Distorsion électorale

Le 3 octobre, en faisant élire 90 députés sur les 125 de l’Assemblée nationale, soit 72 % d’entre eux, avec un peu moins de 41 % des suffrages, la Coalition avenir Québec du premier ministre François Legault a profité d’une des plus fortes distorsions de l’histoire électorale du Québec.

En effet, seules les élections de 1948, gagnées par l’Union nationale de Maurice Duplessis, et celles de 1973, remportées par le Parti libéral de Robert Bourassa, ont affiché des résultats aussi antidémocratiques. En 1948, l’écart entre le pourcentage des suffrages obtenus et le pourcentage de députés élus avait été de 38,1 % en faveur de l’Union nationale, et, en 1973, de 38 % en faveur des libéraux.

Mais cette fois-ci, le parti qui formera l’opposition officielle, le Parti libéral de Dominique Anglade, a aussi été favorisé indûment par le mode de scrutin, car avec seulement 14,4 % des suffrages, il a fait élire 21 députés, soit 16,8 %.

Tout un contraste avec le Parti conservateur d’Éric Duhaime, qui, bien qu’il ait obtenu 12,9 % des suffrages, n’a pas réussi à faire élire de député. Le Parti québécois, qui devance le Parti libéral dans les suffrages, avec 14,6 % des votes, n’a réussi à faire élire que 3 députés, soit 2,4 % des 125. Québec solidaire, lui aussi, est affligé d’un déficit de représentation, car malgré l’obtention de 15,4 % des suffrages, ses 11 élus ne représentent que 8,8 % de la députation.

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