Obligations pour l’Ukraine

Les Canadiens ont besoin qu’on leur explique plus clairement la proposition du gouvernement fédéral de vendre des obligations en faveur de l’Ukraine.

Traditionnellement, les obligations sont utilisées pour financer des infrastructures. Par exemple, en mars de cette année, le Canada a émis des obligations vertes à hauteur de 5 milliards de dollars pour financer des investissements dans des infrastructures vertes et d’autres projets ayant pour but de contrer le changement climatique et de protéger l’environnement. Le gouvernement projette d’en émettre davantage. Étant donné le statut de premier ordre (AAA) du Canada, des investisseurs étrangers ont reconnu là un bon investissement et constituent 45 % du bassin d’investisseurs.

Alors, quels sont les rouages de cette proposition d’obligations pour aider l’Ukraine ? Trudeau a déclaré que ces obligations seraient tout comme des obligations ordinaires à cinq ans. Ce qui veut dire que le gouvernement canadien vend les obligations et recueille les fonds à donner aussitôt à l’Ukraine. Le gouvernement paiera chaque année aux acheteurs un intérêt sur les obligations. Et lorsque les obligations arriveront à maturité, dans cinq ans, le gouvernement remboursera les acheteurs. Rappelons que les acheteurs d’obligations peuvent être des investisseurs étrangers à la recherche d’un retour sans risque sur leur investissement.

Comment le gouvernement remboursera-t-il les acheteurs d’obligations ? D’où viendra l’argent ? Le gouvernement devrait emprunter l’argent, ce qui contribuerait à l’alourdissement de la dette nationale. Et cet argent, bien sûr, ce seraient les contribuables qui le fourniraient.

À première vue, il semble qu’il s’agisse d’un cadeau donné à l’Ukraine maintenant, payé par les acheteurs maintenant. Mais en réalité, c’est un cadeau que les contribuables canadiens paieront dans cinq ans.

Comparons avec ce qui s’est passé après la Seconde Guerre mondiale, quand la Grande-Bretagne faisait face à de graves difficultés économiques et financières. Ce pays a négocié un prêt important à long terme et à faible taux d’intérêt avec les États-Unis et un autre, moins important, avec le Canada. Ce n’est qu’en 2006 que la Grande-Bretagne s’est acquittée de sa dette.

Le gouvernement fédéral doit expliquer plus clairement la proposition de vendre des obligations en faveur de l’Ukraine.

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