Distorsions

Les résultats découlant des dernières élections québécoises démontrent le passéisme du mode de scrutin issu des traditions britanniques. À sa face même, le nombre d’élus par rapport au suffrage exprimé dénote une outrageuse disproportion qui frôle une apparente illégitimité. Mais le bât blesse encore plus lorsqu’on constate le sort qui est réservé au PQ dans la répartition des questions (cinq par tranche de cent) et des ressources consenties. Dans les deux cas, il s’agit d’une aide médicale à mourir qui lui est malicieusement offerte par les autres partis.

Certains prétendent que les règles du jeu sont ainsi faites et qu’il faut s’y soumettre. À ces défenseurs du statu quo, il est important de souligner que les résultats électoraux ne reflètent pas le choix démocratique des électeurs. Si la représentation proportionnelle n’est pas dans les cartons des caquistes, ces derniers, ainsi que les oppositions, auraient pu suppléer cette « injustice » par une ouverture pour faciliter une présence minimalement efficace du PQ.

Malheureusement, la CAQ (90 députés avec 40,98 % du vote), le PLQ (21 députés avec 14,37 % du vote) et QS (11 députés avec 15,43 %) ont vidé la caisse, ne laissant presque rien au PQ malgré ses 14,61 % de suffrages exprimés. Pourquoi le premier ministre Legault s’acharne-t-il sur le parti qui l’a mis politiquement au monde ? De même, le PLQ n’aurait-il pas avantage à maintenir un parti officiellement indépendantiste qui pourrait leur servir de contre-face ? Également, QS, par respect pour ses membres souverainistes, écologistes et solidaires de gauche, ne devrait-il pas aider un parti comme le PQ qui contribuerait à faire avancer ces idées à l’Assemblée nationale ?

Comme on peut le constater, les distorsions électorales ont faussé le choix démocratique des électeurs. Conscients de cette nouvelle réalité, les différents partis politiques auraient dû se gouverner en conséquence et accorder une place décente pour tous. En excluant le PQ du jeu parlementaire, ils nous montrent leur vrai visage. Ces partis font de la petite politique opportuniste au détriment d’une volonté populaire exprimée, alimentant ainsi le cynisme d’une population qui en a soupé de ces petitesses de leurs élus.

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