Repenser nos priorités en éducation

J’aimerais appuyer les propos de Marie-Josée Cardinal, documentariste, publiés dans Le Devoir du jeudi 8 septembre dernier.

Ma fille commence à peine sa sixième année. Dès le printemps de sa cinquième année, nous avons été placés face au choix pour le secondaire. Éveil du sentiment d’anxiété pour notre fille : Va-t-on me choisir quelque part ? Vais-je avoir une place quelque part ? Je ne veux pas me ramasser au régulier de l’école de quartier. […]

Les familles vivent la même anxiété et la même peur de l’exclusion. Nos enfants [...] deviennent en compétition pour se tailler une place. Cela cultive l’individualisme au lieu de développer le sens de la collectivité.

Qu’en est-il des familles déjà exclues du système à cause de la pauvreté et de la maladie mentale ou de la sous-scolarisation ? Peut-être devrions-nous nous demander pourquoi il y a tant de troubles anxieux chez les jeunes, pourquoi tant de jeunes abandonnent ? Pourquoi tant de garçons décrochent  ? Et si le décrochage était une cause de la criminalisation des jeunes ?

Certains dirigeants pourraient répondre : tout est une question d’argent, les ressources sont limitées. La compétition est saine pour le dépassement de soi. Et si nous répondions que le niveau de compétition que les jeunes vivent pour l’entrée au secondaire a des effets pervers et est contre-productif ?

Et si l’éducation devenait la grande priorité de notre société ? Ne serait-ce pas plus payant à long terme ? Et si les métiers touchant l’éducation étaient plus valorisés, n’aurions-nous pas plus de ressources ? Et si l’école secondaire du quartier devenait plus attrayante et rassurante pour tous ? Et si chaque élève pouvait s’engager dans un programme valorisant ?

Idéaliste ? C’est une question de choix de société.

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