Le boeuf et la charrue

(À titre d’ingénieur, le soussigné a conçu et réalisé plusieurs projets d’infrastructures publiques au Québec au cours de sa carrière.)

Le boeuf devant la charrue constitue un axiome bien connu. Il semble toutefois que, de nos jours, cela ne soit plus vrai pour des projets comme celui du troisième lien.

 

En effet, ce projet de la CAQ rôde dans les parages depuis 2018, alors que l’on vient d’apprendre que les études pour le justifier et le décrire ne sont pas encore terminées. C’est la charrue qui tire le boeuf.

Il est tellement à la mode qu’il est devenu pour les médias un sujet en or, qui leur permet de faire beaucoup de chemin dans les émissions et les écrits. Pendant la présente campagne électorale, c’est devenu la folie générale, qui permet aux candidats de se lancer dans la mêlée chacun à son tour, certains pour affirmer que le lien causera des gaz à effet de serre, d’autres pour brandir la menace de l’étalement urbain et d’autres encore pour en nier la nécessité, etc.

Des experts se sont aussi avancés pour s’opposer au projet en invoquant des arguments dont la valeur est très discutable. Mais, personne n’a eu l’idée de dire, tout simplement, que tout le monde peut se tromper et qu’on ne peut raisonner avec lucidité que lorsque les faits probants ont été établis.

Il serait donc judicieux que les politiciens et les candidats refusent de participer à des échanges au sujet des projets de transport dans la région de Québec, ce qui comprend aussi le tramway, tant qu’ils n’auront pas fait l’objet d’études et de documents fournis par une personne membre d’un ordre professionnel désigné par la loi comme compétent dans le domaine du transport.

On éviterait ainsi de réentendre des propos inutiles, sinon des insanités.

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