Fitzgibbon: 1; avenir du Québec: 0

Hiver 2021. En prévision d’un cours de management à l’Université Laval, je contacte (sans trop de conviction quant à l’issue de ma demande) le service à la clientèle d’Hydro-Québec. Mon ambition : obtenir une entrevue avec nulle autre que la p.-d.g. d’Hydro-Québec pour la réalisation d’un travail d’équipe.

La session universitaire débute. Nous nous rencontrons virtuellement une première fois, ma coéquipière et moi, afin d’échanger nos points de vue sur le travail qu’il nous faudra réaliser. Elle me propose d’abord le nom d’un gestionnaire que nous pourrions approcher ; puis, craignant de passer un peu pour un hurluberlu, je lui dévoile mon audacieuse initiative. Enthousiaste, elle est, un peu comme moi, fébrile à l’idée de pouvoir réaliser une entrevue avec Sophie Brochu, mais également consciente que cette éventualité pourrait ne jamais se matérialiser. Sans toutefois amorcer quoi que ce soit, nous demeurons prêts à plancher sur notre plan B, celui-ci étant nettement plus accessible… Puis, la réponse que je n’attendais plus (convaincu que j’étais de la perte de mon courriel au coeur du dédale administratif de la correspondance chez Hydro-Québec) apparaît sur mon ordinateur : Sophie Brochu accepte de nous accorder une entrevue sur Teams, en février 2021.

Ce jour-là, nous sommes tous les trois derrière nos écrans respectifs. D’une simplicité déconcertante, Sophie Brochu nous accueille avec une énergie digne d’un barrage hydroélectrique. D’entrée de jeu, elle nous fait savoir qu’elle ne répondra pas à des questions auxquelles on peut facilement trouver les réponses sur le Net, questions que nous nous apprêtions pourtant à lui poser, histoire de briser la glace. Or, elle avait tout à fait raison, puisqu’elle avait beaucoupà nous transmettre ; mais avant tout, elle désirait nous connaître, savoir à qui elle s’adressait. Parmi les sujets abordés : susciter le désir d’évoluer plutôt que parler de changement, faire rêver à la destination plutôt que s’empêtrer sur le chemin pour y parvenir et, finalement, y renoncer parce que trop d’efforts sont nécessaires. Bref, ce fut une rencontre de 30 à 45 minutes qui a valu son pesant d’or à nos yeux, nous qui n’étions pourtant que deux étudiants universitaires désireux de réaliser un travail d’équipe.

Je ne connais de cette femme que ce que les médias nous en disent. Mais en repensant à cette entrevue inspirante qu’elle nous a accordée, je crois personnellement qu’on pouvait davantage se priver d’un superministre que d’une gestionnaire visionnaire comme Sophie Brochu.

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