Il y a deux pays dans ce pays

Les propos de Justin Trudeau, tels qu’ils ont été rapportés par Marie Vastel dans Le Devoir (édition du 2-3 juillet dernier), ont de quoi surprendre.

Décidément, le premier ministre du Canada ne semble pas connaître l’histoire récente de son pays. Peut-être fait-il de l’aveuglement volontaire afin d’imposer sa conception dogmatique du Canada.

Dans l’entrevue, Justin Trudeau « Brandissant la Charte canadienne des droits et libertés… martèle qu’une majorité parlementaire, si importante soit-elle, n’équivaut pas à donner la permission à un gouvernement d’imposer ses idées. La Charte existe pour contrer, pour s’assurer que malgré les majorités populaires ou populistes, on arrive à garantir la protection de tous ».

Justin Trudeau avait 11 ans quand son père, Pierre Elliott Trudeau, a instauré la Charte canadienne des droits et libertés. Il ne se souvient peut-être pas que son papa, avec sa majorité parlementaire et avec l’assentiment des gouvernements anglophones, a imposé sa Charte à la nation québécoise minoritaire au Canada.

Si je suis son raisonnement, il serait malaisé de sa part d’utiliser la Charte canadienne des droits et libertés, imposée au Québec pour contrecarrer les aspirations légitimes québécoises de construire une société accueillante, laïque, dont la langue d’usage commune est le français.

Je suis d’accord avec vous, Monsieur Trudeau, « … une majorité parlementaire, si importante soit-elle, n’équivaut pas à donner la permission à un gouvernement d’imposer ses idées ». En fait, il ne vous reste qu’à vous excuser au nom de votre père, Pierre Elliott Trudeau, qui a imposé une Constitution que le Québec n’accepte pas, et à surseoir à imposer votre vision multiculturaliste du développement du Québec, car celle-ci est basée sur une charte illégitime aux yeux de la nation québécoise. Comme disait Lucien Bouchard : « Il y a deux pays dans ce pays. »

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