Le premier ministre veut un mandat fort… Vraiment?

Le premier ministre Legault souhaite obtenir, lors des élections d’octobre prochain, un mandat fort comme le premier ministre ontarien Ford. Véritablement… ? En Ontario, seulement 43,7 % des électeurs se sont prévalus de leur droit de vote. Le premier ministre Ford a décroché la mise avec 40,8 % du vote et 83 des 124 sièges donc 66,9 % de la représentation de l’Assemblée législative. Ce pouvoir remporté lui a été donné par 18 % de l’électorat. Est-ce un mandat fort de la population ontarienne ? Pas du tout.

La ministre Sonia LeBel a entre autres responsabilités celles de la Réforme électorale et des Relations canadiennes. En outre, comme présidente du Conseil du trésor, elle est chargée de négocier les conventions collectives avec les syndicats. À la table des pourparlers, quelle serait sa position de force pour négocier ? Aucune organisation constituée d’assises démocratiques ne peut annoncer sur la place publique qu’elle a un mandat fort de ses membres avec de pareils résultats.

Je ne trouve plus que le sarcasme pour m’exprimer sur cet enjeu. Si le premier ministre Legault est un bon comptable, il sait qu’il ne peut prendre appui sur notre mode de scrutin majoritaire pour obtenir un appui fort de la population. Cet outil démocratique avait sa pertinence et était représentatif du vote populaire lorsque deux partis s’alignaient lors de consultations publiques. Maintenant, c’est une institution dépassée au Québec, puisque plus de quatre formations politiques s’affronteront.

Manqué… le grand geste de nationalisme du gouvernement Legault ! […] Quiconque observe les effets et conséquences de distorsions de ce mode de scrutin au Québec ne pourra se satisfaire du prochain gouvernement. Une farce… trop longtemps endurée : un gouvernement élu avec 40 % des votes, 80 % des sièges et 100 % du pouvoir. […]

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