Des «bébelles» pour Noël

On l’a bien compris, depuis qu’il est en poste, le premier ministre du Québec espère créer de la richesse et voudrait mettre en place des mesures visant à augmenter les salaires afin de rattraper la moyenne canadienne. Malheureusement, le gouvernement de la CAQ semble bien moins s’inquiéter des gens qui sont au bas de l’échelle. Avec l’annonce du ministre Girard qui vise à donner un montant d’argent à l’ensemble des Québécoises et des Québécois pour leur permettre de faire face à l’inflation, on pourrait penser que les trois milliards et demi seraient mieux dépensés si c’était pour les investir dans la lutte contre la pauvreté.

Nous n’avons pas besoin d’être d’accord avec le premier ministre canadien, Justin Trudeau, pour trouver que le petit cadeau, promis en campagne électorale pour s’attirer des votes, n’aidera en rien les citoyennes et les citoyens du Québec les plus touchés par l’inflation galopante. Alors, pourquoi ne pas penser à investir ces sommes considérables dans des mesures structurantes exigées depuis longtemps par des groupes comme le Collectif pour un Québec sans pauvreté ?

Avec les hausses spectaculaires, dans bien des cas, du prix des logements, bien des gens ont peine à se nourrir convenablement. Lorsque les loyers occupent plus de 50 % des revenus, il devient très difficile de combler les besoins de base. Et les banques alimentaires crient famine. De plus en plus d’étudiants à faible revenu y ont recours. Pourquoi ne pas penser à rehausser substantiellement les montants alloués pour l’aide sociale ? Pourquoi ne pas mettre en place des mesures d’accompagnement pour augmenter le salaire minimum dès maintenant ? Et penser à augmenter les bourses d’études? Dans un pays riche comme le nôtre, il est tout à fait indécent d’ignorer tout un pan de la population qui vit avec des miettes.

Nous pensons qu’un meilleur modèle de répartition de la richesse serait une avancée pour le Québec et que l’argent des contribuables serait mieux investi en donnant un coup de pouce aux moins nantis. Le gouvernement Legault a changé plusieurs fois de direction lorsque le sens commun le commandait. Dans le cas présent, investir trois milliards et demi pour alimenter la consommation, en achetant de nouvelles « bébelles » à l’approche de Noël, ne changera pas vraiment la donne pour celles et ceux qui en arrachent le plus face à l’inflation. Nous exhortons le gouvernement à entamer une véritable réflexion sur le bien-fondé de cette mesure qui, somme toute, est inéquitable.

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