers. Notons qu’en Ontario, les ordres professionnels dans le domaine de la santé sont sous la responsabilité du ministre de la Santé. Le premier ministre serait bien avisé de vérifier dans quelle mesure la source de la pénurie de main-d’oeuvre ne provient pas de la convergence des intérêts de ces trois gros acteurs et d’un dysfonctionnement des instances gouvernementales à l’égard de ces pressions.

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