La CAQ à l’attaque

Si François Legault est à la recherche d’une chanson thème pour sa campagne électorale à venir, je lui suggère cette chanson d’Ariane Moffatt : Je veux tout. Ce titre décrit bien son insatiabilité gloutonne, lui qui veut conquérir les 125 circonscriptions lors des prochaines élections, laissant les partis d’opposition en lambeaux.

Legault agit comme s’il était en retard dans les sondages, sa machine électorale roulant à plein régime. Après avoir fait la promotion de ses ministres et de leurs grandes réalisations, il est allé glaner des souverainistes dans les rangs du PQ et du Bloc pour les convertir à sa fierté nationaliste. À l’image de ces transfuges pour qui le Québec est ailleurs, il tente de démontrer que la nécessité de l’indépendance politique n’est plus à l’ordre du jour. Et pourtant…

Ainsi, pour élargir le spectre de ses appuis, il a de plus en plus recours à des vedettes médiatiques provenant de tous les horizons pour former une équipe disparate, mais sécurisante auprès de l’électorat. Comme un Duplessis contemporain, il sait quelles cordes faire vibrer pour accroître sa popularité. Par des lois plus que prudentes sur la langue et sur la laïcité qui écorchent le multiculturalisme ambiant du Canada anglais, par ses demandes pour faire augmenter le financement fédéral en santé, Legault diabolise le gouvernement Trudeau, ce dernier servant de repoussoir pour affirmer ses positions autonomistes.

À l’aide d’une campagne publicitaire larvée, il désire occuper tout l’espace médiatique, reléguant ses opposants dans une marge inoffensive. La dernière initiative de marketing de la CAQ nous présente des citoyennes qui font la promotion de son gouvernement, comme s’il s’agissait d’un vox pop spontané. L’une des participantes n’a reçu que 250 $ pour sa prestation partisane ; c’est peu pour l’utilisation qu’en font les stratèges caquistes. Même si cette forme de publicité n’est pas comptabilisée comme dépense électorale, elle contribue néanmoins à accorder une visibilité accrue à un gouvernement qui en a déjà beaucoup.

François Legault, qui veut faire plus et faire mieux, est-il en train de nous imposer une surexposition de son parti ? Trop de députés caquistes, c’est comme pas assez. Le trop-plein de vedettes ne risque-t-il pas de reléguer les autres députés dans l’anonymat des oubliettes ? Si le tsunami caquiste se confirme le 3 octobre prochain, le Québec en sortira perdant, puisque son Assemblée nationale sera privée de débats essentiels faute d’un éventail représentatif des différents courants idéologiques qui composent notre société.

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