L’industrie de la nuisance

À l’heure du Grand Prix et de la saison des festivals, et à la suite de la proposition de Projet Montréal d’ouvrir les bars jusqu’à 6 h ou plus, on doit se demander à qui profite cette industrie de la nuisance. Peut-être voit-on là une façon de positionner la ville de Montréal comme une destination de divertissement par excellence. Veut-on vraiment devenir l’Amsterdam de l’Amérique du Nord ? Veut-on vraiment miser sur ce type de touristes plutôt indésirables ? Cette situation favorisera inévitablement le développement d’un écosystème du vice avec commerces de massages « extra » et exploitation sexuelle, vente de drogues, fréquentation de gangs de rue et événements de violence. Des parasites indésirables sont toujours à l’affût de tels milieux pour se développer.

Au net, nous, citoyens riverains, ne voyons que des inconvénients et plus de dépenses pour la collectivité. Frais accrus de patrouilleurs et interventions du SPVM, frais accrus de ramassage de déchets, frais accrus de nettoyage des saletés et bris de verre, frais accrus à la suite de bris de mobilier urbain, etc. Il n’y aurait pas plus de taxes municipales collectées.

Dans une étude économique de MTL 24/24, on cite deux études de cas avec les bénéfices et les coûts. Nulle part on ne considère les coûts payés par les riverains. Combien de personnes seraient affectées ? A-t-on évalué le nombre de résidents autour des gros bars et quartiers festifs ? A-t-on évalué l’accroissement de nuits blanches des citoyens riverains vivant à la frontière des bars ? On ne comptabilise pas les nuits écourtées de moitié et les troubles persistants de sommeil.

La Ville n’arrive même pas à faire appliquer ses propres règlements dans la présente situation. Les plaintes de bruit de musique forte restent sans conséquence. En effet, la nuit, les policiers ne priorisent que les événements avec violence, et il n’y a pas d’inspecteurs attitrés au bruit en mesure de faire cesser les nuisances. La Régie des alcools, des courses et des jeux semble impotente et est soumise aux calendes des tribunaux trop débordés. Les citoyens en sont réduits à s’adresser à la Cour supérieure pour demander une injonction pour que cessent ces nuisances musicales nocturnes.

Enfin, on encourage les jeunes familles à s’installer à Montréal. Nous avons les écoles, les CPE, nos commerces de proximité, nos théâtres, etc. Bravo. Maintenant, nous voulons juste pouvoir dormir normalement.

À voir en vidéo