L’énergie fossile à la COP27

Bonjour, Monsieur le Ministre,

J’hésitais beaucoup à vous écrire. Je me suis dit que cela ne donnerait rien. Je sais que vous savez très bien que la présence de très gros pollueurs sous le drapeau canadien à une conférence sur l’environnement (COP27) est un affront sans description.

D’ailleurs, dans un article de La Presse canadienne, repris entre autres par Le Devoir, on indique : « Le ministre [de l’Environnement] sait par ailleurs que le Canada ne pourra prétendre à un quelconque leadership à cette conférence car il a un sérieux déficit de crédibilité à combler. Malgré les beaux discours, le bilan carbone du Canada n’est pas à la hauteur de ses prétentions, loin de là. »

Vous pourriez, si vous étiez libre de le faire, m’enseigner beaucoup sur l’urgence d’agir pour renverser la trajectoire actuelle ainsi que sur les conséquences de notre refus d’agir adéquatement sur le plan de l’environnement. Je ne vous apprendrais absolument rien sur la destruction de l’écosystème qui s’en vient si l’on continue notamment notre exploitation éhontée des énergies fossiles.

C’est cela qui me déçoit tellement, Monsieur Guilbeault. Vous connaissez très bien l’état de la situation. Je n’avais pas beaucoup de confiance après le premier mandat du gouvernement libéral, notamment sur la question de l’environnement. Je me suis dit qu’avec la nomination comme ministre de quelqu’un qui a votre niveau d’expertise sur cette question, peut-être il y aurait un changement de cap.

Mais non. Finalement, vous donnez une crédibilité aux compagnies qui font le plus empirer l’état actuel de la situation. Ces compagnies, avec la complaisance de votre gouvernement, sont capables de dire, lorsqu’elles font face à des critiques : « Voyons donc, nous étions à la COP avec un des plus grands défenseurs de l’environnement au Canada, ancien dirigeant de Greenpeace et ministre actuel de l’Environnement. On ne peut être plus verts que ça ! »

Le pire, c’est que vous participez à l’augmentation du cynisme ambiant, particulièrement chez les jeunes. Je comprends très bien que vous ne prenez pas les décisions tout seul, mais je trouve que vous manquez une occasion unique de prendre un leadership.

Comme je l’ai dit en ouverture, Monsieur Guilbeault, je crois que cette lettre ne changera strictement rien. Je trouvais quand même important de vous faire part de ma déception.

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