Revenir à la vie au plus tôt

Plutôt que d’aide à mourir, c’est d’aide à vivre qu’ont besoin les malades de la COVID longue durée !

Ces malades qui n’en finissent plus de vouloir revenir à une vie normale ont été arrachés abruptement à leur vie dynamique et responsable, qui leur donnait le bénéfique sentiment d’un accomplissement professionnel et personnel. Après des mois d’incapacité à reprendre cette vie (jusqu’à deux ans déjà, dans de nombreux cas), la désespérance est grande, très grande même. Quelqu’un a élevé la voix en Ontario : « Si c’est pour continuer comme cela le reste de ma vie, je voudrais obtenir l’aide médicale à mourir ! »

Une pétition ayant recueilli près de 2000 signatures a expiré le 15 mai dernier, à l’Assemblée nationale. En date de la présente lettre, 62 jours se sont écoulés depuis ; on nous avait dit que le ministre de la Santé avait 45 jours pour répondre aux propositions et demandes libellées dans une telle pétition. La seule avancée qui fut « annoncée » depuis lors par le ministre Christian Dubé fut la promesse que s’instaurerait un réseau régional de cliniques mieux versées dans le traitement de la COVID-19 longue durée. Une solution nécessaire, certes, mais d’ordre médical seulement, il faut bien le noter. Où sont-elles, ces cliniques, pendant que s’épuise longuement le moral de ces « patients » ?

Mais surtout, quelques « considérant que… » de la pétition auraient-ils échappé au ministre, qui n’a pas vu le total vide professionnel et financier vécu par ces personnes invalidées ? En effet, les formulaires gouvernementaux d’indemnité pour cette invalidité de longue durée — non nommément « reconnue » — n’existent pas pour compenser, grâce à un revenu de base, les pertes causées par cette maladie. Sont aussi ignorés tous les avantages et bénéfices (années d’ancienneté, assurance collective, protection du poste de travail, cotisations au fonds de pension…) perdus par ces malades bien particuliers, dont les normes sociales de travail et les conventions collectives ne disent évidemment rien. Pour leur guérison, ces facteurs qui rongent le moral des malades sont d’une importance égale aux mesures médicales.

Monsieur le Ministre Dubé, je vous prie de prendre le tournant de l’aide à vivre, pour ces personnes atteintes de la COVID longue durée, pour que — épuisées par leur situation incapacitante — elles ne vous réclament pas de leur fournir l’aide à mourir. Ceux que nous aimons et qui souffrent de cette maladie, nous les voulons vivants !

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