La tête haute

Si prêter serment a encore un sens aujourd’hui, alors il est essentiel que la personne assermentée en comprenne bien la teneur en son âme et conscience. Envers qui d’autre qu’à son peuple un élu québécois devrait-il être tenu de prêter allégeance ? En relevant ainsi la tête, et en refusant de l’incliner devant le roi Charles III, Paul St-Pierre Plamondon nous grandit tous.

En tout cas, il me grandit, moi. En tant qu’écrivaine québécoise qui doit tout à la culture de son pays, le Québec. En tant que grand-mère qui veut voir ses petits-enfants évoluer dans un Québec de plus en plus fier de sa langue et de sa culture. En tant que citoyenne d’un Québec fier et autonome. Le pays, nous l’avons, et il est beau. Il n’y a qu’à voir la multitude de touristes qui viennent chaque année profiter de ses beautés et de sa joie de vivre, de ses particularités toutes québécoises.

Paul St-Pierre Plamondon m’a permis de relever la tête durant ce moment humiliant pour nous tous, celui de prêter allégeance à un roi d’un autre pays. Dans les années 1970, j’ai fait un séjour de quelques mois à Londres. Lorsque l’on me demandait d’où je venais, je commençais invariablement par dire « du Québec ». Presque chaque fois, je devais expliquer que le Québec était l’une des provinces canadiennes. Très souvent, surtout lorsqu’il s’agissait d’interlocuteurs d’un certain âge, on me répondait : « Ah ! You are from the colony. » Enfant de la Révolution tranquille, je ne me voyais pas du tout comme colonisée. Et pourtant, dans le regard de l’autre…

J’espère que tous nos élus vont se ressaisir et refuser de porter allégeance à une royauté qui ne nous définit pas. La tête haute, d’autant plus qu’elle ne serait pas alourdie d’une couronne. Tout en pensant « Je n’ai jamais voyagé vers un autre pays que toi mon pays ». Ce serait une belle manière de fêter le mois aux couleurs vibrantes, ce serait « nous ondulant dans l’automne d’octobre ».

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