Privilégiés, favorisés et naufragés

Ce titre, vous l’aurez peut-être compris, évoque la situation désastreuse de notre système d’éducation à trois vitesses. Si on exclut les profiteurs de ces luttes de classes, la majorité des Québécois n’adhère pas à cette régression qui ouvre la porte à une dégradation marquée des classes ordinaires de l’école publique, où les élèves sont victimes d’une inégalité des chances programmée. Devant ce constat inquiétant, que répond le nouveau ministre de l’Éducation ?

Dans une mêlée de presse, le ministre Drainville affirme que le système à trois vitesses est là pour de bon et que les subventions à l’école privée seront maintenues. Conformément au slogan électoral de la CAQ, il continue à faire du surplace tout en promettant d’ajouter des bouées de sauvetage à ces laissés-pour-compte de l’école publique qui risquent de sombrer dans la « tempête parfaite » qu’on leur impose.

Ce que semble oublier le ministre, c’est que le problème est structurel et que des solutions conjoncturelles ne seront que du baume sur des blessures qui se gangrènent faute de soins appropriés. Oui, il y a un manque de personnel à combler ; oui, il faut revaloriser le statut d’enseignant ; oui, il faut ajouter des ressources pour épauler les profs ; oui, il faut revoir la formation des maîtres. Toutes ces mesures ne sont pas mauvaises, mais quand le rafiot ne tient plus la mer, il faut le remplacer par une nouvelle embarcation afin d’assurer la sécurité de ses occupants. […]

Quand une structure s’écroule face à l’érosion qui la mine, un drainage n’est pas suffisant. De même, face aux problèmes d’iniquité du système éducatif québécois, il est impérieux de le restructurer pour le remettre à flot afin d’assurer une égalité des chances pour l’ensemble du Québec.

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