Preuve par l’absurde

La lettre de Renaud Lachance, publiée dans les pages du Devoir le 26 novembre, a de quoi remettre en question la valeur de son travail à la Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction (CEIC). Il affirme que le fait de contribuer à la caisse du parti (libéral) au pouvoir n’a jamais été une condition pour obtenir un contrat, mais qu’a contrario, c’est le fait d’obtenir un contrat qui faisait en sorte qu’un entrepreneur se voyait ensuite harcelé pour contribuer. C’est le sempiternel débat de la poule et de l’oeuf. Lequel vient en premier ? Le contrat ou la contribution ? La logique de M. Lachance nous dit que si le contrat précède la contribution, on ne peut pas affirmer qu’il y a un lien, même indirect, entre les deux. C’est si bête qu’on se surprend de ne pas y avoir pensé. [...] Il conclut sa lettre en se félicitant que la commission « a[it] fait ses frais » selon ses propres mots. Mesquine considération de comptable. La santé, la justice, l’éducation et la tenue d’élections sont toutes des missions de l’État hautement déficitaires d’un point de vue économique. Ont-elles moins de valeur pour autant ? La CEIC, en somme, devait répondre à une question simple, que le citoyen est en droit de se poser. « Jusqu’à quel point est-ce l’argent qui contrôle les décisions politiques au Québec ? » Par sa lettre, il y fournit une réponse limpide : « Totalement ». Ce n’est pas qu’on soit vraiment surpris, mais la preuve par l’absurde dont il fait la démonstration n’a rien de réjouissant.

 

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