Le tyrannosaure dans la bergerie

Il n’y a pas que les énergies qui sont fossiles, les dinosaures liquéfiés en compagnie de leurs fougères circulent dans les veines durcies de cerveaux atrophiés. Comme s’il ne suffisait pas d’un Fitzgibbon à l’énergie, nous voici flanqués d’un Ahmed al-Jaber à la COP28.

Ça fait déjà quelques décennies qu’on vit une époque délirante qui vire de plus en plus à l’entonnoir sur la tête. On a eu les médecins au pouvoir qui ont achevé le système de santé à la limite du darwinisme social, on a maintenant des affairistes qui masquent leur continuité de croissance sous le vocable de « transition » pour nous démontrer qu’au bout du pipeline s’alignent des salades.

Le monde ressemble de plus en plus à une courtepointe, où chaque pièce est coupée des autres en parcelles d’initiatives qui s’annulent mutuellement. Vous conduisez votre petite voiture électrique avec la fierté d’un volt conscient de son aspect transitoire quand un gras 4x4 thermique vous éclabousse en vomissant un vieux remugle d’essence sur son passage. Il faut un certain courage pour ne pas se sentir annulé.

De gauche identitaire à nazi bien saignant, de républicain chaotique à démocrate tournedos, nous plaçons des lunettes véganes sur la lueur visqueuse d’un steak au pétrole.

Mais nous pouvons nous targuer d’une certaine connivence avec la nature, nos coeurs secs étendent les déserts quand nos larmes de crocodile inspirent les déluges de plus en plus bibliques, au point de considérer la résurrection du tyrannosaure comme le sauveur d’une eschatologie pétrolifère qui annonce l’expansion considérable d’un mammifère bien connu à la tonte rapide.

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