Vive le roi… d’Angleterre

Maintenant que sont derrière nous les émotions bien compréhensibles qui ont suivi le décès de la reine Élisabeth II et que Charles III a pris les rênes du pouvoir, il serait temps pour les Canadiens de se préparer avec tact et prudence à l’abandon de la royauté. Il n’est pas nécessaire d’avoir un doctorat en sciences politiques pour comprendre que ces résidus de l’époque coloniale ne devraient plus avoir cours dans nos terres. […]

Cela n’inquiète pas Marc Laurendeau, qui trouvait des mérites à la souveraine par le fait, surprenant, semble-t-il penser, qu’elle se soit opposée à l’apartheid ! Comme si cette prise de position était courageuse de sa part. Mais tout le monde était contre l’apartheid ! […] M. Laurendeau disait aussi qu’avec le départ de la reine, on changeait d’ère, comme si celle-ci était au centre des grandes décisions politiques des dernières décennies. Mais en Angleterre comme ici, ce sont les Parlements qui font les lois, pas les souverains, qui n’exercent finalement que des fonctions d’un autre âge avec un pouvoir plus symbolique que réel.

Cela étant dit, il est désolant de constater que les Canadiens n’ont pas le dernier mot sur les lois qui régissent leur pays. Elles n’obtiennent force de loi qu’après avoir été approuvées par la reine. […] Soyons modernes et célébrons le nouveau millénaire en devenant indépendants dans tous les aspects de notre vie politique, autant législatifs que symboliques. En laissant tomber la royauté britannique, qui disparaîtra de notre monnaie et de nos symboles nationaux, nous donnerons une image moderne du Canada. Ce vieil atavisme qu’est la royauté britannique nous ramène dans un autre siècle et représente un véritable retard sur l’horaire de l’Histoire.

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