«Quelque chose comme une espèce d’autoroute»

Je ne sais pas pourquoi, mais je me suis senti interpellé quand j’ai entendu cette phrase absolument imbécile concernant le troisième lien que le Parti conservateur du Québec installerait à Lévis pour traverser sur l’île d’Orléans, et qui deviendrait enfin une espèce d’autoroute pour se rendre sur l’autre pont.

J’habite l’île d’Orléans depuis presque 50 ans, j’y ai produit plusieurs livres et expositions et je m’implique beaucoup en tant que bénévole dans diverses associations orléanaises.

L’île d’Orléans, dois-je le rappeler, est un site emblématique du Québec, un des lieux fondateurs de l’Amérique française, le point de chute de 300 familles souches qui ont essaimé partout en Amérique pour donner des millions et des millions de descendants.

L’île, c’est aussi un territoire protégé par la Loi sur le patrimoine culturel (site patrimonial), mais c’est aussi et surtout le lieu de vie de plus de 6000 personnes qui y vivent en harmonie avec un paysage architectural et paysager remarquable.

Quand Félix Leclerc chantait le tour de l’île, il craignait justement, presque 30 ans auparavant, l’arrivée de cette espèce d’autoroute que nous promettent les politiciens du PCQ.

« L’île d’Orléans un dépotoir

Un cimetière

 

Parcs à vidanges, boîte à déchets

U.S. parkings

 

On veut la mettre en minijupe

And speak English

 

Faire ça à elle, l’île d’Orléans

Notre fleur de lyse »

Comment peut-on être aussi déconnecté de la réalité patrimoniale du Québec ?

Comment peut-on être aussi déconnecté de l’histoire du Québec ?

À quoi bon parler de fierté, de nationalisme, si on se met à détruire ces lieux emblématiques qui ont forgé notre histoire.

Heureusement, je ne crois pas que les autorités municipales changeront d’avis après s’être déjà opposées à ce genre de projet antérieurement.

Une cicatrice, ça suffit !!! Nous en avons déjà une, soit celle des tours de l’Hydro qui ont justement été le moteur du classement de l’île en 1970, la population ayant bien vu les dommages irréversibles que cela allait entraîner.

Je suggère entre autres à monsieur Duhaime et consorts de lire le livre de Marie-Hélène Voyer L’habitude des ruines. Le sacré de l’oubli et de la laideur au Québec pour comprendre de la nécessité de protéger notre patrimoine architectural et paysager.

Où de s’abonner à la chronique de Jean-François Nadeau du Devoir.

Enfin, je lui conseille également, pour chasser ses idées noires, ces quelques paroles de Félix.

 

« Pour supporter le difficile

Et l’inutile

Y a l’tour de l’île

Quarante-deux milles

 

De choses tranquilles »

 

 

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