Service Canada, triste et risible!

Une amie travaille dans le milieu scolaire et doit, pendant les semaines d’été après ses vacances payées, recourir au valeureux et méritant service des prestations d’assurance-emploi du Canada ! Celui-ci offre à sa distinguée et très patiente clientèle un service téléphonique. Précisons immédiatement que les mots « service » et « rapidité » perdent entièrement leur signification ici.

En fait, si vous obtenez la ligne, on vous informe immédiatement que le délai d’attente est de 90 minutes, souvent plus. Imaginez ! Un conseil : armez-vous d’un roman de 600 pages, d’une patience d’ange ainsi que d’un seuil de tolérance digne d’un Olympien, sans quoi la musique d’ascenseur et la longue attente auront efficacement raison de vous ! Prévoyez aussi un mal de bras, à force de soutenir le combiné téléphonique, ainsi qu’une oreille en chou-fleur.

Finalement, vous parvenez à communiquer avec un agent de réception qui, trop souvent, n’a pas la réponse à votre question ou ne peut régler votre dossier. On vous annonce, cette fois, qu’un agent du centre de traitement, impossible à joindre par vous, vous appellera incessamment, sans quoi vous reviendrez à la case départ et devrez tout reprendre le processus d’appel téléphonique, avec ses sempiternelles attentes. Eh oui, vive l’efficacité ! Il vous faudra donc rappeler encore, deux ou trois fois. Que de plaisir en perspective !

Mais comment expliquer, en 2022, avec la technologie électronique moderne, de tels délais d’attente pour « sa » clientèle ? Bien sûr, l’assurance-emploi est un monopole — il est impossible de magasiner ailleurs, comme on peut changer d’épicerie ou d’assurance pour l’auto — et les fonctionnaires le savent trop bien, au point d’être arrogants parfois ! Il est pourtant, dans le sens inverse, très facile et rapide pour l’assurance-emploi de percevoir son dû à la source de votre salaire ! Pourquoi n’en est-il pas ainsi pour le retour aux clients ? Pouvons-nous appeler ça un véritable service à la clientèle digne de ce nom, qui respecte véritablement le client ? Mon constat est : non ! C’est à la fois triste et risible !

À voir en vidéo