Chantal Rouleau et son prix de consolation

Il y a une nouveauté au Conseil des ministres qui, il me semble, n’a pas retenu l’attention qu’elle mérite, et c’est celle de Chantal Rouleau comme ministre responsable de la Solidarité sociale et de l’Action communautaire.

Jamais, dans le cours de nos luttes sur la reconnaissance, nous n’avions imaginé nous retrouver un jour avec une « ministre » dont l’action communautaire serait mentionnée dans le titre. C’est une première. Une première passée sous silence.

La chose est compréhensible. Cette nomination a plutôt les apparences d’un prix de consolation. En effet, Mme Rouleau, comme ministre déléguée aux Transports et ministre responsable de la région de Montréal et de la Métropole, n’a pas fait grande impression. Mais elle est l’une des rares élus de la métropole, conséquemment elle devait rester ministre et M. Legault se devait de lui offrir un prix de consolation. C’est ainsi que ce qui pourrait être présenté comme une avancée majeure de reconnaissance devient un petit truc sans importance.

Pourtant, il y a là de vastes chantiers à ouvrir et des pots cassés à réparer. Par exemple, il faut continuer de faire la promotion de la politique gouvernementale d’action communautaire, écouter les critiques sur ce nouveau plan qui devrait en être le reflet conséquent. Ou, par exemple, accélérer le rattrapage financier des groupes de défense des droits, défendre l’autonomie des organismes ou encore transformer le plan de lutte contre la pauvreté en plan de lutte contre les inégalités sociales.

Il y aurait tant à faire comme ministre de la Solidarité sociale et de l’Action communautaire. Alors, je souhaite que Mme Rouleau relève ces défis avec détermination et enthousiasme. Enfin, je lui rappelle qu’il y a des centaines de personnes qui se sont retrouvées malgré elles dans le communautaire et qui en sont sorties grandies.

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