Élisabeth II et le référendum écossais

Le deuxième référendum sur l’indépendance de l’Écosse, que la première ministre, Nicola Sturgeon, compte tenir le 19 octobre 2023, a de meilleures chances de réussir maintenant que la reine Élisabeth II est décédée. Car nous savons que le prince Charles, qui héritera de la couronne, est beaucoup moins populaire que sa mère. Ce décès achèvera peut-être de convaincre des indécis, qui feront, qui sait, changer les choses.

En outre, si la situation économique de la Grande-Bretagne est aussi déplorable dans un an qu’elle l’est aujourd’hui, cela pourrait rappeler aux Écossais que le Brexit, auquel ils étaient opposés à un peu plus de 60 %, a été un échec lamentable. Or, le chemin le plus rapide pour réintégrer l’Union européenne est celui de l’indépendance.

Que le gouvernement britannique donne son aval ou non à la tenue du référendum, Mme Sturgeon se présentera le moment venu devant son homologue à Londres, Liz Truss, et lui rappellera que deux États ont librement fusionné en 1707 et que l’heure est venue d’aller chacun de son côté. Si celle-ci reste de glace, celle-là n’aura d’autre choix que de foncer.

Pour encourager Mme Sturgeon, je mentionne que le Québec n’a pas demandé la permission au Canada (qui est une création britannique) pour tenir les référendums de 1980 et de 1995. Cela dit, il n’est pas impossible, pour des raisons d’ordre électoral (les prochaines élections générales britanniques devant se tenir en 2024), que Mme Truss donne satisfaction à l’Écosse.

Si le Oui l’emporte en Écosse, le roi Charles perdra son palais d’Holyroodhouse à Édimbourg. La reine est morte, vive le roi provisoire !

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